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Mon amie la nuit ( Poème )

le lundi 20 mars 2017, à 17:32. Posté par Claude


    Mon amie la nuit



    '' Le jour détruit ses traces, ses pas vont s' engloutir
    dans les sables mouvants de nos deux hémisphères ;
    Au loin le crépuscule dont la coque chavire
    allume quelques phares en guise de repères.''



    Ô mon amie la nuit cautérisée d' étoiles,
    à des siècles lumières de leur lente agonie,
    en regardant la lune et son visage pâle
    je cherche sous ton voile un embryon de vie.

    Ô mon amie la nuit, ton éternel silence
    n' est que l' écho de Dieu dans un ciel repenti,
    le baiser d' un Judas que tes lèvres offensent
    au creux d' une Mer Morte privée de manuscrits.

    Ô mon amie la nuit, dans ton obscurantisme,
    un tableau de Soulages ne saurait te noircir,
    mais Georges De la Tour avec son réalisme
    montre qu' une bougie ne peut que t' embellir.

    Ô mon amie la nuit, sans besoin d' aquarelles,
    dans ton monde nocturne, ta peinture jaillit.
    Au bout de mon pinceau, ton ombre m' interpelle
    et j' y vois les couleurs délavées de tes cris.

    Si jamais tu as froid dans ton linceul de marbre,
    je saurai te border, te couvrir de baisers
    et réchauffer ton coeur, tel la sève de l' arbre
    blottie contre l' écorce pour mieux se protéger.

    L' once de ton regard n' est rien qu' une parcelle
    irriguée par les larmes dont il est le seul puits,
    sous la voûte céleste qui se change en ombrelle,
    rien ne peut m' abriter de tes sommeils de pluie.

    Ô ma nuit de maquis, résistante, rebelle
    toi qui prenant les armes tuera mes insomnies,
    dans le souffle du vent, à travers ses ridelles,
    je perçois tes murmures...mais sans le moindre bruit.

    Ô ma nuit seul secours des hardes familières,
    Ô ma nuit seule issue tissée comme un abri,
    Ô ma nuit colportée dont le fantôme erre
    jusque au petit matin issu des léthargies.

    Ô mon amie la nuit, de profondes entailles
    précèdent mon suicide sans un brin de folie.
    Quand arrive le temps des dernières semailles,
    on ramasse le blé...que fait-on de l' épi ?

    Ô ma nuit de plaisir, Ô ma nuit consentante
    pleine d' ombres chinoises que je n'a i pas osées,
    Ô ma nuit prolifique, tes humeurs inconstantes
    me bercent dans tes bras quand j' ai les yeux fermés.

    Ô ma nuit bien aimée dont les plaies scarifiées
    drainent tous les sommeils faisant leur inventaire,
    Ô ma nuit sacrifiée, sans jouir d' un péché,
    sur ma tombe irradiée, jette moi de la terre.

    Ô ma nuit psalmodiée sans ses heures d' ivresse,
    en quête d' une image où d' un rêve à l' affût,
    Ô nuit de pauvreté qui trouve ses richesses
    Dans le diamant d' un soir que le ciel m' a vendu.



    Claude écrit le 20 Mars 2017

    Illustration, peinture de Georges De la Tour

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