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L’Agonie du Cèdre Gouraud(*)

le jeudi 13 juillet 2017, à 00:12. Posté par Omar


    Ô ! voyageur venant visiter la cédraie,
    Tu chercheras cet arbre-emblème tant aimé,
    Vieux de huit cents ans, de Gouraud ainsi nommé ;
    Il fut majestueux, ce roi de la futaie.

    Le chemin sinueux, l’ombre de la chênaie
    Feront rêver ce visiteur mal informé
    Du tronc autour duquel un chablis s’est formé,
    Et des tristes magots que le passant effraie.

    Généreux par son ombrage qu’il a offert
    Le Grand Cèdre, effeuillé, desséché, a souffert
    Du chaud, du sec, du froid, des passages sans trêve.

    Comme à Jean, Victor Hugo faisait deviser :
    « Un cèdre n’est pas fait pour croître comme un rêve ;
    Ce que l’heure a construit, l’instant peut le briser. »(**)

    Juillet 2017

    (*) : À l’occasion du passage de l’armée française par la cédraie du Moyen Atlas (Azrou, Maroc), le général Gouraud (colonel à l’époque) découvrit un énorme cèdre qu’on baptisa par la suite « Cèdre Gouraud ». (1911-1914 ?)
    (**) : In : Le Cèdre, La Légende des siècles. Victor HUGO
    Je me suis permis de conclure ce poème avec les deux derniers vers empruntés au Grand Victor Hugo. Je ne sais point si j'en ai le droit. Mais ce n'est nullement avec l'intention de plagiat.

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commentaires ( 8 ) (Ajouter un commentaire)
Micheline 1940 le jeudi 13 juillet 2017, à 04:10
Une belle histoire que celle de votre cèdre, cher Poète, mais se peut-il aussi qu'il soit en si mauvaise posture ? Je me souviens avoir vu dans la forêt de chênes-liège, des bergers faire du feu pour chauffer leur eau de thé, et pourtant nous n'avons jamais entendu parler de feux de forêt, au Maroc, malgré la chaleur de certaines années, comme nous en avons en métropole. mais il est vrai qu'en France, les feux sont criminels...Ah! que l'homme est cruel et méchant ! Votre Poème est poignant, superbe de douleur !
Soyez rassuré pour les deux vers empruntés à Victor Hugo. Il n'est pas interdit de s'approprier des vers d'auteurs, du moment qu'en exergue vous le signaliez, ce que vous fîtes !
Bien amicalement,
Micheline.

Philip (Jardin de Lune) le jeudi 13 juillet 2017, à 12:51
Salam, Omar.
Je viens découvrir ton nouveau poème qui allie la découverte "botanique et historique" et aussi, ton intérêt pour la belle littérature.
Le cèdre est un arbre majestueux.
Dans les espaces botaniques parisiens, il y a quelques magnifiques cèdres.
Mais leur place n'est pas ici.
Ah tu nous fais connaître ici, avec des mots très poétiquement choisi, ce cèdre-Gouraud majestueux.
L'on sent que l'ingénieur agronome que tu fus est sensible aux fruits de la nature.
Citer le grand Victor Hugo à dessein, n'est nullement un plagiat (surtout s'il est cité comme tel) et souligne au passage non seulement ta culture mais ton attachement à ces grands génies littéraires.
Un bel écrit que tu nous faits partager, Omar. A très bientôt avec toutes mes sincères amitiés. Philip
(ww.mespoemes.net/philipchevalier)

domidom le vendredi 14 juillet 2017, à 15:30
Bonjour Omar, tu nous parles du cèdre avec beau coup de tristesse, à travers tes mots on ressent sa souffrance, les intempéries sont affligeantes pour la nature, cette dernière est comme l'humain, elle se décatie en vieillissant...
Belle lecture, Domie

Omar le samedi 15 juillet 2017, à 10:55
Pour Micheline:
Bonjour Micheline.
Ne vous étonnez pas; mais ce grand cèdre est bel et bien mort; il ne reste plus que son squelette pointant sa cime vers le ciel comme en appeler à la miséricorde de Dieu. Une grande surface tout autour de l'arbre à été goudronnée empêchant ainsi l'infiltration de l'eau et l'aération du sol pour les racines et se sont installés de petits kiosques de vendeurs de souvenirs aux touristes, les campeurs ont énormément dégradé l'espace environnant par les déchets qu'ils abandonne derrière eux. C'est un site qui a compté pour nous enfants de la région et nous regrettons beaucoup toute cette dégradation. J'ai posté une photo pour illustrer le poème; mais je constate qu'elle n'a pas été publiée.
Merci pour votre lecture, Micheline
Bien amicalement Omar

Omar le samedi 15 juillet 2017, à 11:07
Pour Philip:
Azul, Bonjour et Salam à toi Philip
Tu me combles avec tes commentaires aussi beaux que pertinents. Je ne suis pas poètes , j'essaie tout juste d'exprimer mon ressenti à travers quelques vers.
Néanmoins toutes les appréciations que je reçois des lecteurs sur ce beau sites m'honorent et surtout m'encouragent. C'est pour cela que vous avez tous ma gratitude.
Un bien merci à toi Philip et avec toutes mes amitiés je te souhaite un bon weekend.
Omar.

Omar le samedi 15 juillet 2017, à 11:16
Pour Domidom
Bonjour à toi Domie
Très heureux de te lire à nouveau et d'apprécier ton point de vue. Je suis si fier de constater toute cette sensibilité aux souffrances de tout ce qui est vivant. Merci à toi Poète
Amitiés.

guillaume le samedi 15 juillet 2017, à 11:57
Omar, votre poème est émouvant, le cèdre qui souffre de la noirceur du temps , tel un despote qui n'hésite pas à lui soumettre son imperméabilité immuable, si bien que cet arbre majestueux , prodigieux qui effleure l'empyrée, finit par s'effeuiller, et ressent la tristesse comme un humain voué à sa déchéance, et qui finit par expirer dans la solitude, enfin c'est mon ressenti, merci pour ce beau partage, amitiés Omar. http://www mes poèmes.net/funky571/

Omar le samedi 15 juillet 2017, à 14:02
Pour Guillaume:
Bonjour à vous Guillaume
Oui, en effet le dernier vers , emprunté à Victor Hugo l'exprime si bien. Les plus majestueux, les plus colossaux, les plus despotes ne résistent au Temps. Ne persisteront probablement que les feux éternels...
Merci, encore une fois, Guillaume pour votre belle lecture de ce texte et permettez - moi de vous en être reconnaissant.
Avec toutes mes amitiés et bien à vous Guillaume.

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