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Pourquoi donc de ce roi, à l'école ne fus-je
Intéressé que par ces célèbres amours
Pourquoi dit-il un jour : "Après moi, le déluge"
En parlant de Louis XVI à dame Pompadour ?
Aujourd'hui je sais tout sur ce roi des Lumières
Car bien documenté je vous livre sa vie
Que j'ai saupoudré de mes rimes coutumières
Pour mieux gouter aux mœurs de l'aristocratie
Arrière-petit-fils de Louis le quatorzième
Il ne connut ce roi que cinq années au plus
Il a le souvenir d'un vieux Mathusalem
L'intronisant dauphin dans un triste rictus
Le neveu du monarque exerce la régence
Pendant plus de dix ans, avec l'abbé Dubois
Mais devant leur paresse et leur incompétence
Le jeune Louis à Reims bien vite est sacré roi
Lors, le duc de Bourbon devient Premier ministre
Le roi bien entendu qui n'a que quatorze ans
Accepte que ses pairs, le pays, administrent
Et que son mar-i-age ait l'heur de ses parents
Il épouse Marie, fille de Stanislas
Ancien roi de Pologne, exilé en Lorraine
La fille a vingt-trois ans, elle a beaucoup de grâce
Mais le roi à quinze ans, quelque part, ça le gêne
Un matin Louis se fâche en voyant les Français
S'appauvrir lentement et congédie le Duc
Qui dans son cabinet, dormait et se fichait
Du pays comme de sa première perruque
Le Duc est remplacé par un vieux cardinal
Ce n'est pas Richelieu, ce n'est pas Mazarin
Ce n'est pas le Messie, quoique tant bien que mal
Il remet le pays sur le royal chemin
Le cardinal Fleury est l'ancien aumônier
De feu le Roi-Soleil et de Marie Thérèse
La France, de l’Église, étant la fille aînée
Alors pour gouverner un prêtre est plus à l'aise
Quand meurt le Cardinal la France est au pinacle
Louis a trente-trois ans, âge prédestiné
Et le peuple de France heureux de ce miracle
Surnomme son altesse : "Louis le bien-aimé"
Mais le roi peu à peu sombre dans l'indolence
Les ministres sans lui gouvernent sans passion
Et bientôt des clans se disputent l'influence
Tel Machault d'Arnouville et le sieur d'Argenson
Or s'il est un ministre, officieux, à la Cour
Qui fait du bon travail auprès du souverain
C'est bien Jeanne Antoinette, alias la Pompadour
Qui s'est hissé en haut par le bas de ses reins
C'est elle qui conseille et qui parfois décide
Qui fait, comme l'on dit, la pluie et le beau temps
Ce qui laisse le roi sur son trône impavide
La noblesse est furieuse et le clergé pestant
Car Louis de son côté, ce qui le préoccupe
C'est de jouer au soldat, à la guerre, aux échecs
Il gagne à Fontenoy, mais par un jeu de dupes
Il redonne au vaincu le fruit de ses conquêtes
En quelques mois Louis XV est si impopulaire.
Qu'un fou nommé Damiens tente de le tuer
Choiseul, ministre des Affaires étrangères
Devient Premier ministre auprès du roi hué
La guerre de plus belle enflamme le pays
Après les Autrichiens, ce sont d'autres soldats
Qui livrent la bataille au cœur des colonies
Où la France leur rend l'Inde et le Canada
Choiseul de son côté annexe la Lorraine
Et achète la Corse aux Génois fort distraits
Sans se douter que dans quelques courtes semaines
Y naîtra le futur empereur des Français
Bientôt sa majesté discrédite Choiseul
Pour son intelligence avec les magistrats
Il ne veut plus d'adjoint qui veut gouverner seul
Et confie le pouvoir à un triumvirat
Louis XV a soixante ans et son dernier amour
Dernière favorite est madame Bécu
Comtesse du Barry qui arriva le jour
Où Marie Leszczynska pour toujours disparut
L'impopulaire roi ce soir-là est malade
Il est courbaturé et a des haut-le-cœur
Son corps est boutonneux, son pouls bat la chamade
"Le roi a la variole" assure les docteurs
Quelques heures après le souverain succombe
On l'emporte de nuit vers les tombeaux des rois
Et tandis que les Grands sanglotent sur sa tombe
Le peuple de Paris danse et chante de joie
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