|
Assise, dans cette pièce où la pénombre s'installe.
Face à vous, mesurée, les mots planent dans la salle.
J'acquiesce et écoute ses phrases qui s'évaporent.
L'esprit en déroute, la raison sans renfort...
Je fixe vos lèvres, vos yeux, toute votre gestuelle,
cette force engagée... Cette douceur palpable...
Et je peste, me damnerai, de ne pas être capable
de chasser ces pensées bien peu conventionnelles.
Dans ces secondes d'absence grondent les envies,
ombres évanescentes, fruits de tant d'interdit...
Je veux déshabiller ce "vous" pour entrevoir ce "tu".
Je veux m'approcher de vous et que ces mots se tuent
dans un silence pesant mais plein de promesses
où les envies se bousculent en pressentant la liesse.
Que l'on brise les codes, qu'on muselle les tabous;
et dans ce triste décor ne sentir que les remous
de nos cœurs vacillants et de sueur perlé
par l'effort dévorant de nos lèvres libérées.
Que l'envie se transcende en un désir vorace.
Que la passion commande et annihile l'espace
entre nos corps brûlants...haletants...et scellés
dans un magma charnel de goûts et de touchés...
Dans ces secondes d'absence , une voix retentit.
Elle me sort de mon errance, et je reste interdite.
...
Assise, dans cette pièce, où le malaise s'installe.
Face à vous, très gênée, l'attente plane dans la salle.
Votre regard me questionne... Il attend une réponse...
Mais je n'étais plus là... Vos beaux sourcils se froncent.
|