|
Métamorphose
Assis sur mon nénuphar, j’attendais ma belle
Dédaignant de répondre aux rainettes en appel
Je voulais assurément ce qu’il y avait de plus beau
Tout en ignorant la couleur verte de ma peau
Déployant mon chant comme ténor
Je me sentais prince de l’intérieur
Bien des princesses passaient indifférentes
Pas très attirées par mon apparence sautillante
Je résistais à ces mépris désobligeants
Parfois le cœur serré de voir mon charme inopérant
Un jour une fée voyant mon grand chagrin
De sa baguette me changea en prince Aladin
Toutes les princesses me voulaient à leurs bras
Hélas, aucune ne s’intéressaient à mon tracas
Leurs beautés n’avaient d’égale que leurs vanités
Ma recherche d’amour partit vite en fumée
Je retournais au beau milieu de ma mare en nageant
Bien conscient de la joie d’être redevenu comme avant
Et une nuit sous une lune qui luit à l’ancienne
Je fut conquis par le charme d’une jolie batracienne
A toute évidence une leçon fut retenue
A trop chercher l’amour d’une espèce inconnue
A croire que l’on est plus beau que ceux qui nous ressemblent
On oublie que c’est l’amour qui sans doute nous rassemble
|