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Napoléon 1er revisité (1769-1821)

le mercredi 14 juin 2017, à 15:43. Posté par Michel Ernest


    À quelques années près, plutôt quelques semaines
    Napoléon 1er put être semble-t-il
    Un citoyen de la république de Gènes
    Si les Français n'avaient pas envahi son île

    Éventuellement par quelque coup de force
    Eut-il pris le pouvoir, et sur la citadelle
    D'Ajaccio se fut-il fait sacrer roi de Corse
    Et conquit-il le monde avec quelques rebelles

    Mais de son vrai destin mon poème s'écarte
    L'Histoire aura choisi qu'il en fut autrement
    Voici la vie du fils de Charles Bonaparte
    Et de Ramolino Letizia, sa maman

    Napoléon en mil sept cent soixante-neuf
    Émerge au garde-à-vous du ventre de sa mère
    Et sous la protection du comte de Marbeuf
    Il entre dès dix ans à l'école de guerre

    Officier à seize ans, il réside à Marseille
    Avec sa pauvre mère et ses sœurs sans argent
    Sous la Révolution il combat à merveille
    Si bien qu'il est promu général sur le champ

    Peu de temps après il épouse Joséphine
    Veuve de monsieur le comte de Beauharnais
    Puis part livrer une campagne transalpine
    Où d'Arcole à Mantoue s'enchainent les succès

    Le Directoire inquiet devant ce phénomène
    L'expédie en Égypte à bord d'une armada
    Qui à peine amarrée sur la côte égyptienne
    Est pulvérisée par Nelson et ses soldats

    Bonaparte coincé au pied des Pyramides
    N'a plus qu'un seul recours, retourner au pays
    Gouverné par des sieurs vaniteux et stupides
    Que quelques mois plus tard le Corse congédie

    Bonaparte à présent est le Premier consul
    Il laisse à ses amis les clés de la nation
    Et retourne à l'assaut de la bleue péninsule
    S'offrir à Marengo une consécration

    La paix signée, il œuvre à redresser la France
    Il met enfin un terme aux conflits intérieurs
    Pacifie la Vendée, assainit les finances
    Crée le code civil et la Légion d'honneur

    Nommé consul à vie, Napoléon échappe
    À quelques attentats de quelques Vendéens
    Mais nullement inquiet il convoque le pape
    Et se fait couronner empereur par ses soins

    En l'an mil huit cinq la guerre s'éparpille
    Il gagne à Austerlitz, il perd à Trafalgar
    Sur les trônes d'Europe il place sa famille
    Et deux années plus tard pactise avec le tsar

    Mais dès mil huit cent huit surviennent les revers
    L'Espagne se rebiffe et lutte vaillamment
    Repousse l'empereur jusques à la frontière
    Faisant quatre cent mil victimes en cinq ans

    Puis afin d'apaiser la colère autrichienne
    Il divorce et bientôt le voilà qui courtise
    L'archiduchesse de Habsbourg et de Lorraine
    Fille de l'empereur, la belle Marie Louise

    Dès qu'il a obtenu l'héritier de ses rêves
    Dès qu'il a assuré sa male dynastie
    Il repart guerroyer jusqu'à rompre la trêve
    Qu'il fit avec le tsar, empereur de Russie

    À la tête de près cinq cent mille soldats
    La Grande-Armée prend la direction du Niémen
    Elle entre dans Vilnius sans livrer de combat
    Puis sur la Moskova les canons se déchaînent

    Pour la énième fois l'armée russe recule
    L'empereur prend Moscou à la fin de l'été
    Quand un jour sans soleil monte une canicule
    Les Russes avaient mis le feu à leur cité

    Au bout d'un mois d'attente à espérer la paix
    Ne voyant rien venir et le froid s'installant
    Un beau matin d'octobre, en un brouillard épais
    L'armée quitte Moscou pour un ciel plus clément

    Harcelée, affamée, en un triste cortège
    S'étirant dans le froid, l'armée française va
    Presque en totalité s'engloutir dans les neiges
    Ou périr dans les eaux de la Bérézina

    À son retour en France avec joie on l'accueille
    Il se remet très vite et au printemps suivant
    À Lutzen et Bautzen, il gagne en un clin-d'œil
    Mais soudain à Leipzig pour lui tourne le vent

    Napoléon vaincu repasse la frontière
    Pressé par les alliés de quatre ou cinq pays
    De bataille en bataille il fait machine arrière
    Jusqu'à être acculé aux abords de Paris

    Déchu par le Sénat, Napoléon abdique
    Et sur l'île d'Elbe on l'expédie exercer
    Son titre d'empereur sur les braves moustiques
    Et que le monde entier en soit débarrassé

    Au bout de quelques mois le Corse est de retour
    Sans résistance aucune, il quitte Golfe-Juan
    Et regagne Paris en moins de trente jours
    Qu'a déserté le roi et son gouvernement

    De nouveau au pouvoir il reprend l'offensive
    Il part pour la Belgique avec ses vieux grognards
    Il gagne une bataille hélas peu décisive
    Car c'est à Waterloo qu'il perd tous ses espoirs

    Vaincu par Wellington, le Corse rentre en France
    Il abdique en faveur de Napoléon II
    Ce qui n'est pas du gout des forces en présence
    Qui ramènent le roi Louis XVIII avec eux

    Les Anglais cette fois exilent Bonaparte
    Sur une île perdue au cœur de l'océan
    Une île que la brume a rayé de la carte
    Gardée par les récifs et de grands requins blancs

    Là-bas Napoléon rédige ses mémoires
    Sous le regard narquois du gouverneur anglais
    Et au bout de cinq ans de solitude noire
    Rend son dernier soupir aux premiers jours de mai

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