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A Vinca avec mon amitié
Petits oiseaux de mon enfance,
moineaux, bouvreuils, chardonnerets,
gentils pinsons et sansonnets,
je vous retrouve à l'heure immense
où la vieillesse vient sonner
le temps des regrets retrouvés
et la peine de circonstance.
L'oiseau blanc de mon innocence
s'est envolé, vaincu d'avance.
Passe l'oiseau couleur du temps,
du temps où j'étais un enfant.
Ce soir je me souviens encore
du bel oiseau multicolore.
L'oiseau de toutes les couleurs
qu'a si bien chanté le chanteur.
Mais ceui troublant et saignant
de la guerre de mes vingt ans,
L'oiseau d'Afrique militaire
qui ne veut toujours pas se taire,
Pourquoi s'obstine -t-il encor
alors que j'atteins l'âge d'or ?
Si l'oiseau gris des souvenirs
n'en finit jamais de mourir,
Il niche en mes rêves toujours
l'oiseau joli de mes amours.
Mais celui qui pleure en mon coeur
est-il de bonheur ou malheur ?
Si l'oiseau qui chante en mon âme
par sa beauté toujours m'enflamme,
L'oiseau pécheur du temps passé
j'en suis pourtant inconsolé.
Guette l'oiseau noir de la mort,
le grand rapace de mon sort.
Avant que de partir enfin
où est l'oiseau de mon destin ?
Connaître avant que de mourir
le bel oiseau de mes désirs.
Avant que d'aller près de Dieu,
dites-moi où est l'oiseau bleu ?
Betton 1998
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