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Les pins au loin, dont je vois la cime, dansent comme à la fête.
Les futs des arbres proches semblent parfaitement immobiles,
Etrangement sereins, imperturbables, dans la tempête.
Et pourtant, en y prêtant attention, un mouvement de balancelle
Les anime de droite à gauche et de gauche à droite.
Le trait de lumière, qui jaillit de la masse sombre de la forêt,
parait comme un rappel de la lumière du ciel.
Magie de l’éclair, rayon de soleil, vol de colombe,.. :
L’esprit est vif à lire un conte dans l’imagerie du monde.
Pourtant, ce n’est que le fruit de la maladie de quelques branches
qui perdent leur écorce et laissent voir à nu leur chair d’arbre souffrant.
J’aime à rester là le matin dans la salle à manger.
Dans la grâce du jour qui commence,
Ecouter le va-et-vient des moines.
Le silence rythmé par ces vagues d’hommes muets,
A peine brisé par quelque mots.
La vie manifestée dans le heurt d’un bol sur la table,
Le grincement d’une porte de placard ou juste le frisson d’une page d’un livre...
Comme les rouleaux de la mer, qui montent et se meurent sur le sable,
Rappellent l’immensité des océans,
Ces bruits racontent l’Humanité.
Rencontre de l’infiniment grand et de l’infiniment petit.
Qui dira la magie de la nourriture ?
Son pouvoir de résurrection de l’Homme vivant.
Son arrivée dans notre assiette, toujours miraculeuse.
Notre travail et nos efforts paraissent si dérisoires, insignifiants
Devant ces plats préparés par d’autres, tant d’autres…
Depuis le semeur jusqu’au serveur :
Une chaine humaine d’intelligence et de patience,
De labeur et de décideurs,
S’est mise ne place sans discontinuer
Pour que nous puissions satisfaire notre besoin de pain.
Exultation profonde, gratitude joyeuse, honneur insigne
De pouvoir être servi tel un roi pour lequel l’univers s’est mobilisé
Pour le nourrir et lui permettre pas seulement de vivre,
Mais aussi de connaitre la Joie et la Paix d’être rassasié.
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