|
Lové dans la chaleur des draps,
les membres repliés sur ses doux songes,
seules les lentes inspirations du petit chat
imprime l’empreinte des rêves dans lesquels il plonge.
« Réveille-moi » semble-t-il dire
« Doucement. Tendrement.
Par des mots fait moi frémir.
Lentement. Tranquillement. »
Délicatement, il se déplie et froisse
le tissu dans un bruissement subtil.
Les ronronnements s’élèvent alors et croissent
à mesure que glisse le textile.
« Caresse-moi » semble-t-il dire
« Tendrement, doucement.
Par des gestes fait moi frémir.
Oui, lentement, tranquillement. »
D’un mouvement, s’élève sa patte érectile.
Tout le corps s’offre à cette caresse espérée.
Dans l’instant, s’ouvrent les pupilles
où la nature sauvage du félin apparaît.
« Touche-moi » semble-t-il dire
« Habilement … Prestement…
Laisse mon corps frémir…
Hum… Lentement …Maintenant »
Les draps disparaissent à mesure que tombe la pudeur.
Se découvrent les sens … Se recouvre la candeur…
Sa nature redevient animale, et monte la chaleur
dans ce lit où le bestial à chasser le dormeur.
« Provoque-moi » semble-t-il dire
« Maintenant ! Impunément !
Par un geste fait moi bondir.
Rapidement ! Impudemment ! »
Le tempo en respiration, les membres en prédation,
la sensualité en préparation … La chasse commence
Du goût en dévoration, du regard en provocation,
du touché en possession …L’homme n’a plus aucune chance.
« Prend-moi » ose-t-il dire
Insolent décadent
« Je ne te ferai pas gémir »
Boniment indécent
De ce corps à corps sauvage, les draps tombent enfin.
Le chat n’avait rien de sage, et cet indocile félin
était un tigre en cage, en attente de festin.
Et entre deux rugissements, il chuchote à l’humain :
« Possède-moi ! Dompte-moi !
Fais moi frémir, gémir, rugir !
…Fais de moi ce que je ne suis pas…
Que l’étreinte éteigne le désir ! »
A terre, au milieu des draps,
deux corps aux membres emmêlés reposent…
La femme n’a plus rien d’un chat
quand, enfin, l’homme ose
|