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La petite chapelle
Peinte sur un ciel bleu par une main d'enfant,
La petite chapelle, solitaire, insolite,
Le vieux fou du village quand il a pris la cuite
Aime à s'y reposer et dormir sur un banc.
Quelle force inconnue pousse toujours le vieux,
Titubant, chancelant, braillant à perdre haleine,
A venir à minuit sur les genoux de Dieu
De sa voix avinée chanter des trucs obscènes.
Tous les refrains y passent, il y a Margoton,
Qui ne refusait rien aux moines du couvent,
Les exploits de Marie ou ceux de Janeton
Et même certains soirs l'histoire du pape Jean.
Mais au matin venu, quand enfin dégrisé,
À Marie, à Jésus il vient faire ses adieux,
Et leur faire promesse de ne recommencer,
Derrière lui retentit le rire puissant de Dieu.
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