|
Juste un court préambule, un avertissement
Pour mes amis chasseurs d'orthographes espiègles
J'écrirai "de Henri" car personnellement
Je préfère un hiatus, quand douteuse est la règle
Voilà notre héros qui naît en Seine-et-Marne
Dans le palais royal qu'édifia son aïeul
Dans toute la splendeur que les Valois incarnent
Et que les Médicis respiraient à eux seuls
Il est l'enfant troisième, après François et Charles
Destiné à régir Angers, ou Angoulême
Mais de la France hélas, aucun d'iceux n'en parle
Tant ils sont beaux et forts et le père, jeune, même
Il grandit entouré de ses deux précepteurs
Sur les bords de la Loire entouré d'écureuils
Jusques à ses huit ans où soudain son père meurt
Des suites d'un tournoi où il perdit un œil
Lors, le prince François devient le roi de France.
Charles est le Dauphin et Henri, duc d'Elbeuf
Mais au bout d'une année, dans d'atroces souffrances
Le nouveau roi trépasse et Charles devient "neuf"
Le pays est en guerre en ce siècle seizième.
Protestants et Cathos s'entretuent nuit et jour
Henri a dix-huit ans et si combattre, il n'aime
Il s'illustre à Jarnac ainsi qu'à Moncontour
À vingt-deux ans, par je ne sais quel subterfuge
Roi de Pologne, Henri, lors se fait couronner
Il y serait resté jusqu'après le déluge
Si Charles son aîné n'avait pas succombé
Il quitte Cracovie sans tambour, ni trompette
Et quelques jours après, à Reims, se fait sacrer
Entouré de "Mignons", il fait bien trop poète
Aussi on le marie dans le cours de l'année
Or il n'a pas d'enfants de Louise de Lorraine.
Même pas une fille, pas même un seul bâtard
Après lui attention s'interrompra la chaîne
Les Valois-Angoulême évacueront l'Histoire
Mais l'heure pour l'instant n'est pas aux fariboles
Le pays est en proie à la guerre civile
Les Français regroupés derrière leurs idoles
Piétinent la campagne et incendient les villes
Héritier présomptif, Henri III de Navarre
N'est autre que le chef du parti huguenot
Aussi, un autre Henri, à régner, se prépare
Le duc Henri de Guise aiguise son couteau
Dès lors éclate la guerre des Trois-Henri
Une lutte à la mort pour prendre le pouvoir
Au Louvre est le premier, le deuxième, à Paris
Le troisième attendant sagement en Navarre
Henri III, le premier, perd la première manche
À Chartres, puis à Blois, il doit se réfugier
Invitant le deuxième à sceller sa revanche
Sur les bords de la Loire, il le fait massacrer
Ce qui n'est pas du goût d'un certain frère Jacques
Frère Jacques Clément, le sonneur des matines
Qui digue dingue dong, aux alentours de Pâques
Au château de Saint-Cloud, Henri III, assassine
Les Guise sont vengés et la deuxième manche
Par la Ligue est gagnée, mais le troisième en rit
À gorge déployée de ses belles dents blanches
Car le loup de Navarre est entré dans Paris
Si vous avez aimé la vie de ce grand homme
Et que vous vous sentez rester sur votre faim
Tournez les pages car, quelque part, dans ce tome
Le troisième Henri sous ma plume revient
|