|

Les ombres se profilent en ces dernières heures,
Nues en ciel de pétales du soleil couchant.
Les vieux logis aux poutres torturées se meurent,
Laissant apparaître le poids blanchi des ans.
Du village ancestral aux longs murs décrépis
Montent et fusent les tables de la loi lyrique,
Une belle aventure aux envolées poétiques.
Invitant par leur fanfare, la gent assoupie,
Qui s’éveille aux accents triomphant sur la nuit,
Ils entonnent alors en cœur les vieilles villanelles.
La troupe itinérante arpente les ruelles,
Pour propager ça et là le minimum de bruit…
Parcourant le vieux bourg embaumant la glycine,
La colonne homérique serpente et s’étire
Vers l’estaminet pour y boire la muscadine.
Joyeux drilles et danseurs font entendre leurs rires,
Les cuivres reposent sur les tables de fonte,
Képis et calots traînent tous privé de tête.
L’aubergiste, aisément de sa cave remonte
Quelques bouteilles vermillonnent pour la fête.
L’accordéon d’un air léger enfle ses côtes
Puis les notes s’envolent de plus en plus hautes.
Les femmes girondes, sur leur tête un madras,
L’air inspiré, conversent sur tout et sur rien
En croisant, sur leur tablier fleuri, les bras.
Quelques mamans, toutes heureuses de leurs grands biens,
Ne tarissent d’éloges sur leurs marmousets.
Amitié aisée, félicité du jour,
Louanges affectueuses et de sincères agrès
Telles sont ces nourrisses en cette vaste cours.
Le génie a passé dans la cité gothique,
En ces vieilles sentes, du vieux village orthique.
plumedefou
|