|
Un jour en marchant sur le mont
J'ai entendu crier mon nom.
Et la fille qui le criait
Disait aussi qu'elle m'aimait.
Mais moi d'un haussement d'épaule
J'ai refusé cet amour-là.
L'amour pour moi est une geôle
Et je n'étais pas prêt pour çà.
Dans le silence de la nuit
Une ombre pleurait à grand bruit.
Mon coeur soudain a battu fort
Mais moi j'ai fait le sourd encor.
L'envie de vivre me dévore.
Pourquoi veux-tu m'emprisonner ?
Amour je suis bien jeune encore.
Non je ne veux pas t'écouter.
Oui, j'étais tenté de savoir
Qui pleurait ainsi dans le noir.
Mais j'aimais tant ma liberté
Que j'ai préféré me sauver.
Il est trop tôt, tu peux attendre.
Amour encore un jour ou deux.
Mon coeur est dur à ta voix tendre
Mais je me veux tranquille, heureux.
J'ai couru jusqu'à ma maison,
J'ai tout fermé, fait le dos rond.
Et quand je me suis réveillé
Le matin j'avais oublié.
Quelle est cette voix qui m'appelle
Ah ! c'est la voix de l'océan,
Les flots berceurs, l'onde si belle
Et les cris d'oiseaux dans le vent..
Amour vois, ce n'est pas ton jour.
Va-t-en, va-t-en, passe mon tour !
C'est que je suis si bien ici
Que je ne veux pas de souci.
Tout en marchant jusqu'à ma barque,
Sous mes pas, j'ai laissé ma marque
Mais le sable était si brûlant
Que j'avais mal en y marchant.
Car le soleil chauffait si fort
Que l'océan semblait en or.
Et je suis parti sur la mer
Mais je me sentais las, amer.
On voyait inscrit sur la plage
Les pas d'un rêve de passage.
On eut dit que le vent pleurait
Mais personne ne se montrait.
Quand ma barque fut sur les flots
J'ai entendu gémir l'écho.
C'était l'amour qui se noyait
De voir mon coeur tout desséché.
Et c'était la voix d'une femme
Qui me remuait ainsi l'âme.
J'ai plongé pour l'en empêcher
Mais je n'ai pu la repêcher.
Et depuis ce temps, à mon tour,
Je pleure d'amour chaque jour.
Nouvelles légendes de la mort d'un breton armoricain. En quête d'éditeur
Nouvelles, légendes, récits, poèmes
Mis en musique par l'auteur. Tous droits réservés
|