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L'union de deux êtres est une chose merveilleuse,
C'est ce qui arriva à nous, Maman et moi.
Huit mois plus tard nous vint la nouvelle bien joyeuse,
La conception, ce miracle nous donna l'émoi...
Que serait-ce ? Il fut bien trop tôt pour cette histoire !
Pour la première fois, ah oui, je serais Papa !
J'en étais anxieux comme accusé au prétoire,
Y serais-je pour quelque cause de ce ventre moins plat ?
Me voici suspect, puis assigné par décret,
C'était doux aux oreilles d'ouïr un tel bonheur.
Comment avez-vous fait pour passer avant l'arrêt ?
Tels des innocents, oui, en tout bien, tout honneur...
Tout est bien entendu, la cour vous donne vingt ans !
Voilà grande injustice, sur nous, à notre encontre,
Pourrions-nous en cela, en prendre pour plus longtemps ?
Non, ce serait là, de la loi, y aller contre !
Nous serions obligés, un jour, te voir mûrir,
Repoussant le moment, cet instant fatidique,
Implacable, le temps passe, enchaînant sans férir.
Que de rires et de pleurs, vie non bucolique ;
Mais combien exaltante, à quel point enivrante !
Souvent le médecin, et parfois l'hôpital...
Si petite et pleine de vie, si remuante.
Volontaire à souhait, très positive, sans mal.
Petit' Myriam, un fruit d'Amour, non de passion...
Curieuse de tout, de rien, constamment à l'affût.
«Dit Papa, c'est quoi ça ? » Et toujours des questions !
Je t'ai fait un dessin. Mais d'où vient ce raffut ?
Non rien, non ce n'est rien, le petit bout de choux,
Trois pommes de haut, sans gêne, le furet qui dérange...
Qui mettra de l'ordre dans la caisse à joujoux ?
«Pas moi ! » Dit le canard. Ces gros yeux, c'est étrange ?
«Dis Papa, pourquoi à Mimi, faire les gros yeux ? »
Range très rapidement, sans quoi... le vide-ordures ! -
Le père, fâché, jette en gardant les beaux, les mieux...
Une poupée, des plus belles, si, je vous l'assure !
«Tiens Papa, tu oublies celle-ci ! » ... Rires effrénés.
Et les trois pommes grandissent, font un bout de fille...
L'école, premiers soucis et tourments de l'année.
S'en faire, pourquoi donc, elle joue aisément aux bille !
Dimanche matin, de la cuisine, un son de bris,
Maman se précipite, en rédige le constat...
Le bol a atterri, et, n'est plus que débris !
«Pourquoi, Maman, avoir causé ce résultat ? »
'' Comment donc ma fille, il ne s'agit pas de moi ! ''
«Que nenni ma Mère, là, j'oppose un démenti,
Si petite, l'ai-je fais ? ». Tu es tout en émoi...
'' Devant Papa, allons voir qui a donc menti ! ''
Espiègle, badine, mutine, ton secret des mégots,
Passait en récidive par la tête du jeune '' drille '',
Allumettes, bouts de laine, mets le tout au magot.
Tu les dissimulais bien, toutes ces pacotilles,
La main derrière le dos, cachant le crime ténu...
Qui pourrait en vouloir à la cueilleuse de roses ?
Il est encore trop tôt pour cette belle ingénue,
De bien comprendre la vie, d'en saisir les grandes choses !
Un peu plus tard, nouvel état, et baluchon...
La classe supérieure, et, de nouveau des soucis !
D'autres copains, copines, pour le '' Petit Bouchon ''...
De loin je t'observe en toute diplomatie ;
École, maison, trajets et les devoirs du soir,
Vous mettez la torture à cette enfant très sage.
Que de larmes versées, mais, Papa veille... accessoire !
De concert on travail et noircit nombres de pages.
'' Le palais royal est un joli quartier '‘...
Ô ! Puis-je m'y arrêter, rien qu'un instant ?
Toutes les jeunes filles sont à marier volontiers.
Sébastien, Christophe... ils sont bien tous contractants !
Il est bien temps encore, je ne suis que fillette,
Jouons à la maîtresse ! - Mais quelle autorité...
Ce verbiage, cet aplomb, une vraie ' Pip'lette '
C'est à mettre au crédit de ma paternité !
La voici maintenant jeune fille... à part cela ?
Premières contestations : «Je crois te l'avoir déjà dis ! »
« Maman, non, c'est pas comme ça, mais ainsi, en deçà... »
A l'école, je m'instruis, mais j'ai aussi grandie !
Chantons alors très fort : '' Sur la route de Louvier. »
Voici que le duo marche, brayant les fosses notes.
Sur chemins et sentiers, semblable aux vieux troupiers,
Le '' Petit Bouchon '' va par le devant et trotte.
Mais dans sa tête que d'apartés, un vrai volcan ;
La vie étonne souvent, elle a de ces surprises...
Que de fois ais-je dû te voir l'esprit conséquent,
A l'autorité en butte ; toujours en maîtrise !
Jamais je n'ai cédé et la franchise tu donnas,
Si bien qu'au bout du compte, je fus très enchanté.
Je m'engageais à fond, mon rôle était bien là !
Dure ce fut et pourtant je n'ai pas déchanté.
L'être se trouve chaque jour en pleine mouvance,
Normal, il est sujet à toutes lois physiques.
Il n'empêche, tu parvins à l'âge de cette jouvence !
Donc, premières inquiétudes, elles sont bien sûres typiques :
Boutons et points noirs en floraison, quelle misère...
Il n'y avait pas là quelques chats à fouetter !
Rouge à lèvres, fond de teint, ne sont que cache misère,
Avec ceci cacher cela... pour créditer...
Mimi, je te le dis : je suis fière en mon cœur...
En Hôtesse, parfois, tu pris le rôle de la Mère,
Je te vis en exploit, souvent près de tes sœurs,
Furetant, inspectant, en bon intérimaire,
Ceci dit '' lorsque la volonté était là ! ''
Jamais à cet âge nous demandons le va-tout,
Alors le tableau d'honneur, et bien au-delà...
Mais dure école de la vie pour le '' Touche à Tout ! ''
Quelque part, on y pose à distance ses jalons,
Premiers bonheurs, premiers émois. Oh ! En ton sein !
Pommettes rouges comme tisons, pour le bel Apollon...
L'avons-nous bien jaugé, cadre-t-il au dessein ?
Peu ou prou, l'important c'est ton cœur inflexible,
Démontre bien là que c'est toi qui mène le quadrige.
Celui ou celle qui se décide est libre, flexible ;
La volonté est la force qui nous oblige !
Tout comme l'eau sous les ponts, tel aussi le temps passe.
Semblable à l'embouchure éloignée de sa source,
Ainsi s'éloignent les ans, recourbant nos carcasses...
Ta présence n'a point fuie, non, mais mon Dieu, quelle course !
Tournée vers l'inconnu, dans les bras de celui...
Va, marche sans regarder ni à gauche, ni à droite,
Maman et moi, font de ton souci notre ennui.
Poursuis bien ton chemin, démontre-toi adroite !
Ton existence ne nous aura pas échappée...
Sûrement que tout paraîtra inopportun ;
Laurent sera, lui, à qui tu auras chanté
L'air des belles sirènes ; Ô, qu'il fut très opportun !
L'amour vient, ainsi va la vie, on ne sait d'où,
Il nous prend par la main, à l'image d'un enfant ;
On se laisse emmener par lui, mais c'est si doux,
Même tant sublimé qu'on y va tout en piaffant !
Je devrais être pris de jalousie ? Non pas !
Au corps, l'indifférence me prendre, en rien croyons.
Par de vers toi, je vibre et fais taire le trépas,
De mes jours comptés, en suspend au carillon...
Belle enfant, '' Mon enfant '‘, jamais je n'aurais cru,
Qu'un jour, '' Ce jour '‘, viendrait... moment insupportable !
Et voici l'instant, du cœur le pouls est accru,
Il faut que je me calme, je devienne raisonnable.
Méli-mélo, la vie, elle nous mène, c'est certain !
Devoirs, obligations, et d'autres cogestions...
Là est la peinture du tableau très incertain,
Inexpugnable, siégeant, imprenable comme bastion !
Pourtant, persuadé, je suis, et sans alarme,
Tu sauras diriger ta barque et rayonner,
Assumant par de vers tout, ton rôle avec charme,
En femme vaillante, menant en fortune l'hyménée !
plumedefou
à ma fille aînée, Myriam !
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