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Un fol adolescent, armé d'un sécateur,
Cà et là mutilant au hasard de ses serres,
Saccageait à plaisir ses plus jolis parterres.
Un autre que tu sais se fait versicateur.
Le poète, le vrai, n'est pas ce jardinier.
Versifier n'est pas tout lorsque l'image est vaine.
A quoi peut bien servir de noircir du papier
Si ce que l'on a dit n'en valait pas la peine.
Le poète, le vrai ! refuse la fadeur.
Tu peux pleurer ton soûl si te plaisent tes larmes.
Mais poésie est plus que langage de fleurs.
Et surtout n'oublie pas que la plume est une arme.
Ami, bien intégré dans ton monde et ton âge,
Il te faut pour chacun te battre chaque jour
Et forger la justice au long de ton voyage.
De tous temps le poète est affamé d'amour.
Lors dans ce dur combat auquel tu participes,
Quand écrire est un don, il faut de par cet art
Se ranger près de ceux qui vivent ces principes
Et se donner à tous jusqu'à l'ultime part.
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