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Ô ! Mon Berger, je suis la brebis égarée,
Je n'entends plus ta voix, ni l'air de ton flûteau.
Où est mon parc, par quel chemin m'en retourner ?
Que vais-je devenir, où sont tes pastoureaux ?
A l'horizon il n'y a rien, nul ne bouge,
Le crépuscule descend sur soleil rouge...
Il faisait bon en compagnie de mes frères,
L'herbe y était bonne et tendre au pacage.
Certes oui, mais la présence des cerbères
N'encourageait pas à rester dans l'alpage.
Allons donc un peu plus loin, débordons encor,
Cela est grisant et ne peu me faire de tort.
« Je te narrerais le récit d'une chèvre... »
- Laisse cela ce n'est qu'une fable -
« Pourtant à ce qu'on m'a dit du bout des lèvres... »
- Eh, moraliste, tu m'es insupportable ! -
Si douce est cette brise; ... mais quel est ce son ?
L'on dirait du hautbois, non, plutôt du basson !
De ce pas je vais voir ce qu'il en retourne...
En mon sein c'est le tumulte, la chamade.
Après il sera temps que j'ajourne ;
Me priver ? ... Je dirai : « C'est une toquade ! »
Ah, ce plaisir, vraiment ! Et je suis toujours là...
« Mais qu'as-tu fais ? » - Ô, pas de quoi faire tout un plat ! -
Petit à petit l'on marche dans la sente,
Une touffe d'herbe par-ci, l'autre par-là,
L'horizon change, et pourtant l'on se vente
De pouvoir retourner au nid sans éclat...
Mais que se passe-t-il ? Il fait plus sombre,
Les valons me couvrent déjà de leurs ombres...
Où suis-je, est-ce par ici ou bien par-là ?
Non point, mais, pourtant j'en étais sûr et certain !
Peut-être en cet endroit, encor l'erreur voilà...
Que sera l'avenir, Dieu, que sera demain ?
« Tu dis : '' Ah, si j'avais su ! '', mais il est trop tard... »
Dans mon aparté j'ai dis : '' J’ôterai le dard ! ''
J'ai péché, oui certes, mais non renié ma foi,
Dieu miséricordieux, fait entendre ta voix !
plumedefou
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