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Été, tragédie de l'azur sans fin. Tendue et invincible, la lumière emprisonnait la terre exhalant à se fendre un incendie d'insectes ; herbe exsangue et rompue, arbres décharnés que déformait l‘arthrose, tous brûlaient, lacérés par les cris, figés dans leur douleur comme la grimace d’un mort.
Accablante lumière criblée de becs d'oiseaux ! Même les dieux se courbaient à son omnipotence crevant tout mystère, l'indigence à nu, chassés de leurs arcanes sous les risées des Hommes.
Au delà de la roche que le ciel sertissait, sous la chape blanchie du soleil traquant l'ombre acculée en son moindre refuge, scellant l'air sur le rivage, les bouches d'un fleuve bavaient une foule grasse dans le désordre affamé du béton. Et cette foule gluante se répandait partout, s'accaparait le sable jusqu'à l'haleine même de la mer asphyxiée.
Tragédie de l’azur sans fin ; quand les pays de pluie rêvaient en sang de l'immuable bleu, moi je brûlais de le fuir et, meurtri par les morsures de sape du prédateur patient et implacable habitant ses eaux lourdes, je peignais mon paradis à la couleur de leur enfer.
Patrice
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