|

Elle rêve d'un prince ou bien d'être reine...
Mais passons, tout cela n'est que chimère vaine.
La tête bien sur les épaules, je le pense,
Je vais trouver en toi plus que la vaillance.
En outre j'aimerai aussi... mai à quoi bon !
Sois tel que tu es, et le reste nous verrons.
Toi et moi, damoiseau, faisons le bout de chemin
Qui mène au fleuve, à l'espoir certain...
Que comme Samson, avec le lion, tu sois fort,
L'important, vois-tu, c'est d'arriver à bon port.
Que pareil à Job, pauvre et infortuné,
Avec toi l'infortune, je veux partager.
Ce n'est pas à ce jour, qu'avec '' Dame Nature''
Concurrence je puis faire, mais il est sûr,
Mon âme et ma bouche ne peuvent se taire,
Je veux, par la beauté cachée de mon cœur, plaire !
Lorsque tu me prêtas attention près du cippe,
Et d'après' ton songe', tu ne fis point la lippe !
J'étais jeune pousse aux jours d'autrefois,
Tendre et puérile, mais robuste cette fois !
Comme l'oiseleur avec la perdrix grise,
Avant de m'en rendre compte, j'étais prise !
En mon sein, turbulente je suis devenue,
Ce jour là, oui, le soleil radiait dans les nues.
Mais aujourd'hui, comment suis-je à tes yeux ?
Interroge ton père, ta mère ou tes aïeux !
Au colombier, ta colombe a ses atours...
Donne-moi des pommes, je suis malade d'amour.
Qui est ta belle colombe ? Il n'y en a qu'une !
Celle de '' La fontaine des Lys'', la dame brune...
Oui, j'ai les cheveux moirés quand le soleil luit.
Ô, mon ' Bien Aimé ', à toi promise je suis !
Je te fais serment d'amour et ne veux partir,
Vers toi se porte mon légitime désir.
Que tes élans se tournent vers moi et me pressent,
Mon âme a soif de tes marques de tendresses.
Si lac étaient tes yeux, je voudrais m'y baigner...
D'argile tu es, en toi je veux m'imprégner.
Tel un bracelet, de tes bras enserre-moi,
Devant Dieu et les hommes je veux être à toi !
Que pour toi, toujours, je me montrerai forte,
Je suis celle dont tu parleras aux portes.
Sois mon ' Berger', je serai ta Sulamite,
Tes mains, qu'elles soient remplies de chrysolite !
Puisque nous savons que seul Jéhovah est bon,
Par le chemin de la Vérité nous irons.
Allons donc face à l'horizon le front serein,
La paix dans nos cœurs, sûre de tous nos lendemains !
Nos reins, ceignons-les de guirlandes azurées,
Allons dès maintenant, sans tarder, nous lier...
Avec des gages de fidélité pour longtemps
Et pour l'avenir et pour notre Dieu vivant !
Plumedefou
|