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Louis XVIII n'était pas un souverain très svelte
Il a même fini sa vie dans un fauteuil
C'est le seul chef d'état avec Franklin Roosevelt
Qui nous l'auront caché par pudeur ou orgueil
Louis est un gros bébé qui s'éveille à Versailles
Un an après son frère aussi Louis prénommé
Il ne sera pas roi alors vaille que vaille
Son grand-père Louis XV en fait son bien-aimé
Sa jeunesse est tranquille et son adolescence
Se termine à quinze ans en nobles épousailles
Et sous le nom gracieux de comte de Provence
Il épouse une Sarde au château de Versailles
Car Victor Amédée le bon roi de Sardaigne
N'a que sa Joséphine en seul précieux bijou
Et sur l'avis de Louis XV encore qui règne
Il confie sa fille aux bons soins de son chouchou
Le frère aîné de Louis, sous le nom de Louis XVI
Est sacré souverain quand meurt le grand-papa
Et comme dans un jeu de musicales chaises
Notre gros Louis devient "Monsieur, frère du roi"
Il a quelque vingt ans, pour lui la vie est belle
Il est très apprécié et voyage beaucoup
Jusqu'au jour où furieux les Français se rebellent
Et las de son aîné l'attrapent par le cou
Déguisé et muni de papiers falsifiés
Il traverse le Nord et parvient à Bruxelles
Là-bas il constitue une imposante armée
Afin de délivrer sa chère parentèle
La victoire à Valmy de la troupe française
L'arrête dans son plan de retour au pays
Quand vient le vingt-trois de janvier quatre-vingt treize
On lui dit que son frère est mort pour la patrie
A partir de ce jour il s'institue régent
Du jeune Louis XVII à la prison du Temple
Mais deux années plus tard, à la mort de l'enfant
Il prend le nom de Louis XVIII pour l'exemple
Après le coup d'état du dix-huit de brumaire
Napoléon et Louis sont en conciliabule
Malheureusement des royalistes primaires
Font sauter une bombe à côté du Consul
À partir de ce jour les deux célèbres hommes
Vont se haïr l'un l'autre à la vie à la mort
Le Corse traitera le roi de "gros bonhomme"
Et Louis d'un empereur "à la tête de Maure"
Napoléon 1er au fil de ses batailles
Oblige l'exilé à changer de régions
Et de ne pouvoir pas retourner au bercail
Il demande l'asile à la perfide Albion
En l'an mil huit cent-dix le roi perd son épouse
Mil huit cent onze naît un fils à l'empereur
Et quand survient l'hiver de l'an mil huit cent douze
À Moscou les grognards s'enfoncent dans l'horreur
En mil huit cent quatorze enfin le Corse abdique
Se dit le Capétien qui débarque à Calais
Je vais pouvoir poser mes fesses monarchiques
Sur le trône bien las d'avoir vu cul si laid
Mais la Restauration très peu de temps s'impose
Car l'ancien empereur a quitté sa prison
Cent jours la monarchie sera remise en cause
Par la pugnacité du grand Napoléon
Lorsqu'en mil huit cent quinze une sale défaite
Que l'empereur subit au soir de Waterloo
C'est presque une victoire à Gand que le roi fête
Sachant que l'autre part vivre sur son ilot
Pour la seconde fois le roi accède au trône
Et sans faire de bruit mène une vie de cour
Sans être dépensier ni sans faire l'aumône
Il se fait accepter malgré les désamours
Vers l'an mil huit cent vingt l'Espagne se rebiffe
Et veut faire elle aussi une révolution
On presse Louis XVIII pour qu'il sorte les griffes
Et vienne en aide au roi Ferdinand de Bourbon
Le roi de France envoie des troupes militaires
Mate la rébellion et sauve son parent
Lors le ministre des Affaires étrangères
Le grand Chateaubriand part du gouvernement
Le roi qui du diabète et de la goutte souffre
Disant qu'un empereur ne meurt pas dans sa chambre
Sent son corps et son âme approcher près du gouffre
L'an mil huit cent vingt-quatre, expire mi-septembre
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