L'Amère et le Doux

 

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Mon école publique communale en Alsace :

le lundi 17 juillet 2017, à 16:08. Posté par Marcel


    Dans les années 1945 à 1960 :

    Cette école ne ressemblait pas à l’école que l’école d’aujourd’hui. Les enfants allaient à l’école de 4ans à 13ans et passaient à la fin l’examen pour obtenir le Certificat d’études primaire (C.E.P.). Les enfants passaient à l’école six heures par jour. Les classes commençaient à 8h, la recréation de 10 minutes avait lieu à 10 heures. À 11 heures : retour à la maison pour le repas de midi.
    Reprise des classes à 13 heures 30. Nouvelle récréation à 15 heures de 10 minutes, fin des classes à 16 heures. Retour à la maison à pied vers 17 heures. Les jours de repos pour les enfants ont également changé. Avant les enfants n’allaient pas à l’école le jeudi, le samedi après midi et le dimanche.

    Les enseignants à l’école étaient aussi beaucoup plus stricts :
    À cette époque l'école fonctionnait très différemment. Il y avait surtout de la discipline et les enfants respectaient leurs enseignants ! Les maîtres il fallait les vouvoyer. Avant d’entrer en classe, tous les enfants devaient se mettre en rang deux par deux, l’enseignant vérifiait ensuite la propreté de chaque élève.
    Chaque élève rejoignait la place désignée en début d’année et attendait que l’enseignant récite la prière (généralement le Notre Père !). L’invocation et les demandes finies, les enfants devaient rester debout tant que leur professeur ne leur disait pas de s’asseoir.
    Tenue vestimentaire et coiffure :
    Les filles avaient des blouses à carreaux, une jupe, des chaussettes en laine, et leur coiffure était pour la plus part d’entre-elles des tresses. Les garçons avaient des blouses grises ou noires, des chaussettes de laine. Certains élèves allaient à l'école en galoches de cuir, aux semelles en bois avec des clous et des fers aux talons. Pour les plus fortuné des souliers. La coiffure des garçons était la raie sur le côté ou les cheveux en arrière ou coiffé à la brosse ! La plupart mettaient un béret sur la tête et pour l’hiver un passe-montagne. Il n’y avait pas de transports scolaires. On était obligé d'aller à pied même si c'était à dix km ou plus. Pour ma part cela environnait quatre à cinq km ! En saison d’hiver il tombait parfois jusqu’à un mètre d’épaisseur de neige !
    Les filles et les garçons étaient séparés ! La mixité dans les écoles publiques ou privées s'est généralisée en France dans les années 1960. Il existait deux bâtiments, l'un pour les filles, l'autre pour les garçons. Les filles étaient enseignées par des religieuses(Alsace oblige), les garçons par des instituteurs ou institutrices. Il existait également une école maternelle qui, elle était mixte, mais non obligatoire !

    Leçon de la morale et de l’Éducation civique :
    Cet enseignement était pétri de gloriole saupoudrée de pétinisme et de patriotisme ! Nous commencions chaque journée d’école par une leçon de morale. Celle-ci servait à enseigner aux enfants des règles de bon comportement. Chaque matin une phrase était écrite sur le tableau, puis recopiée par les enfants et expliquée par l’instituteur ou l’institutrice…

    Voici par exemple ce que les enfants apprenaient :
    « Je prendrai grand soin de mes affaires »
    « J’écouterai toujours le maître »
    « Je serai un élève attentif »
    Cela apprenait aux enfants les bonnes pratiques à adopter envers leurs parents et les gens de rencontre comme des voisins, des étrangers de passage, le maître d’école et aussi leurs camarades. Cette leçon permettait également d’enseigner les règles de politesse, d’obéissance et comment devenir un écolier travailleur et attentif. La leçon de morale était complétée par l’Éducation civique, qui apprenait comment devenir un bon citoyen. Voilà quelques maximes que l’on a pu voire écrites sur le tableau :
    « Plus fait douceur que la violence »
    « Personne ne croit plus le menteur, même quand il dit la vérité »
    «Afin de devenir un homme honnête et un bon citoyen, observe les conseils de la morale.»

    Des punitions et des récompenses :
    A aucun moment les élèves n'avaient le droit de parler sans avoir auparavant levé le doigt et avoir l'autorisation de l'instituteur. Les punitions : c'était le coin (il arrivait parfois d'y rester plus d'une demi-heure), l'instituteur tapait sur le bout des doigts avec sa règle et pouvait aussi donner des pages entières d'écritures. Pour tout mauvais comportement le maître donnait des punitions très variées aux élèves : il pouvait envoyer un enfant «au coin », ce qui voulait dire que l’écolier allait rester dans le coin de la salle, le dos tourné vers ses camarades, parfois pendant une demi-heure !
    L’enseignant donnait aussi des lignes de texte à recopier. Il pouvait mettre un bonnet d’âne sur la tête d’un enfant qui avait fait une bêtise, ou même taper avec une règle sur les doigts ! Puis aussi des lignes à copier, le bonnet d'âne ! Il y avait aussi : faire tout le tour de la cour de récréation. Ceux qui faisaient tout le tour de la récréation recevaient des coups de pieds dans l’arrière train ou une claque sur la joue par le maître s'ils parlaient. Cela allait aussi à tirer sur les cheveux de la tempe en montant vers le haut, voir tirer tout court sur les cheveux du crâne !
    Il existait aussi des récompenses pour les enfants qui se comportaient bien, avec respect envers leur instituteur et qui apprenaient bien leurs leçons. Les récompenses étaient des bons points qui donnaient lieu au bout de quatre, d’un échange contre une grande image.

    L’enseignement du Maître d’école ou de l’Institutrice :
    Cela concernait : la leçon de morale, le français, la dictée, la conjugaison, la rédaction et l'analyse, le calcul mental, de la géométrie, de l'arithmétique, la musique, la récitation, l'histoire, la géographie, les sciences et l'instruction civique, mais aussi les travaux pratiques ! Quelque chose de particulier existait en Alsace comme d’ailleurs en Lorraine : les cours d’Histoire Sainte enseignement exercé non par un religieux mais par l’enseignant laïque. Et le catéchisme se faisait par le prêtre ou curé à l’école même pour une heure d’enseignement, ceux qui étaient d’obédience protestante quittaient l’école et rejoignaient le domicile !
    Cette heure était consacrée entre dix heures et onze heures !

    Les jours de repos :
    Les jours de repos étaient le jeudi, le samedi après midi et le dimanche et il y avait 3 mois de vacances. Du 1er juillet au 1er octobre. Puis à certaines fêtes religieuses comme : Pâques, la Toussaint, Noël et Nouvel-an.

    Quelles sont les règles de vie de l'époque ?
    Il faut montrer ses mains et ses oreilles avant d'entrer dans la classe. Le tablier était obligatoire. Il fallait être propre et poli. Il faut dire bonjour Monsieur l'instituteur ou Madame l’institutrice et au revoir Monsieur l'instituteur ou Madame l'institutrice. Un enseignant venant d'une autre classe, tous les élèves se levaient et restaient debout si l'ordre de s'assoire n'était pas donné !

    Petite parenthèse concernant la politesse :
    Les enfants dans le cartier de leur domicile, voyant une personne âgée au loin, environ cinq cent mètres, cessaient leurs jeux, et ceux qui étaient assis se levaient, tous ôtaient leur béret.
    Ils attendaient que la personne âgée soit à leur hauteur pour saluer respectueusement. Puis ils attendaient patiemment l'éloignement de cette personne pour se recoiffer du béret et reprendre leurs jeux ! Un voisin vous surprenait à commettre un forfait ou de faire quelques bêtises, il pouvait se permettre de vous reprendre, voir d’en une juste mesure vous corriger physiquement puis il allait le rapporter à la famille qui se chargeait d’en rajouter encore !

    La classe :
    La classe était meublée de plusieurs bureaux à deux places en rangées de huit personnes où étaient posés dessus deux encriers. Contre le mur se trouvait un tableau noir et des cartes de la France. Cependant d’autres illustrations ornaient les murs comme : des planches de botanique ou bien des sciences humaines. Ou encore des xylographies (gravures) de Montagnes ou bien de quartier ancien, voir d’hommes illustres !
    Les élèves étaient partagés en deux catégories exemple : C.E.1 et C.E.2 ou C.M.1 et C.M.2 etc. Les maîtres s'occupaient d'abord des plus grands, ils leur donnaient leur emploi du temps puis aux moyens et ensuite aux petits. Nous écrivions avec des porte-plume. Nos bureaux étaient faits entièrement de bois Sur leur bureau, il y avait un range plume. Il y avait aussi un encrier, un casier. Les élèves avaient un plumier en bois où ils y rangeaient : le porte-plume, un crayon de papier, une gomme, une craie et deux plumes sergent majore ! Les cahiers se composaient : d'un cahier de brouillon, un cahier du jour, un cahier pour les devoirs et un cahier mensuel. Ils y avaient même un classement tous les mois sur un livret.

    A la récréation les jeux étaient presque toujours saisonnier, il y avait :
    La corde à sauter, la marelle, la balle, la ronde (pour les filles) Le chat, la chandelle, les avions en papier, les billes(pour les garçons). Nous n'avions pas droit au football mais nous dérogions souvent à cette règle (si le ballon cassait une vitre, les parents étaient avertis. Tous les élèves devaient leur quote-part, et bien entendu les parents mettaient la main à la poche !) Certains entraînaient d'autres dans des aventures imaginaires : de héros de petits magazines... L’hiver se montrait généreux pour les batailles de boules de neige et la confection du traditionnel bonhomme de neige !

    Préparé pour la vie active :
    Bien qu’on vienne à l’école depuis toujours pour apprendre à lire, écrie et compter, le but de la scolarité primaire n’est plus du tout le même.
    Jusqu’aux années 1955, l’école primaire prépare, en sept ans, au : C.E.P.(certificat d’études primaires). Avec cet examen en poche, le jeune qui sort de l’école entre rapidement dans la vie active, généralement on lui offre une bicyclette pour y aller encore plus vite. Avec un bagage intellectuel nécessaire et suffisant pour faire face à quasiment toutes les situations de sa future vie de paysan ou d’artisan, ou bien encore d’ouvrier !

    douceplume


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commentaires ( 2 ) (Ajouter un commentaire)
rivaudais le lundi 17 juillet 2017, à 23:57
J'ai connu çà. Pas longtemps (je suis entré en 6ème et j'avais sauté des classes) mais c'est tout à fait çà. Amitié d'un ancien "élève primaire"

paula le mardi 18 juillet 2017, à 10:51
A part quelques règles, (prière par ex..), tout y est ; c'était strict et sévère parfois mais les instituteurs intégraient la politesse et la morale, ce qui manque beaucoup aujourd'hui .. il faudrait presque que les parents viennent dans le fond de la classe pour y faire régner l'ordre..amitiés

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