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Ah ! Napoléon III le dernier de la liste
Des souverains français qui ont tous abdiqué
Je plains de tout mon cœur mes amis royalistes
Car le retour d'un roi n'est plus près d'arriver
Mais remontons le temps jusqu'en mil huit cent-huit
Année où l'empereur Napoléon 1er
Sur les champs de bataille en pleine réussite
Installe sa famille à tous les postes-clés
C'est ainsi que le fils de l'ex-roi de Hollande
Louis-Napoléon nait en avril à Paris
Puis passe sa jeunesse au fond du Switzerland
Avec sa mère séparée de son mari
Après avoir fait ses études à Coblence
Il s'engage à l'armée de son pays d'accueil
Quand la Révolution chasse le roi de France
Et le fait prétendant pour le royal fauteuil
Voulant réitérer la marche triomphante
Que son oncle entreprit au moment des Cent-jours
Avec ses partisans Louis-Napoléon tente
De mobiliser la garnison de Strasbourg
Hélas l'opération est un cuisant échec
Il est discrètement exilé aux U.S.
A la mort de sa mère il est là aux obsèques
Dans le château de Suisse haut-lieu de sa jeunesse
Puis fort d'un héritage à Londres il s'installe
Et prépare en secret un second coup d'état
Qui ne débouche que sur un nouveau scandale
Qui faire rire la presse et la France aux éclats
Abandonné de tous, on le juge à Paris
Où les jurés furieux très vite le condamnent
A la plus lourde peine, à la prison à vie
Il est incarcéré au sombre fort de Ham
Au bout de six années, le prisonnier s'échappe
De son triste château vêtu en ouvrier
Et pour ne pas que la police le rattrape
Dans en endroit secret il se fait oublier
Or il n'a pas longtemps à attendre son heure
Louis-Philippe 1er alors roi des Français
Vient d'être renversé et le peuple vainqueur
Fait du prince en cavale un de ses députés
Mais ne se contentant d'être élu à la chambre
A la fonction suprême il se fait prétendant
Et quelques mois plus tard c'est à dire en décembre
De cette république il devient président
Puis se sentant aidé des classes populaires
Il dissout l'assemblée et censure la presse
Faisant mettre en prison de nombreux adversaires
Le grand Victor Hugo s'exile de justesse
Quarante-huit ans après son oncle jour pour jour
Le président devient le nouvel empereur
L'année suivante une courte histoire d'amour
L'unit à Eugénie élève au Sacré-Cœur
Peu à peu l'empereur desserre son étreinte
L'économie repart, le rail se développe
Haussmann creuse Paris et rase ses enceintes
Faisant de cette ville une étoile en Europe
Mais c'est plus fort que lui la guerre est dans ses veines
En Crimée au Mexique aussi en Italie
Il engage l'armée et décroche avec peine
L'annexion de Nice et de la Savoie ravies
A soixante cinq ans l'empereur perd ses forces
Ce qui n'échappe pas au chancelier prussien
Lequel par haine de la famille du Corse
En une guerre éclair vient briser son destin
Vaincu Napoléon est mis en citadelle
Dans une indifférence à peu près générale
Est proclamée une république nouvelle
Tandis que la famine hante la capitale
L'ex-empereur n'est plus que l'ombre de lui-même
Aussi on le libère au bout de quelque mois
Il s'exile outre-Manche et à la mi-carême
La cloche de Big-Ben annonce son trépas
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