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Pour avoir ressenti les secrets de mon corps
En chaque bout de peau, en chaque intime fibre,
Pour en avoir appris les mystérieux accords,
Charnel frémissement d’une jeunesse libre.
Pour avoir traversé les déserts du dégoût,
Avide d’un regard ou d’une main clémente,
Où plus rien n’a de sens, où plus rien n’a de goût,
Qu’un seul mot dans le vide enivre la tourmente.
Pour avoir découvert la simple humilité
Du si troublant désir en ses tendres caresses,
Quand le printemps proscrit toute banalité
Au creux des doux parfums d’un matin de promesses.
Oui, aujourd’hui je sais, les volcans, les hivers,
La quête du frisson aux dangers d’une idylle,
La chaleur où s’écoule un fragment d’univers
Dans cet instant empreint du jeu d’une sibylle.
Et si même se meurt le plus violent feu
Pour ne laisser que cendre en soupir nostalgique,
Je sais tout le pouvoir du gardien de mon vœu
Par l’éclat d’une étoile à la blancheur unique.
Myosotis
http://www.mespoemes.net/myosotis
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