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Le PARADIS S'APPELLE REEL ET IL ADVIENT DES QU'ON L'ETREINT
Le hic, car il y a un hic, mon garçon, et je dirais même un sacré hic, c'est que le paradis ne saurait être artificiel. Le paradis, les paradis, comme on voudra, sont par essence réels. Le paradis, c'est le réel embrassé, le réel serré dans tes bras, étreint de tout ton cœur plutôt que repoussé en tordant le nez au nom de je ne sais quel imaginaire à la gomme qui soi-disant serait mieux. Crois-moi, il n'y a rien de plus jouissif, de plus rassasiant, de plus nettement comblant que le réel, juste le réel. Ça, là, ce que tu vois, ce que tu sens, ce que tu captes. Cette pauvre gamine épuisée qui vient nous proposer un refill de café, cette table un rien graisseuse, cette lumière un peu glauque qui donne à ce bouis-bouis l'ambiance d'un astronef largué par des savants malades dans l'espace intersidéral avec des cobayes à son bord, nous autres pauvres égarés, ce morceau de rue qu'on aperçoit par la vitre, avec le trottoir sale, les péquins qui se traînent, et ce jour naissant qui ici, dans ce quartier, dans cette ville, a déjà l'air crevé, cette matinée qui n'en peut déjà plus. Le réel, voilà le paradis. Mais étreint, j'insiste, embrassé, avalé tout cru sans faire la grimace. …C’est un foutu secret, mais c'est pourtant simple….Il n'y a pas, il ne saurait y avoir de paradis artificiel. L'artificiel, c'est toujours l'enfer. Le paradis s'appelle réel et il advient dès qu'on l'étreint.
Hank
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