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Charles VII est un roi qu'on connaît sans connaître
C'est un roi du temps de la guerre de Cent-ans
Que Jeanne d'Arc a su aisément reconnaître
Quand il s'était caché parmi ses courtisans
Quant à moi, rédacteur, je fais cette remarque
J'aime bien ce roi-là car il me fait rimer
"Jeanne d'Arc" avec le doux vocable "monarque"
Mais je vous promets de ne pas en abuser
Isabeau de Bavière et le roi Charles VI
Ont un garçon qui naît en mil quatre cent-trois
C'est leur cinquième enfant, mais déjà deux des fils
Par la mort, emportés, ne seront jamais roi
Sa jeunesse troublée par de bien tristes jours
Le meurtre de son oncle et la mort de son frère
Puis le cuisant revers subit à Azincourt
Ont fait du jeune prince un être atrabilaire
À quinze ans il devient l'héritier officiel
Car un nouvel aîné meurt accidentellement
Mais c'était sans compter sur le destin cruel
Qu'avaient organisé ses cyniques parents
Charles VI, mais surtout l'ignoble Bavaroise
Ont marchandé la France en un traité bien laid
Et sacrifiant son fils, Isabeau la sournoise
Unit sa benjamine au fils du roi anglais
Charles ne l'entend pas du tout de cette oreille
Il part se réfugier là-bas dans le Berry
Fort opportunément la providence veille
Car ses père et beau-frère soudain perdent la vie
Il est le nouveau roi du moins le prétend-il
Ce qui n'est pas du goût de l'occupant anglais
Qui vient le menacer jusqu'aux murs de sa ville
Où seuls quelques soldats protègent son palais
Seul un geste du ciel peut aider le monarque
Et là je fais appel à ma rime chérie
Au nom du souverain envoyez Jeanne d'Arc
Qu'elle sauve ma strophe et aussi le pays
La Pucelle en effet réveille son bon prince
Puis délivre Orléans, Beaugency et Jargeau
Elle l'emmène se faire sacrer à Reims
C'est le schéma contraire aux contes de Perrault
Maintenant le dauphin s'appelle Charles VII
Son royaume est étroit mais cela lui suffit
Les Anglais ont brûlé la petite Jeannette
Et occupent toujours la moitié du pays
C'est alors que le roi signe la paix d'Arras
Qui clôture la guerre avec les Bourguignons
C'est un vrai cauchemar pour les Anglais, hélas
Car il prédit de fait la fin de l'invasion
Il faut quinze ans de lutte aux troupes du roi Charles
Pour chasser du royaume l'éternel ennemi
Et dans son entourage, en aparté on parle
De réhabiliter l'enfant de Domrémy
La Normandie respire ainsi que l'Aquitaine
Le royaume retrouve une ère de bonheur
Le roi triomphateur qui a la cinquantaine
A du fil à retordre avec son successeur
Son successeur c'est Louis, le turbulent dauphin
Dont la vie est contée quelque part dans ce livre
Pour ce faire voyez dans l'index à la fin
Car là c'est la vie de son père que je livre
Par peur qu'un de ces jours son fiston l'empoisonne
Le pauvre souverain ne se nourrissait pas
Lors, petit-à-petit les forces l'abandonnent
Et le moindre aliment lui brûle l'estomac
Le roi Charles VII meurt à soixante ans à peine
Sans aller jusqu'à dire qu'il est mort de faim
Je peux vous assurer d'une façon certaine
Qu'il est bel et bien mort à cause du Dauphin
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