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Henri III revisité (1551-1589)

le mardi 06 juin 2017, à 08:03. Posté par Michel Ernest


    Juste un court préambule, un avertissement
    Pour mes amis chasseurs d'orthographes espiègles
    J'écrirai "de Henri" car personnellement
    Je préfère un hiatus, quand douteuse est la règle

    Voilà notre héros qui naît en Seine-et-Marne
    Dans le palais royal qu'édifia son aïeul
    Dans toute la splendeur que les Valois incarnent
    Et que les Médicis respiraient à eux seuls

    Il est l'enfant troisième, après François et Charles
    Destiné à régir Angers, ou Angoulême
    Mais de la France hélas, aucun d'iceux n'en parle
    Tant ils sont beaux et forts et le père, jeune, même

    Il grandit entouré de ses deux précepteurs
    Sur les bords de la Loire entouré d'écureuils
    Jusques à ses huit ans où soudain son père meurt
    Des suites d'un tournoi où il perdit un œil

    Lors, le prince François devient le roi de France.
    Charles est le Dauphin et Henri, duc d'Elbeuf
    Mais au bout d'une année, dans d'atroces souffrances
    Le nouveau roi trépasse et Charles devient "neuf"

    Le pays est en guerre en ce siècle seizième.
    Protestants et Cathos s'entretuent nuit et jour
    Henri a dix-huit ans et si combattre, il n'aime
    Il s'illustre à Jarnac ainsi qu'à Moncontour

    À vingt-deux ans, par je ne sais quel subterfuge
    Roi de Pologne, Henri, lors se fait couronner
    Il y serait resté jusqu'après le déluge
    Si Charles son aîné n'avait pas succombé

    Il quitte Cracovie sans tambour, ni trompette
    Et quelques jours après, à Reims, se fait sacrer
    Entouré de "Mignons", il fait bien trop poète
    Aussi on le marie dans le cours de l'année

    Or il n'a pas d'enfants de Louise de Lorraine.
    Même pas une fille, pas même un seul bâtard
    Après lui attention s'interrompra la chaîne
    Les Valois-Angoulême évacueront l'Histoire

    Mais l'heure pour l'instant n'est pas aux fariboles
    Le pays est en proie à la guerre civile
    Les Français regroupés derrière leurs idoles
    Piétinent la campagne et incendient les villes

    Héritier présomptif, Henri III de Navarre
    N'est autre que le chef du parti huguenot
    Aussi, un autre Henri, à régner, se prépare
    Le duc Henri de Guise aiguise son couteau

    Dès lors éclate la guerre des Trois-Henri
    Une lutte à la mort pour prendre le pouvoir
    Au Louvre est le premier, le deuxième, à Paris
    Le troisième attendant sagement en Navarre

    Henri III, le premier, perd la première manche
    À Chartres, puis à Blois, il doit se réfugier
    Invitant le deuxième à sceller sa revanche
    Sur les bords de la Loire, il le fait massacrer

    Ce qui n'est pas du goût d'un certain frère Jacques
    Frère Jacques Clément, le sonneur des matines
    Qui digue dingue dong, aux alentours de Pâques
    Au château de Saint-Cloud, Henri III, assassine

    Les Guise sont vengés et la deuxième manche
    Par la Ligue est gagnée, mais le troisième en rit
    À gorge déployée de ses belles dents blanches
    Car le loup de Navarre est entré dans Paris

    Si vous avez aimé la vie de ce grand homme
    Et que vous vous sentez rester sur votre faim
    Tournez les pages car, quelque part, dans ce tome
    Le troisième Henri sous ma plume revient

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