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"Araignée, araignée, curieux nom pour un pape"
Comme écrivait Prévert dans "Musique", je crois
Mais à nous historiens dont rien à l'œil n'échappe
Nous savons ce surnom attribué à un roi
Il s'agit de Louis XI un roi peu populaire
Boudé par le public sauf par les Bourguignons
Qui se souviennent de Charles Le Téméraire
Prisonnier de sa toile ainsi qu'un moucheron
Petit-Louis vient au monde en fin de Moyen-âge
Très exactement en mil quatre cent vingt-trois
La guerre de Cent-ans sur la France fait rage
Et le père de Louis, de Bourges, n'est que roi
Vers l'âge de six ans quand dame Jeanne d'Arc
Libère le pays, son père enfin se bouge
Mais quand à son procès s'éclipse le monarque
Pour la première fois Louis se fâche tout rouge
A treize ans le dauphin épouse en sa Touraine
Marguerite d'Écosse encore jeune enfant
Il a pour sa conjointe un tel degré de haine
Qu'elle va en mourir à l'âge de vingt ans
Louis, contre ses parents, est toujours en querelle
Et harcèle le roi aidé de quelques nobles
Charles VII sur l'avis de dame Agnès Sorel
Chasse alors le Dauphin dans l'état de Grenoble
Alors, Louis négocie en secret son mariage
Avec la fille de Louis 1er de Savoie
Qu'il épouse à Genève, or son plus beau couplage
Est l'alliance du Duc pour combattre le roi
Charles VII expédie une armée toute entière
Qui boute le Dauphin de son beau Dauphiné
Et c'est chez l'autre duc, rival héréditaire
En Bourgogne, que Louis trouve à se réfugier
Lorsque Charles VII meurt, Louis a trente-huit ans
A Saint-Denis ont lieu de grandes funérailles
Mais l'ire est si ténue et le courroux si grand
Qu'en son fief de Brabant le fiston fait ripaille
Louis est le roi de France et Louis XI il se nomme
Il est fin diplomate, il ruse tout le temps.
Mais il n'a pas d'enfant, tout du moins pas un homme
Pour du trône hériter ce que lorgne un parent
Lors, pour calmer l'ardeur de ce cousin trop proche
Il lui donne sa fille à partager sa vie
Mais la jeune princesse étant tellement moche
Le roi se dit qu'ils ne feront pas de petits
Le souverain s'installe aux alentours de Tours
Sans cour ni courtisan, sans prince ni marquis
D'habiles conseillers le souverain s'entoure
Qu'il paye largement et durement châtie
Le plus rude adversaire à qui il ait affaire
N'est pas le roi d'Espagne ou Philippe Le Bon
Mais un drôle d'oiseau aux très coupantes serres
Et à la fine plume, oyez François Villon
Pendant que le roi Louis chasse ses opposants
Pour les mettre aux arrêts dans une cage en fer
La Bourgogne couronne un duc entreprenant
Qui rêve d'annexer la Lorraine à ses terres
Charles Le Téméraire est le nom de ce prince
Il invite le roi à venir en personne
Négocier au sujet de la belle province
Dans son nid d'aigle sis en son fief de Péronne
Mais pendant ce temps-là des émeutes à Liège
Fomentées par le roi pour d'obscurs intérêts
Agace le duc qui sentant venir le piège
Emprisonne son hôte et le met au secret
Le roi craint pour sa vie et l'angoisse le gagne
Il doit pour se sauver faire des concessions
Il obtient le pardon en cédant la Champagne
Et doit avec le duc mater la rébellion
A peine libre Louis reconstitue ses forces
Et ses engagements lors deviennent caducs
Reprenant la Champagne il sonne le divorce
Et une lutte à mort s'engage avec le duc
Hélas le Bourguignon allié à l'Angleterre
Ne savait pas qu'Édouard s'était fait acheter
A coup de lingots d'or par le Français pervers
Et que dans son pays il s'était retourné
Charles Le Téméraire a perdu la partie
A Grandson, à Morat, il se fait laminer
Puis c'est la vie qu'il perd aux portes de Nancy
Tandis que son armée se fait exterminer
Le roi de France, alors, dans l'enthousiasme mène
Une folle razzia dans le nord du pays
S'empare sans combat de l'Anjou et du Maine
Quand un besoin de paix lentement l'envahit
Il se retire enfin sur les bords de la Loire
La maladie le gagne et sa vie est perdue
À cinquante-neuf ans c'est déjà un vieillard
À soixante ans poussière il est redevenu
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