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Pérégrination en impromptu ! ( essai )

le mercredi 31 mai 2017, à 10:43. Posté par plumedefou


    -- J’ai franchi au petit matin, sous un claveau brumeux la Bruche, agilement, j’ai alors apprécié, un petit maquis que jouxtaient quelques alliers faisant remparts à la voie ferrée, qui de son allure sinueuse allait son bonhomme de chemin. De là, suivant à travers le fourré sauvage un chemin solitaire, où nulle trace humaine, pas même animal ne s’offrit à mes yeux, je distance quelques reines des prés aux têtes perlées, bien hautes, puis des ajoncs droits comme milles épées, quelques herbes folles qui s’envolent vers la lumière.
    -- Leurs pieds s’introduisent en racines profondes et leurs doigts se renversent en pétales délicats, se mouvant comme feuillées de tremble. Mais aussi les herbes dites mauvaises, véhiculées dans les duvets des oiseaux, ou, dormant pendant des siècles au fond de cavités ignorées, qui toujours vont de l’avant et s’achemine par le biais d’un mystère! Echevelées dans le vent, ensemencé sur la peau de la terre, elles transfèrent en plus coutumiers tous les chemins du monde !
    -- Elles s’attachent à la terre par mille lianes qui se contraignent et se tiennent comme les mille crochets du gaillet et de la garance. Ces herbes aux symétries de visage multiple et ordonné, ont la fécondité des graines envolées, leur autonomie est dans le vent, sinon l’ancrage est dans le sol. Parfois, la sobriété, la patience, le silence et l’immortalité et leur galbe sont plus pur que toute la gloire du roi Salomon!
    -- Au détour d’un bosquet je rencontre quelques chamerion angustifolium aux fleurs magenta, elles devaient s’être égarées ici, bien qu’à vol d’oiseau les sylvains ne fussent pas loin, se trouvait là aussi des lamiers blancs, et des gaillets grateron, galium aparine aux coroles rondes et leurs feuilles disposées en verticilles de leurs feuilles, terminées de courtes soies aux poils crochus…
    --Voyez-vous donc, j’y trouve aussi le chardon des champs la plus courante des astéracées fait aussi son apparition présente dans la prairie, variété de cirse vulgaire. Il y est côtoyé aussi par le séneçon de Jacob à floraison abondante est très ornemental dans ce coin solitaire, il attire les papillons et autres insectes se nourrissant de son nectar, et de nombreux oiseaux aiment également manger ses graines duveteuses.
    -- Herbes mauvaises ? Non point, mais herbes décoratives, pleines de secrets pour la pharmacopée, nous pouvons les extraire de leurs discrètes alvéoles, de leurs confidentiels corps offerts à Dame Nature ! Nous devrions nous incliner devant elles en signe de respect et de profonde reconnaissance, pour être ce qu’elles sont et avoir tous ces pouvoirs circulants en leur corps, jusqu’à la moindre parcelle de leur organisme si simple et complexe à la fois, en ajoutant à tous cela une beauté sans pareille !
    -- Ainsi, ce sol ingrat est partout désireux près de talus des herbes folles, puis se plantent là des taillis modestes qui autrefois devaient être à profusion. Là également sourdre une source intarissable d’une eau cristalline qui serpente menue à travers une végétation buvant avidement.
    -- Se plait à y croitre le chapeau du diable au pas de cheval en cette zone de suintements humides et sa visiteuse la diablotine effleurant. Mais j’y vois aussi comme semées par la main de l’homme des agrostis stolonifères cette plante herbacée servant de fourrage aux bovins, en quelques endroits la rosée du matin leur a laissée des gouttes que le soleil s’empressera d’évaporer.
    -- Je découvre alors, après quelques arpents de temps passé, sur les premières frontières un espace serein qu’un soleil mi-auréolé inonde de ses rais timides. Quelques arachnides y ont tissé un bel ouvrage digne de ces mécènes modèles d’élégance, de goût et de sensibilité. Quelle bienfaitrice sans pareil, il y a beaucoup à attendre des araignées, oh oui, si aucun point commun ne semble rapprocher l’homme de l’araignée, et bien cet animal est extraordinaire, elle permet l’élimination d’une tonne d’insectes par an et par hectare.
    -- L’araignée participe, à son échelle, au maintien d’un équilibre indispensable entre les espèces, en limitant par leur action la prolifération de nombreux autres qui deviendraient à leur tour des nuisibles. Mais les araignées, sont de formidables prédateurs nocturnes, la sagesse populaire de la campagne ne dit-elle pas : "Des araignées dans une maison c’est signe d’une maison saine"…
    -- En cette aube, l’air d’une pureté sans pareil, me vivifie, réveille en moi un je ne sais quoi d’insondable, comme si devait perdurer par-delà les âges le mystère d’un espace sidéral. Peut-être y avait-il eu là autrefois un évènement devant s’inscrire à travers les siècles, attendant une délivrance par un chevalier au cœur pur ?
    -- Cette atmosphère m’enveloppait, tourbillonnait au-dessus, autour et en dessous de moi, comme si elle désirait m’emporter vers une distance cosmique pour me faire connaître l’inintelligible… Je me laissais gagner par une aboulie qui ne cessait de grandir jusqu’à m’atteindre aux confins de mon esprit. Je n’étais plus moi-même tout en étant clairvoyant de ce qui m’advenait et cela ne m’effrayait aucunement !
    -- C’était à la fois rêve et réalité, je ne saurais déterminer où en était les frontières de ce potron-minet, tellement j’étais gagné par cette ambiance inexpliquée. Que devais-je faire ? Etait-ce maléfice que cet instant ? Contre les enchantements de Circé, Ulysse brandit la racine noire du Moly, et durant des siècles de cueillette, l’armoise, l’absinthe des talus et les simples compagnes ont rendu à nos grands-mères, suc de la plante entré comme remède dans le sang des hommes, les bienfaits qu’elles avaient reçus des dieux.
    -- Herbe cultivée, sauvage; herbe mince, menue; herbes maigres; herbes fines; les hautes, les grandes, les longues herbes; les herbes folles; herbes dures; herbes fraîches; herbes fanées, sèches, desséchées; herbes parasites, inutiles; herbes aromatiques, odorantes, odoriférantes, vénéneuses; herbes à fleurs; herbes aquatiques, fluviatiles, marécageuses; herbes exotiques; une herbe, les herbes des champs, des prés, de la prairie, de la savane; la pointe, la tige des herbes; chercher, cueillir des herbes.
    -- Voilà en tous ces mots, que l’homme a choisi, le panel classificateur, Oh herbes je devrais vous saluer en déesses ! Les hommes ne vous pendaient-ils pas comme prémices, aux branches des arbres dès nos origines ?
    -- Puis comme je butais sur un monticule de terre implanté là par dame taupe, la réalité reprit son cours normal, Phébus, luit en cieux sans nuage, il publie enfin l’empyrée et chatoie de vermeil, se faufilant à travers les taillis, il sème l’or du Walhalla… L’argentine lumière ne dissimule plus aux regards ses rais chatoyants en l’espace.
    -- L’atmosphère a ôtée la brume évanescente de son visage, pour donner peu à peu la chaleur de son corps éblouissant. Le vert ombrage donne son coloris de jeunesse, ses ramures assemblées forment voûte verdoyante subtilisant à la voussure un coin de ciel bleu, mais elles font abris à la gente ailée dont les chants commencent à monter bien haut !
    Je suis loin de chez-moi, j’ai comme oublié la demeure de mes aïeux, mon escapade se poursuit dans le voyage de rêve où je me suis perdu… Pourtant mon village, aux toits de tuiles rouges, que ses maisons ont levées aux bords des rues et ruelles, il n’est pas à un demi-lieu d’ici… Je vois sur la côte de Fréconrupt la route serpentante, tel un long reptile au corps gris et dont la chair peu à peu se met à vibrer sous l’effet d’Hélios. Il longe des petites estives émeraude avec, par-ci, par-là, des pans de roches et de ronciers qui l’été venant donneront leurs fruits au goût doux et délicieux.
    -- A quelques mètres au-dessus veille comme une déesse, l’idole catholique. Vénérée depuis les tout premiers siècles de la vie de la chrétienté, les développements cultuel et doctrinal vont se combiner sur la place de Marie dans la vie syncrétique du pratiquant. Ce culte est une hyperdulie selon la définition, qu'en a donné le concile de Trente, culte supérieur au simple culte rendu aux saints et aux anges.
    -- Mais ce que l’homme en a fait est-ce Dieu qui le demande ? Israël fut le peuple mis à part par l’Elohim Jéhovah et bien vite il se détacha de son culte pur pour s’attacher aux Astartés… Eternel recommencement, jusqu’à quand, oh humains, violerez-vous le bon sens de l’intelligence et de la sagesse ?
    -- Cette déité est comme au temps des Baals, car les Baalim étaient des dieux locaux associés aux destinées des cités et des bourgades. Chaque ville, chaque sanctuaire avait son Baal particulier qui se distinguait des autres par un titre spécial Baal-Zébub, Baal-Péor, etc., et qui se doublait ordinairement d'une déesse ou Baalat. Chose assez curieuse s’était sur les hauts-lieux et dans leurs bosquets que les Baalim avaient leur culte !
    -- Mais les remous des belles eaux de la Bruche me ramènent à l’endroit, elle est là, quelques mètres nous séparent et je me sens proche d’elle. Mon cours d’eau, impétueux l’hiver et calme plat l’été, il se faufile entre roches et berges, mettant par-ci par-là quelques trous d’eau pour que faune vive et s’ébatte !
    -- La vanne rouge n’est pas loin, et l’été les enfants viendront s’y baigner. Ce n’est pas une onde limpide que l’on y trouve, non, mais suffisamment propre pour la baignade… Le canal de l’usine est également proche, il jouxte la rivière un temps puis vient s’y déverser emmenant avec lui au soir toutes les couleurs des teintes des étoffes que tissèrent dans la journée les employés de l’industrie du tissage.
    -- Ils sont tous à la merci de celui qui, à la fin du dix-huitième siècle, se montra le sauveur de la région ! Mais on ne pouvait jurer que par lui, logé par l’entreprise, loyer modéré certes, mais payé à l’entreprise, point de syndicat pour défendre le minimum requis d’un labeur non fastidieux, pas de cantine, tout juste un réfectoire et douze à quatorze heures de présence dans l’entreprise, tout cela, été comme hiver…
    -- Heureusement que les années cinquante furent prospères et le niveau de vie acceptable, mais celles qui suivirent furent douloureuses. Bruche, ma rivière, me raconteras-tu, dans le silence du jour, la fatigue des gens, leurs espoirs et les déceptions, me diras-tu ce que sont devenu les années folles, et celles qui suivirent, celles des horreurs du Struthof et du camp de Schirmeck, dévoileras-tu les horreurs des hommes commises au nom des libertés ?
    -- Non, tais-toi ! La jeunesse d’aujourd’hui oublie bien trop vite les épouvantes de nos vieux et vielles gens de la contrée… Laisse-moi savourer ce jour dès son petit matin, ne m’enlève pas la féérie que je viens de découvrir.
    -- Laisse-moi encore à mes rêves où je puis de mes mains saisir l’irréalité du moment sans en déchirer ce qui en est palpable. Laissez-moi célébrer ce morceau inconnu et inviolé, parcelle faisant muraille à la civilisation montante. Système de choses pervers où l’enfant n’est plus éduqué mais dressé pour des objectifs individuels égoïstes…
    -- Oui, lâchez-moi de votre emprise pour m’en aller en cette parcelle, cet Eden que vous ne connaissez pas. Ses abords verdoyants, ses senteurs d’herbes fraîches et sèches tout à la fois, la rivière sautant sur les roches et ondulante parmi les branchages morts retenus dans quelques anses, merveilleuses cachettes aux poisons qui y abondent !
    -- Laissez-moi regagner ma rivière aux abords gazonneux, où ses ondes en son cours jouent le murmure des naïades, et son flot donne un breuvage pareil aux fontaines naturelles des montagnes. Je les salue ces eaux valant autant que celles des lacs et des étangs poissonneux. Elle a tous les présents en offrandes à celui qui connait l’endroit secret où passe le chuchotement du vent faisant bruisser les feuilles des arbres et tinter les monnaies du pape aux feuilles tomenteuses.
    Près de la vanne son sable est si doux qu’y marcher dessus vous oblige à rêver, de ces songes où l’on est surélevé dans les airs comme une ouate cotonneuse…
    -- Sa couleur rose me rappelle les grès des Vosges du nord où leurs silhouettes émergent des vertes forêts et produisent nos paysages et en brodent l’identité, estampille très visible des monuments, cathédrale, gares, maisons, mairies, églises, murets, fontaines, statues, dallages, ponts et auges partagent cette parenté d’être faits de ce même matériau ferme et rugueux, témoins d’une époque où chaque commune ou presque avait sa carrière.
    -- Bien souvent ne sont visibles que les soubassements, chaînages d’angle, encadrements de portes et fenêtres et linteaux, conférant un cachet presque cossu aux moindres granges. On peut y voir les si caractéristiques inscriptions (religieuses, ou indiquant les noms des bâtisseurs) et riches décors des linteaux en grès des fermes vosgiennes. Mais en plus il se rit du gel car possédant une forte inertie thermique et s’adapte à nos hivers rigoureux.
    -- C’est ici le lieu ce coin où le sable ne commande point les flots de l’affluent pour consommer son mouvement rapide et contraindre à le renouer. Sables amoncelés en fines couches faisant comme un tapis de douceurs, véritable invite aux poisons de passage. Ô ! Bruche ne contient pas ton cours et n’ai d’alarme à ce que l’on ôte ton nom respectable de rivière. Combien de fois n’as-tu pensée que ton cours s’était tari ?
    -- Combien de fois t’es-tu étonnée du retour de tes eaux après un été sans pareil et semblable à ceux d’autrefois ? L’herbe des paludes, semblable à celles de l'eau croupie et stagnante des marécages ne borde pas tes rives, et tes ondes changeantes des fontes neigeuses n’abandonnent pas sur tes lais une bourbe impure ? Ô non ! Les pieds qui te joignent ne se baignent jamais avant d’avoir effleuré tes ondes.
    -- Oui, voilà cet endroit connu de moi seul, vous ne verrez pas d’inconvénient que je veuille le préserver des prédateurs d’aujourd’hui. Ces promoteurs avides de dividendes, défigurant les horizons par leurs bétons, déchirant les ciels bleus par leurs architectures nauséeuses, froides et impersonnelles ! Allez maintenant ! Je n’ai que dédain pour ces richesses apparentes et trompeuses du modernisme et des modes disparaissant au moindre des goûts contrariés d’une lubie exagérée.
    -- Je contemple les activités de la nature, et non ces préciosités des dissipateurs, ce semblant de faste d’une démente indigence riant de sa ruine imminente. Elle ne retiendra pas l’empreinte fidèle des pas qui l’ont foulée.
    -- Mes regards s’introduisent à travers ta surface limpide et mon ouï, dans tes verbiages non inutiles, tu n’as rien de caché, ô ma rivière ! Ainsi que l’air vivifiant s’étale à ciel entr'ouvert, à toutes les attentions, l’intelligence de ses liquoreuses clartés, quand les vents engourdis ne troublent point les visions dans l’espace bleuté et serein. C’est là que dans ces flots j’aperçois et découvre ses retraites singulières, quand son rythme coule pacifique, elle me laisse remarquer la variété de son fond où ses sujets figés provoquent des reflets azuréens.
    -- Quelques nappes sablées se rident du temps écoulé et se plantent alors quelques verdures marines pour l’agrément du cheptel aquatique. Par-ci, par-là, quelques cailloux affleurent ou se cachent dans les herbes qui se mirent en ses eaux miroitantes. Oui, ainsi, sous le calme courant de la riante Bruche, l’herbe nuancée fait entrevoir les roches dont elle est mêlée.
    -- La vallée de la Bruche, ma vallée aux eaux vives, ma rivière, coule pendant soixante-dix-huit kilomètres jusqu'à son confluent avec l'Ill peu avant Strasbourg. Elle devient très forestière de plus en plus en raison de la déprise agricole, les résineux reviennent en plantations denses sur les pentes raides, les feuillus dans les vallons. Les chaumes à l'herbe feutrée servent de pâturages de juin à l'automne. Souvent enneigés, ils sont colorés au printemps par la floraison d'espèces résistant à des conditions climatiques assez rudes.
    -- Il se trouve qu’elle est riche en insectes aquatiques avec ses baetidés, ses rithrogenas, et ses ephemerellas ainsi que ses ignitas, mais aussi ses trichoptères et ses plécoptères, car autour d’elle se présente une succession de radiers, plats, courants, typiques des cours d'eau du piémont. Plusieurs affluents de la Bruche offrent des parcours de pêche intéressant, le Framont, la Climontaine, la Chirgoutte...
    -- Cependant en mon coin, ce lieu de tranquillité, en ce havre de paix, mon œil droit faiblit à voir aller vers le lointain ce miroir, ne me laissant voir que quelques blanchailles alors qu’ailleurs il y vient des poissons, qui glissent en se jouant des rais du soleil et des ombres des feuillus. Mais il ne m’est pas permis de décrire leurs obliques circuits, et le nombre se suivant en remontant le fleuve, un dieu me l’interdit, ce dieu qui acquit en partage le non moindre des lots, l’empire du monde aquatique et la surveillance du trident des espaces marins.
    -- Ô ! Naïades qui résidez sur les bords de la Bruche, montrez-moi ces groupes portant écailles, et décrivez-moi ces unités qui nagent dans le sein transparent de ma rivière azuré.
    -- La Truite arc-en-ciel à chair rose introduite en dix-huit cent quatre-vingt en Europe et originaire de Russie sous le nom de « mikizha » et la variété "jaune", la truite aguabonita, ou bien la Truite à dos étoilé de gouttes de pourpre, elles se cachent toutes parmi les roches immergées, voulant ainsi tromper prédateurs et braconniers.
    -- Elle est bien peuplée en truites fario, auxquelles s'ajoutent des poissons blancs d'accompagnement : chevesnes, corps cylindrique et allongé avec de grosses écailles, une tête à front plat avec une bouche large, un dos généralement foncé de gris-noir et les flancs brillants ou parfois légèrement dorés. Il peut atteindre la taille de quatre-vingt centimètres pour environ quatre kilogrammes.
    -- Souvent visible en été, le chevesne est un poisson méfiant, le pêcheur doit souvent ruser pour avoir des chances de le capturer. Il est parfois confondu avec la vandoise, cette vandoise au dos brun verdâtre, son ventre argenté et ses nageoires jaune orangé, un indice de propreté de son milieu, car ne vivant que dans des eaux non polluées.
    -- Mais malheur à elle qui est chassée par des poissons évoluant comme elle dans les eaux douces et bien oxygénées tels que le brochet tels, la truite, le sandre et la perche. On y voit aussi l’ablette spirlin jouant des rais d’Hélios, ce petit poisson de couleur grise aux reflets argentés et une partie dorsale brun verdâtre, possède une ligne de points sur toute la longueur des flancs. Par contre la modification de l’habitat comme des aménagements, une perte de tronçons à écoulement libre, et bien d’autres, ainsi que les obstacles à la migration constituent les menaces les plus sérieuses pour ses congénères.
    -- Par ailleurs, une qualité précaire des eaux ainsi qu’une forte prédation présence de prédateurs piscicoles sont susceptibles de réduire considérablement les effectifs. Son régime alimentaire au spirlin se compose essentiellement de larves d’insectes aquatiques, comme des diptères, éphémères, plécoptères, trichoptères ainsi que de petits crustacés. Accessoirement, des algues et détritus sont également ingérés.
    -- En été, les apports exogènes, ces organismes qui tombent dans l’eau, constituent une partie importante de l’alimentation des adultes. Il est côtoyé par le Goujon moins connu sous le nom de Gobio-gobio, il est appelé également par précision goujon commun. Il faut le réciter aussi parmi les descendants de la rivière, lui dont la longueur n’excède pas deux dextres sans les pouces.
    -- Il possède un corps très gras, arrondi, allongé, mais plus trapu quand son ventre est gonflé d’œufs, ses barbes imitent les tentacules effilés du Barbeau. Ce Goujon, poisson très sensible à la pollution de l'eau, est considérer comme l’un des meilleurs bio-indicateurs de la qualité de l'eau.
    -- Souvent de bonne augure, parfois singulière, d’autre fois bouillonnante alors que d’habitude calme, c'est ma rivière, celle que j’adule le plus fréquemment, qui parfois me remplit d’aise et parfois m’attriste, mais continuellement me charme ! Encore aujourd’hui, lorsque je retourne dans la vallée, j’escapade vers ce lieu de mon enfance et là je replonge facilement dans ce cadre enchanteur, car rien n’à changer, la Bruche se contente de me murmurer et de me chanter les airs d’autrefois…
    -- C’est une promenade remplie de beautés et de merveilles, véritables chefs-d’œuvres, un mélange dans la découverte qui jamais n’est la même dans le moment suivant. C’est un pur plaisir qui m’entraîne au cœur d’une histoire se tissant au fur et à mesure que mes pas s’aventurent inlassablement dans la trame de cette nature mi-sauvage, endroit qui raconte à mon cœur l’esprit de l’endroit, son humeur, ses caprices et me montre son goût d’architecture.
    -- Pour mieux le reconnaître parmi tous ceux qui cohabitent à côté de lui, j’allais, à défaut de les trouver, inventer un recoin tout juste sortis d’Allégorie ou le héros articulait « Je ne suis que de passage, celui de la liberté ». On négliger à peine aisément d'où l'on naît, mais l’on ne voit rien du moment d'où l'on part, perdre de temps en temps les souvenirs ne nous arrange pas et moi je me mets en danger lorsqu’il m’arrive la lacune de ces instants où une part de mon enfance est passée ici en cet endroit !
    -- Y a-t-il plus beau sentiment qui se sublime pour que toute la Terre soit en harmonie ? Un amour qui se saisisse de la relève, un être qui nait en protection, je n’oublie pas moi que c’est ma terre où je m’allonge dans les herbes folles, où je fais corps avec elle lorsque je foule son aire.
    Je n’oublie pas non plus que c’est ma rivière où j’ai bu et que j’ai remué son onde pour me rafraîchir les jours d’été, lorsqu’au zénith pendait l’astre aux rayons obliques. Je suis toujours ému quand je retrouve ses estampilles prouvant que je suis bien parvenu à l’entrée, que c’est bien ici que mon enfance s’est échouée car ma voie y était toute tracée…
    -- Entre terre et ciel coule ma rivière, en ce territoire son regard se pose sur le sentier de découverte du court herbeux, là est la création d’une école pour accueillir, plantation d'arbrisseaux et d’herbes folles, pour réhabiliter un endroit de verdure en faune équilibrée par le seul fait que nature se suffit à elle-même. Quelle est belle ma rivière ! Comme elle est vivante ! Elle glisse indolemment à travers les champs et, comme une épouse éprise, elle entoure affectueusement les roches qui écueillent. Elle effleurement, en usufruit, les berges sur lesquelles elle s’espère un instant. Puis, elle devient indocile et bondit en cascatelles qui font jouer leurs bulles et dont le murmure berce les nuits.
    -- Plus loin, la Bruche traverse silencieusement des villages, plein de poésie tranquille. Maintenant son cap, elle s’insinue dans les garnis où les silhouettes des arbres, se renvoient, silencieuses, dans ses eaux. Là, juché comme une sentinelle aux aguets, un martin-pêcheur scrute soigneusement sa surface, afin de repérer le goujon imprudent.
    -- Dès le petit matin, une note jaillie pour se dissiper dans l’éther vaporeux, puis à quelques minutes de là une autre note suivie de quelques autres pour former une symphonie venant embraser la brume qui s’éparpille peu à peu. Rien n’est si saisissant que ces airs, sortant de si petites gorges pour produire des sons si mélodieux. Non, le miracle s’opère en un chant léger, aérien, au point de forcer la venue de l’astre royal. Ivre de liberté je plonge en cette atmosphère, jouant des ombres et de la lumières des taillis en l’espace rencontré.
    -- Quelques moineaux pépient et rivalisent d’entrain avec les mésanges têtes bleues, cela ressemble à s’y m’éprendre comme des salutations matinales lancées à la cantonade, synchronisme de joyeux gazouillis et de chants touchants jusqu’au plus profond de mon être. Adieux, soucis et préoccupations du moment !
    -- Vous ais-je dis qu’elle est puissante ma rivière ? Lorsque l’hiver se calcule un peu trop, manœuvrant un redoux brusque qui vient croître démesurément ses eaux, ma rivière illustre alors toute sa puissance. Ses eaux se mutent devenant boueuses et grises et elles envahissent les plaines, tandis que dans son lit, elles déferlent, débridées, malmenant les arbres et entrelaçant les ramées dans des fièvres et remous profonds.
    -- Vous ais-je dis encore que le vent se fait parfois complice de ma rivière ? Chargé d’effluences et encore un peu frais, malgré l’engagement de périodes de amabilités, le vent traverse en hurlant la vallée et couche rudement les phragmites dégarnis.
    -- C’est un vent combattif qui balaie tout sur son passage. Il arrache aux coteaux les dernières neiges ramollies, lesquelles viennent gonfler les ruisseaux qui débordent dans ma rivière en crue. Mais une action en entraine une autre, sur les terres immergées, les eaux de ma rivière qui submergent d’immenses étendues et déposent leur humus dans les champs cultivés.
    -- Vous dirais-je malgré tout, quelle est paisible ma rivière ! L’été venu, ma rivière retrouve son lit calme et silencieux. Ses eaux se réchauffent sous les rayons ardents du soleil ; les verdures l’envahissent et une vie grouillante s’anime sur ses rives. Ma rivière se déploie alors dans toute sa magnificence. Elle est fière de sa course fleurant tout l’été, alors qu’aux froidures, sage façonnière elle festonne sa beauté !
    -- Ainsi coule ma rivière, dans son lit déluré, une partie de mon enfance récite ses contours et ses images comme une conviction rituelle, car elle s’exhibe et m’offre la pureté de son innocence dans mon temps imparti, dans mes libertés volées à mes aïeux… Mais pris dans les méandres du système d’aujourd’hui, de l’âge qui m’attire vers ces crépuscules dégénérant, ma rivière en cet endroit de rêve vit l’espoir de me revoir pour me faire présent de sa plaine liquide et luisante en mille et une promesses certaines.
    -- Engagements de ses rives bordant les coteaux d’Alsace où vignerons et vendangeurs respirent la gaité, où le raisin mûrit sur les sarments, ces tiges ligneuses, taillées en culture et leurs feuilles à nervure palmée plus ou moins découpés, forme un cœur à la base ! L’apparence de ces ceps présente certainement bien d’autres panoramas, mais mon cœur reste en ce courtil sauvage, espace qui m’est privilégié où je puis cheminer à mon aise et m’attarder au moindre recoin.
    -- Il est vrai que d’ici je contemple la côte de Fréconrupt où à la droite de l’idole est semé de majestueux épicéa mélangé à des feuillus comme les chênes et les hêtres, il m’est arrivé de flâner en ces parages y respirant à plein poumon l’air vivifiant des sylvains, de chanter des airs improvisés sur les fleurs rencontrées çà et là dans les herbes rabougries.
    -- Elles me tendaient leur corole comme pour une invite à boire le reste d’une fraîche rosée, dans le lointain se faisait entendre le cri d’un busard et tout prêt le piaillement d’oisillons, mais mon esprit me ramenait à cet endroit charmeur où, malgré la restriction du carré je me sentais libre en mes songes réels. Ô, prés au vert ! Parles-moi de toi, de ta source qui coule dans mon âme et hante mon esprit.
    -- Raconte-moi ce temps où au milieu de toi je faisais corps avec ton terreau et ta végétation connue de moi seul… Relate-moi ces troubles que tu me causais lorsqu’à mon arrivée en ton lieu j’éprouvais parce que les bleuets y fleurissaient et les églantiers parachevaient les pastels du temps mettant l’émerveillement dans mes yeux. Les saisons ont passées tissant la toile des époques et me voilà âgé, mais ton souvenir est aussi frais que tes odeurs qui me hantent.
    -- Contes-moi tout afin que je médite sur mes songes gravés sur le parchemin de ton bruissement, cet air chaud d’été dont tu domptais l’innocence pour le renvoyer au point que pour moi seul ils devenaient plus forts et inattendus, mais me charmaient, que dis-je m’envoûtaient.
    -- Lance dans le vent tous tes couplets poétiques, toi qui sais jouer dans l’indolence du jour et retiens pour moi les mélodies de la gent ailée pour me la propager par Eole afin qu’il ne me lâche pas le fil de mes souvenances. Champ d’herbes folles, de mûriers et de taillis en tous genres j’étais venu chez toi pour trouver des réponses, mais ce que tu m’offris fut bien plus précieux que tout l’or et les tissus d’organdis !
    -- Et ta rivière qui devint aussi mienne, son murmure efface tous ces bruits de guerre que l’on entendit naguère, combats meurtriers qui se répandaient sur la terre se déversant dans l’âme des hommes pour en créer d’horribles bourreaux ne sachant qui exécuter mais détruisant tout devant eux.
    -- La Bruche, ma rivière, dont j’ai bue de son onde, elle apaise mes angoisses, calme mes douleurs internes, me tranquillise l’esprit quant à celui qui partit si loin qu’il ne retrouva pas le chemin de retour, me laissant des perles dans mes yeux et un cœur gros prêt à éclater sur la margelle du temps !
    -- Quand les hommes feront sonner le monde comme un airain de clocher, alors mon chant à moi s’élèvera dans les airs orné de romances bleues et il viendra glisser sur le courant de l’onde pure de ma rivière pour servir d’onguent aux meurtrissures, ces plaies béantes et noires de la haine et du pouvoir… Âmes affamées d’hier et silhouettes efflanquées et dures, vous avez ici la possibilité de guérison, puisez donc à pleine main et chantez à pleine gorge l’amour du bien et du beau.
    -- Dans ce monde contestable venez tous puiser dans ma chanson que j’ai composée tout exprès pour ce coin un peu retiré et où coule un pan de ma rivière, j’invoque son émanation et son souffle à chaque instant, je suis semblable au coq se dressant sur ses ergots, déployant ses ailes et lançant à la volée et pour tous son chant du réveil, afin que l’humanité soit exhortée au bonheur ultime et infini.
    -- Comme l’eau de ma rivière la sérénité coule en mes veines et mon cœur se calme des peurs d’autrefois, comme les débordements d’hiver de la Bruche, ma colère m’inonde et encombre mon être, car telle la neige s’accumulant dans les hauteurs de la ligne des crêtes, l’homme m’a donné de quoi me courroucer au fil de ma petite enfance et cet ire a obstrué quelque peu le réservoir de la jubilation.
    -- Voici que mon coin secret avec ma rivière ont fait fondre cette obstruction pour que se répande tous les airs de ma gaieté en un débordement de soulagement qui peu à peu se distille sous ma peau… Cet espace me berce dans un climat d’amour, je suis transporté dans une inhabituelle inclination d’apaisement, je viens vers vous, mes parents, je cours à vous mon Père et ma Mère, tel est mon crédo !
    -- Coule ma rivière et fait voguer ce qui te rend belle, transpire la sérénité, ô mon petit paradis, que tes habitants siffle les refrains et que je m’accorde à leur diapason et toi la brise du matin rafraîchie mes espaces où se couche mon ardeur et ma soif inextinguible d’affection parentale. Apaisez sagement ce qui vrille et torsade l’intelligence de mon moi pour m’amener toi le cours de mon enfance à réfréner l’exaspération et toi mon lieu vient me gouverner en sagesse hors des tourbillons nauséeux de la vie trépidante de mes semblables.
    -- Combien de fois suis-je venu me ressourcer en cet Eden ? Je suis venu partager mes rêves et mes jeux, où je rejoignais le Walhalla, ce lieu où mon Père débarqua insouciant de mon besoin de ses bras, étranger à mes appétits naturels d’amour et d’affection. Je suis venu amasser en ce lieu une abondance de rires et de contacts qui m’a été ravi par le Jannah marocain, cette contrée de soi-disant félicité où ma Mère s’est réfugiée contre son gré…
    -- Mon enfance, mes jeux et mes songes ont beaucoup caboté sur l’onde de ma rivière et entrecroisé ces lieux, périodes où je vivais serein car vivant loin des adultes ! J’ai eu peur pour vous deux, car les négligences des hommes ont souvent vaincues le beau, le merveilleux et le manque de sagesse a bien souvent effacé jusqu’à extinction l’âme vive pour satisfaire son égoïsme !
    -- Mais toi, petit maquis tu as su garder ton air léger, tes psaumes empli d’un semblant d’insouciance, où tout est douceur de vivre, où mon cœur y bat à ton rythme alors là je me sens bien chez toi en ton sein. En mon rêve j’ai fait une voie, avec mes songes j’ai construit un lieu, avec mes espérances j’ai bâtit ma joie, j’ai dompté le soleil, avec la magie des mots.
    -- J’ai construit un pont pour m’en aller de l’autre côté du miroir là où tout est merveille. A l’endroit de la vanne j’ai traversé ma rivière pour rejoindre les taillis et m’y étendre à la fraîcheur de son ombre et comprendre les chuchotis de la terre avec les clapotis de ma rivière. Alors mon cœur rempli d’émoi sous la ramée, ardent aux frissons des feuilles, rejoignit leurs voix qui courbaient les roseaux, leurs tonalités montaient et descendaient en virevoltant pour décrire des arabesques selon que les végétaux croissaient aux bords des rives.
    -- Je ne pensais à fuir car je voulais répondre à l’appel de cet endroit prometteur de liesse et d’allégresse en mon sein. Ma petite brousse, ma rivière je reste là pour nous en aller au bout de mes rêveries, nous irons ensemble par les chemins de traverse rejoindre ces contrées inexplorées pour nous en revenir bien vite ici en ces lieux d’adoubement au bonheur !
    -- Le chuchotement des eaux sur les galets rencontré me donne l’impression de sentir le vent caresser mes cheveux pour les ondoyer au gré de mon front. On ne suspecte rien de ces équipées de tranquilles surprises, on se rend au bord de l'eau, par un bel après-midi d'été, la ligne des breuils s'étire au bout d'un paisible herbage. Au-delà des taillis s'ouvre, en contrebas, un chaos de pierres, parsemé de coquilles d'escargots, d'amas de bois flottés, de buissons d'herbes folles. Plus loin, envahies par une végétation profuse, les rives, alentour de la rivière, forment des murs, des tunnels, des labyrinthes de verdure.
    -- Aux saules qui voisinent avec les acacias, les aulnes, les frênes, les trembles, s'ajoutent des avalanches de buddleias, des écroulements de vigne vierge, des cascades de lianes. L'air sent la menthe sauvage et la fleur de sureau.
    -- L'eau du ruisseau descend des monts Vosgiens. Toujours fraîche, elle constitue un remède souverain contre la canicule car la chaleur à quarante degrés deviendrait suffocante, mais, la première impression, quand on entre dans l'eau sous l'ombrage, est glaciale. Puis l'on s'habitue. Il faut chausser des bottes pour cheminer dans le lit de la rivière, fortement accidenté par endroits, encombré de bois mort et de roches glissantes.
    -- L'allure du ruisseau change de place en place. Ici, peu profonde, l'eau coure, chante, pailletant les galets de lumières vives. Là, elle s'interrompt, comme avalée par les profondeurs de la terre. Puis elle ressurgit, plus fraîche encore, dans un bassin de roches qui reflète des morceaux de ciel et des pans de vallon.
    -- Il m'arrive parfois de faire de petits détoures pour aller à la rencontre de nouveaux terrains de jeux, l'envie de découvrir est plus fort que tout. J'ai besoin de m'émerveiller, besoin d'explorer ... Aller à la rencontre de nouvelles conditions de découvertes, je trouve cela toujours très enrichissant, ma tête se remplie d’échos de bruits, d’évènements en tout genre. Mais, voici la rivière au nom de Bruche et ce petit arpent qui a retenu mon attention.... Toc, toc, il a du monde, ici ! Personne, non, vraiment personne, que la gent animal et végétale, c’est mon refuge et j’y reviens à chaque fois.
    -- Ce cours d’eau, la Bruche, borde à plusieurs centaine de mètres et à main droite un canal qui déverse ses eaux autoritaires dans le flux de ma rivière. L'hiver, la rivière devenait torrent, et la nuit, on l'entendait mugir. L'eau, en s'engouffrant, avait creusé une baignoire naturelle juste en dessous de la vanne du canal et jusqu’à une cinquantaine de mètre de circonférence qu'elle remplissait en la couvrant de buée, comme une fine gaze de mousseline qui montait se dissiper dans l’éther. Ma rivière, ô berges préférées de l’étoile du jour, le rythme de tes eaux berce en douceur mon âme. Que d'heures exquises j'ai passées près de toi !
    -- Rivière peu connu, dont l’eau coule dans un lit sauvage et couvert, oui, comme toi je crains la foule ; comme toi j’aime la solitude. Rivière, sur mon chagrin excédé fais glisser l’oubli des douleurs, et ne laisse dans ma pensée que l’apaisement, ton flux et ta faune… Tes ondes du passé et d’aujourd’hui bercent mes souvenirs au gré de mes langueurs, recevant leurs écumes comme mille baisers, caressants sans trahir la mémoire inscrite sur le ciel qui s’allume !
    -- Près de toi, mon âme se recueille car j’ai oublié qu’il existe des immoraux et ton flot parfois languide se plaît à murmurer de la poésie pour charmer l’humble marguerite. Le martin pêcheur chérit tes bords déjà sous l’ombrage il médite son nid et ses tendres accords. Quand pourrai-je, dans les jours de l’automne, suivant le cours de ton eau, entendre et le bois qui grelote, et le cri plaintif du friquet ?
    -- Tes amonts couverts de pâturages herbeux, arrivent à border d’odorants secteurs de conifères. Ramures sur les hauteurs couvertes de longs fruits, aux cimes balancées par les vents des orages, donnant mille sèves et résines qui sans bruit sur les troncs déroulent leur gomme aux senteurs envoûtantes.
    -- Avec fracas, par les sommets tombent parfois des torrents mugissants, mais toi, rivière tu naissais en un ru, puis en un ruisseau près qui s’en allait doucement, avec ses tranquilles eaux féconder les campagnes.
    -- Depuis mon plus jeune âge, le « traîne ruisseau » que j’ai toujours été fut fasciné par la nature, assoiffée de connaissance c’était tout simplement magnifique. Je reste définitivement admiratif de cet endroit qui est la mien... Quand il fait chaud, quoi de mieux que d'aller se rafraichir au bord de la rivière, là où on est seul au monde.... et d'écouter le bruissement des feuilles, le clapotis de l'eau et au loin le murmure du vent. A la ronde on entend cette nature, mais les gens, dans ce lointain, passent méconnaissant ce petit monde.
    -- Ils se traînent en langueur et toi ma rivière tu coules inconnue en l’cet univers. Leurs gestes et leurs intentions sont barbares alors que toi Bruche tu engendre et génère un limon de douceur pour une terre pure. Ils poursuivent des buts égoïstes et fracassants, mais le soleil se mire dans tes eaux délassantes, et, moi sous ton ciel d’azur aussi pur et serein, je savoure les passions de ton lieu où les jours du sage ne sont troublés par aucun vent de folie et toi bel affluent tu poursuis ton parcours coloré dès printemps par la fleur des jonquilles ou bien l’anémone se perdant près de ton cours. Mes regards embrassent ce tableau qui scintille, les Sylvains généreux se montrent effarouchés, ma présence intruse, du ciel cache les elfes, parmi les retraites de l’empyrée niellé. Il y a ici l’empreinte du Divin, sa création reflète l’éclat de la paix de remarquables beaux jours !
    -- Cette rivière lutte de toutes ses vigueurs pour que nature garde ses droits, en place la fraicheur de la forêt, la lumière persans difficilement les ramées des sapins, le timbre de l'eau me fait oublier tous les tracas quotidien et me voilà faisant qu'un avec la nature. Sous cette vénusté, toi le ruisseau des monts, tu dévale au coucher, puis calme à l’aurore. Ta source est apparue aux temps des grands démons, pour descendre en âge d’or et d’héliodore… Ainsi tu te drape de tuniques à longs plis, aux couleurs des saisons passantes, rien ne surpasse tes puretés élues ! Ton musée de statues, ces sylvains accomplis, me sont des défenseurs, et leur tronc s’enracine… Les parfums de tes sous-bois s’expriment de l’humus, se bercent d’une brise en caresses perpétuelles.
    -- Un jour, à quelques temps de là, je l’entendis gémir comme veuve contestant son enfant mort et j'ai demandé : «Pourquoi cette attitude, ma rivière?» Elle me répondit : «Parce que je suis outrée d'aller à la ville où l'humain me méprise en me préférant les boissons plus fortes et faisant de moi le réceptacle de ses déchets, souillant ma pureté et changeant mes valeurs en ordures.» Et j'ai aussi entendu la gent ailée se plaindre et j'ai demandé : «Pourquoi pleurez-vous, mes beaux oiseaux ?»
    -- Et l'un d'eux voleta près de moi, puis se percha au bout d'une branche et dit : «Les enfants d'Adam viendront bientôt dans ce champ, de leurs armes meurtrières ils nous feront la guerre comme si nous étions leurs ennemis. Alors nous te disons adieu car nous ne savons pas lequel d'entre nous échappera à la folie destructrice du glèbeux. Le dernier sommeil nous guette partout où nous progressons et nous serons emportés comme la balle au vent de l’aire de battage !»
    -- Je me suis demandé : «Pourquoi l'homme détruit-il ce que le Tout-Puissant a construit ? Lorsque j’étais parmi cette structure, cette nature sans pareille, je tressaillais, car où que se posaient mes regards, l’émerveillement me gagnait ! Il faut dire que mes yeux n’étaient pas recouverts par le voile des années et la lumière de ma jeunesse faisait que tout était clarté. Bien que plus sensible à la profondeur de la beauté que celle de mes contemporains, j’étais toujours surpris par la sérénité et la majesté sauvage de cet Eden !
    -- Je regardais ce pré-carré comme le premier couple avait sans doute contemplé leur habitat premier, eux dont les sens se sont émoussés par leur faute consommée, il regarda, il s’émerveilla, il s’étonna, il fut surprit et fasciner du spectacle qui s’offrait à lui. Mais l’homme de ce jour n’a plus l’éclat du jour premier et ne distingue plus ce qui devrait être sa joie et son débordement d’allégresse. Il tend son oreille mais ne perçoit pas les sons si particuliers, lui permettant de s’extasier sur les timbres et tonalités du langage de l’univers qui nous entoure.
    -- L’humain entend-il seulement le laboureur revenant de son champ à la tombée de la nuit ? Et la flûte du berger quand il mène en transhumance les brebis avec leurs agneaux et agnelles ?
    L’homme avance sa main, mais il n’a pas cette sensation du toucher qui ressort de la palpation sensitive où l’émotion vous gagne car la sensibilité y est exacerbée. Ses mains noueuses, calleuses, à l’extrême du fait de gagner le pain à la sueur du front. L’homme ne peut plus toucher avec la réceptivité des premiers moments faisant suite à sa venue sur terre.
    -- Il est devenu défaillant dans la sensation du touché qui lui faisait découvrir un monde hors du commun, celui qui lui fut donné aux premiers instant de leur existence ! Même en consument tout l’encens de l’Arabie et des Indes, l’homme poursuit sa route sans rien deviner de la subtilité des effluves de Dame Nature, sans fleurer l’art et la souplesse des végétaux à rivaliser de leurs suavités, l’homme persiste sur son chemin d’ignorance et ne remarque pas ce que son environnement exprime dans tous ses parfums exhalé !
    -- Il ne cueille pas la fleur du Carmel pour en sentir l’odeur du cinnamome et du baume, car elle exhale les parfums de la myrrhe, elle remplit les lieux où elle fleurit des vapeurs du styrax, de l'onyx et de la goutte d'encens qui a coulé d'elle-même, et ses parfums sont un baume pur et sans mélange, fleur de styrax ressemblant à s’y m’éprendre à un lis ou un narcisse.
    -- L’homme ne se soucie plus de la gomme aromatique storax, les mettant dans des fioles, pour les donner à leurs amis. Gomme qui entrait dans la composition du parfum de l'onction dont Dieu donna à Moïse la composition pour en oindre le Grand Prêtre et qui par la suite servait aussi à l’onction des Rois par symbole d’une mise à part pour une mission particulière, celle d’un Messie, de l’Hébreu : « mashia'h »!
    -- L’homme n’ouvre non plus ses bras pour embrasser le couchant, phénomène quelque peu quotidien, mais si sublime. Au soir voir le Soleil rougir virer même au violet, le ciel s’embraser, et dans la journée, observer un soleil haut dans le ciel et faire que l'ensemble de l'atmosphère diffuse une couleur bleue…
    -- Non, nous n'auditionnons et interprétons la mélodie de la harpe que lorsque les cordes sont vibrées par des mains; et nous ne percevons pas un enfant y jouer sous les oliviers comme s'il était lui-même un jeune olivier. Et toute parole doit naître de lèvres, sinon nous nous dévisageons comme des sourds muets. En vérité, nous regardons, mais nous ne voyons pas; nous écoutons mais nous n'entendons pas; nous mangeons et buvons, mais nous apprécions aucune saveur.
    -- Le balbutiement d'un enfant n'est pas moindre que le cri de toute l'humanité, alors que pour nous c'est un simple balbutiement. La racine d'un bouton-d'or est une aspiration vers Dieu, alors que pour nous, c'est une simple racine.
    -- Une branche d’arbre est support pour le fruit d’espèce de l’arbre et pour l’oiseau un perchoir idéal, mais c’est aussi source de chaleur et de réjouissance. Les herbes folles sont à l’homme ce qui lui est propre alors que le Créateur de celles-ci les a faite pour l’équilibre de la nature. Mais l’homme méprise tout cela par son égocentrisme égoïste ! Et la scène de ces paysages ne divertit pas seulement les mortels, mais aussi le monde animal, tout ceci en parfaite osmose entre toutes les diversités d’espèces et de genres.
    -- Si un exotique survenait ici en ce lieu verdoyant, il préjugerait que je voulusse concéder à ces lieux un résumé de ses agréments, tant leur apparence et leur franchise ont d’élégance, sans que le bien-être qu’on y goûte ne réclame le luxe. Mais si j’ai pu sans forfait les révéler en partie, que le reliquat reste mystérieux, et que des égards couvrent à jamais ces mystères confiés en ce tableau !
    -- On dit même qu’à l’heure où le soleil en feu s’arrête au milieu de son cours, là où mes jeux n’ont jamais eu de témoins. C’est ici que les teintes colorent les ondes lorsqu’Hesperus, l'étoile du soir, allonge les silhouettes, là où l’image de la colline se confond avec la rivière, et où le cours reflète la limite des ombres. Son onde lui rend un métal brillant de baisers qu’elle ne sait lui rendre, ainsi, pour lui montrer l’arrangement de sa chevelure, l‘inclinaison des rais du soleil, leur étendue montre, n’ont une flamme, mais la parenté au livide spectral, de ces petits matins où le givre programme, les copies des contours de cette création. Un héritage de Dieu, legs, oh combien sublime !
    -- Alors se cristallise l’art en lyrisme laissant l’estampille d’un style qui s’exprime ! La nature a donné aux enfants des mœurs douces et un esprit enjoué sous un front sévère. Mais où vais-je, cabré par des guides conditionnels, et opprimé par un manque d’amour ? Je compromets ta gloire.
    -- Égérie, emmure ta lyre, et que mes ultimes vers retentissent sur des ruses incandescentes. Un âge viendra où, séduisant mon oisiveté dans des œuvres d’une sombre liberté, je réchauffai mes derniers beaux jours au soleil de la poésie, je psalmodierai, l’élévation des êtres et les grands travaux de chacun de ces héros imaginaires, ainsi que les mérites et les généreuses renommées de ma communauté.
    -- Les Piérides siffleront des vers libres et sveltes introduisant de fin tissus, d’élégants macramés et l’incarnat même sera donnée à mes rouets pour que les fils de mon imaginaire se tissent et forment la trame du temps. Quant à moi qui me suis exalté à tout venant, ouvrant mes sens au beau, au sublime, que ne dirais-je pas ? Si bien sûr, je chanterai ces créatures, maîtres souverains des notes lyriques, je célèbrerai les sciences du savant, j’exalterai l’art oratoire de l’annonceur ce héraut courant les villes et villages pour proclamer une paix abondante.
    -- Il est bien d’avoir l’éloquence du verbe bien dit, ces diatribes qui nous corrigent et nous façonnent dans un granite des plus naturels. Mais il faut s’en dire que nous ne jouirons sûrement de nos sens qu’en remettant le noble héritage en sa véritable place, aux faîtes des dignités suprêmes ! Nous devons refaire l’œuvre confié à nos premiers parents et qui n’ont su le préserver de la corruption. Eh bien je diffèrerai la louange de l’homme pour revenir à ma rivière, dans sa marche riante en milieu du vert terroir d’Alsace…
    -- Maintenant, ô Bruche, déplie ta mise de céladon de ton onde et berces-toi au tempo de la brise vespérale pour accumuler tes eaux aux flux du jour et les dispenser au gré des besoins de la terre. Ne crains pas, ô Bruche superbe, de naître parmi les ajoncs et de paraître alanguie, ton invité ne connais pas la jalousie ! Reste maître à jamais de ton nom, ne me refuse pas d’adopter un frère. Ton lit saura faire les parts divisant la masse en plusieurs bras, et ouvrira diverses rieds aux courants communs. Ainsi j’ose chanter sur une faible lyre, qu’on ne m’accuse pas d’un crime pour avoir essayé, en l’honneur d’une rivière élue, un modeste respect de ma muse.
    -- D’autres, près de toi l’on certainement fait, rivière nourricière, mais tout mon être est en accord avec eux car ils ont, et encore maintenant, déclamé ce qui t’encense et te célèbre… Après le temps de ton enseignement que j’ai débuté il y a de cela plus de cinquante-deux ans, je reprends aujourd’hui avec plus d’étendue l’éloge de ma rivière de l’Est. Je deviserai aussi tous ces coins ignorés qui se baignent dans tes ondes éloquentes, et les ancestrales légendes dont les frontons de verdures viennent s’y contempler. Je dirai ces asiles construits pour les jours de canicules, et qui sont les échoppes et les fenils de ta faune et de ta flore.
    -- Les jours passant, frimas pâlit en son chemin, pour reprendre vigueur dans les heures passées, ce rapport au Phénix favorise les matins, perpétuant tous tes dons jusqu’au point d’arrivée ! Je me dois d’adoucir et de croire en l’émoi, qui s'immobilise, puis, s'y installe même, puisque tu te montres hospitalière.
    -- Le livre naturel se prend au jeu non pour rien, esquissant un sillon aux périodes plus que fécondes. L’éloquence des mots range la vie en bien, pour apporter l’écrit dans l’âge canonique. Reste à trouver l’hymne pour sublimer la loi, au style d’un motet, montrant en l’œuvre toute la profondeur de ton âme ! Si tes flots, sans cesse nous renvoie vers tes grèves, ma pensée elle, elle te clame ! Nul autre ne peut te disputer le pas, ni l’Ill, ni le Rhin rapide, bien que passant aux frontières des Germains et de la Celtique Belgica !
    -- Cette souvenance c’est leçon pour jeunesse…Il ne peut y avoir fuite du temps passé, la marche est vers l’avant, mais rien, non rien ne presse ! Lui, le soleil hiémal s’accroche à tous rameaux, chaque aube l’aperçoit en de nobles attitudes, pour que crépuscule le voit bas en coteaux ! C’est ici l’annonce de l’alliance d’un prélude, faite par le Divin, oui, au début, très tôt !
    -- Ô Bruche, ma rivière tendrement aimée, parée de tes verdures l’été et l’hiver de tes blancheurs, on doit t’honorer aux régions lointaines, t’accueillir partout et non pas seulement aux lieux où, surgissant de ta cavité, on entrevoit l’élément cristallin de ton front, ou bien là où tu louvoie à travers les glèbes et les pâtures en ondes calmes et sinueuses, jusqu’à l’Ill où s’ouvre le confluent.
    -- Si quelques phrasés de notoriété soutiennent ton humble essor, si quelqu’un daigne perdre ses loisirs à lire cette prose, tu raviras les lèvres des êtres, et tu vivras dans mes ritournelles applaudies. Tu ne seras oubliée des fontaines et des sources vives, connue des cieux azuréens, des sylves qui font l’orgueil du Mont Vosgien qui aura des hommages, ainsi que toute la plaine alsacienne que tu partages, pour donner aussi un nom à tes rives. Et moi, je te recommanderai aux flots bleus des étangs, aux grandes rivières mugissantes et aux fleuves pour que tous t’accueillent en leur sein !
    -- Un pan de vérité s’écrit et la lumière luit, les pages une à une se tournent au gré du bruissement du vent, le souffle parvient de ces masses du monde, vagues si agitées qu’elles meurent furibondes… Bien vite une autre suit, alors jaillit l’éclat, scandale des nations qui spolie le substrat. Alors passe le temps, époque d’un nouvel âge, mais se synchronise le langage et la rage. C’est ici qu’est perçue du terroir le courroux, la glèbe erre sans but marchant peu ou prou. Au passage discernant la rumeur pernicieuse, des alliances sourdent, or brille l’insidieuse !
    -- Ainsi au jour le jour se joue les essentiels, fragilité d’instant et regards vers les ciels, il marque l’apogée d’un règne de misère, où l’espoir est banni aux abords de notre ère ! Puisque le clair-obscur atteint notre univers, il est grand temps d’avoir pour guide la lumière ! Jadis les vents soufflaient la nue vers les barrières, emportant avec eux les déchets de la mer… Il faut découvrir à défaut de comprendre, ce qu’est la direction, ce chemin escarpé…
    -- Les délais de la fin nous sont bien assignés, aussi, éclairons-nous, il va falloir s’y rendre ! Les marches de l'oubli arrivent jusqu’à nous, serpentantes à la fin, pour faire disparaître, les preuves des méfaits perpétrés et à naître ! Ce jour verra trahir car il y a les loups…A rêver nos désirs et vivre de nos songes, comme des expédients, poudre jetée aux yeux…
    -- L’adoration est à Molek, ce faux dieu, alors l’après, vous mine, et corrode, vous ronge ! Parfois, oui, tout donner n'est premier à combler, il suffit à son cœur de battre la mesure, apprise sur les bancs d’une volonté pure…Lors se laisser guider au tempo cadencé ! Que l’aquilon nous mène où les autres vents soufflent, là où les alizés bruissent dans les grands airs. Où le silence est sceau, allégorie d’un laird…
    -- Pour n’être qu’apaisé d’efforts qui vous essoufflent ! Sans drame, sans larme, voir que rien n’est perdu, nous gardons la force à méditer au reste, ce plus beau à venir n’est pas relief de peste, il y a à gagner de redonner le dû ! Ce jour est l’horizon, cet espace d’espérance… Vu qu’il est des douleurs ne pleurant qu’au-dedans, il nous faut fuir l’exil et publier les bans, et garder comme schéma les jours de délivrance !
    -- Voici que le temps passe comme l'onde du ru, voulant faire l'impasse dans l'espace d'instants, sur les heures vaillantes, elle s'infiltre dans les fentes, et court les jours de l'an ! Si bien que sont bien brèves, l’attentions à mes chers… Ô, rage ! Ô, désespoir ! Que n’ai-je su comprendre, ce qui pressait d’apprendre les signes de cet espoir ? Voici que j’en appelle à la rose des vents, pour savoir l’existant, car je m’en fais querelle !
    -- A l’aube du matin, en cette fraîcheur neuve, là où naît au lointain, cette glorieuse preuve, l’avant-garde du jour ! Au sein d’ondes et marée, là où les flots velours, croissent dans la durée. Là, sur ces océans, les mouettes s’abandonnent, elles rient des instants, qui chevauchent et moutonnent, l’éther et les récifs !
    -- A l'orée de l’exode, en ce choix électif flottent de nobles odes… Dans une aimable nuit, en limites de plaine, se récoltent les fruits de l’infinie arène… Ici coule nectar, la précieuse ambroisie, boisson réalgar, offrant durable vie !
    Entends-moi, toi, ma rivière, toi qui cours vers la mer, couché sur tes bords verts, tes eaux fraîches, j’ai bu ! Quand l’été, lui, moissonne, pour le rapport de l’an. Tu frémis sous le vent, avant que le ciel tonne…

    plumedefou


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commentaires ( 2 ) (Ajouter un commentaire)
aurorefloreale le mercredi 31 mai 2017, à 20:53
Je reste sans voix devant cette prose sublime décrivant ave l'amour d'un connaisseur la nature, comme je l'appelle notre temple à tous qu'il nous faut protéger pour ne pas arriver à son extinction complète, simple et pourtant divine elle pourrait bien sauver bien des hommes l'homme de la morosité .
Il me faudra plusieurs lectures pour ne rien perdre de ses beautés exaltées ici par un cœur fiévreux qui l'admire constamment comme je ne cesse de le faire, je tremble souvent pour cet être fragile qui donne tant de bonheur à qui sait l'admirer! La première partie ou vous conter la nature et ses multiples beautés est ma préférée, sans parler de vos connaissances, de botaniste certaines.
Je me réjouis de lire ce poème étant fort attachée à cette région que j'ai souvent visitée l'été aux multiples fleurs comme l'hiver avec ses pentes argentées de neige , merci du si précieux et inspirant partage!
Amicalement, aurorefloreale

Marcel, alias plumedefou le jeudi 01 juin 2017, à 13:44
Réponse à aurorefloréale,

"... sans parler de vos connaissances, de botaniste certaines... "
Loin de moi d'être cela, il y a internet à ce sujet... Mais tout de même, j'ai suffisamment de souvenirs pour me remémorer l'observation de cette nature qui m'a si souvent enchantée et encore aujourd'hui je ne m'en lasse point !
Quand à ma fragilité, oui, elle existe, mais c'est elle qui fait ma force.
La vie m'a souvent donnée de la " vache enragée " comme quotidien !
Je suis bien content de pouvoir partager mon ressentit avec quelqu’un comme vous, je vous vois bien au milieu de mon petit monde !

en toute amitié, plumedefou

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