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Louis XV revisité (1710-1774)

le vendredi 09 juin 2017, à 19:04. Posté par Michel Ernest


    Pourquoi donc de ce roi, à l'école ne fus-je
    Intéressé que par ces célèbres amours
    Pourquoi dit-il un jour : "Après moi, le déluge"
    En parlant de Louis XVI à dame Pompadour ?

    Aujourd'hui je sais tout sur ce roi des Lumières
    Car bien documenté je vous livre sa vie
    Que j'ai saupoudré de mes rimes coutumières
    Pour mieux gouter aux mœurs de l'aristocratie

    Arrière-petit-fils de Louis le quatorzième
    Il ne connut ce roi que cinq années au plus
    Il a le souvenir d'un vieux Mathusalem
    L'intronisant dauphin dans un triste rictus

    Le neveu du monarque exerce la régence
    Pendant plus de dix ans, avec l'abbé Dubois
    Mais devant leur paresse et leur incompétence
    Le jeune Louis à Reims bien vite est sacré roi

    Lors, le duc de Bourbon devient Premier ministre
    Le roi bien entendu qui n'a que quatorze ans
    Accepte que ses pairs, le pays, administrent
    Et que son mar-i-age ait l'heur de ses parents

    Il épouse Marie, fille de Stanislas
    Ancien roi de Pologne, exilé en Lorraine
    La fille a vingt-trois ans, elle a beaucoup de grâce
    Mais le roi à quinze ans, quelque part, ça le gêne

    Un matin Louis se fâche en voyant les Français
    S'appauvrir lentement et congédie le Duc
    Qui dans son cabinet, dormait et se fichait
    Du pays comme de sa première perruque

    Le Duc est remplacé par un vieux cardinal
    Ce n'est pas Richelieu, ce n'est pas Mazarin
    Ce n'est pas le Messie, quoique tant bien que mal
    Il remet le pays sur le royal chemin

    Le cardinal Fleury est l'ancien aumônier
    De feu le Roi-Soleil et de Marie Thérèse
    La France, de l’Église, étant la fille aînée
    Alors pour gouverner un prêtre est plus à l'aise

    Quand meurt le Cardinal la France est au pinacle
    Louis a trente-trois ans, âge prédestiné
    Et le peuple de France heureux de ce miracle
    Surnomme son altesse : "Louis le bien-aimé"

    Mais le roi peu à peu sombre dans l'indolence
    Les ministres sans lui gouvernent sans passion
    Et bientôt des clans se disputent l'influence
    Tel Machault d'Arnouville et le sieur d'Argenson

    Or s'il est un ministre, officieux, à la Cour
    Qui fait du bon travail auprès du souverain
    C'est bien Jeanne Antoinette, alias la Pompadour
    Qui s'est hissé en haut par le bas de ses reins

    C'est elle qui conseille et qui parfois décide
    Qui fait, comme l'on dit, la pluie et le beau temps
    Ce qui laisse le roi sur son trône impavide
    La noblesse est furieuse et le clergé pestant

    Car Louis de son côté, ce qui le préoccupe
    C'est de jouer au soldat, à la guerre, aux échecs
    Il gagne à Fontenoy, mais par un jeu de dupes
    Il redonne au vaincu le fruit de ses conquêtes

    En quelques mois Louis XV est si impopulaire.
    Qu'un fou nommé Damiens tente de le tuer
    Choiseul, ministre des Affaires étrangères
    Devient Premier ministre auprès du roi hué

    La guerre de plus belle enflamme le pays
    Après les Autrichiens, ce sont d'autres soldats
    Qui livrent la bataille au cœur des colonies
    Où la France leur rend l'Inde et le Canada

    Choiseul de son côté annexe la Lorraine
    Et achète la Corse aux Génois fort distraits
    Sans se douter que dans quelques courtes semaines
    Y naîtra le futur empereur des Français

    Bientôt sa majesté discrédite Choiseul
    Pour son intelligence avec les magistrats
    Il ne veut plus d'adjoint qui veut gouverner seul
    Et confie le pouvoir à un triumvirat

    Louis XV a soixante ans et son dernier amour
    Dernière favorite est madame Bécu
    Comtesse du Barry qui arriva le jour
    Où Marie Leszczynska pour toujours disparut

    L'impopulaire roi ce soir-là est malade
    Il est courbaturé et a des haut-le-cœur
    Son corps est boutonneux, son pouls bat la chamade
    "Le roi a la variole" assure les docteurs

    Quelques heures après le souverain succombe
    On l'emporte de nuit vers les tombeaux des rois
    Et tandis que les Grands sanglotent sur sa tombe
    Le peuple de Paris danse et chante de joie

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