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Le Fruit défendu.

le lundi 24 juillet 2017, à 21:33. Posté par Avenance


    Le Fruit défendu.


    …..Territoires oniriques de l'Imagination, Miroirs, Ruissellements, Jaillissements, Visions d'Extase par-delà la Surréalité, par-delà le Sacré, Nimbe béatifique, Bleuité olympienne des Îles de l'Amour, Fleurs immenses de Sang et de Jouvence et Fontaines sublimes d'éternelle Jeunesse, vertes Praieries d'Adolescences bucoliques, Rivières adamantines où nagent les Sirènes, Anges souples et luisants et les Ephèbes nus dans le Délire d'Eros. Plénitude absolue, absolue Jouissance, Splendeur du Désirable, Ivresse, Volupté, Plaisir et Transe à l'Extrême des Corps qu'insuffle Dionysos de son Rire puissant et svelte, la Tête renversée d'une superbe Convulsion !
    Terre sans Mal, Terre d'Immortalité, Grâce et Suavité des jeunes Corps cambrés, offerts pour les Jeux divins et sans fin de l'Amour, Délices, Ravissement, Dissolution suprême de Soi, d'Autrui dans la Frénésie orgiastique des Sexes, Chavirement et les Yeux retournés d'Ivresse et Dilection profondes, tendre Contemplation des Visages et des Mains en longs Regards opalins et d'Aurore. Fête éternelle de l'Intelligence sensible et des Reconnaissances, Anamnèse infinie de tous Commencements et de l'Ordre immuable des Mondes, l'Imposssible en Puissance et en Acte, Offrande d'Intemporalité, une Immersion céleste et utérine dans la Limpidité et la Blondeur des Eaux lustrales et charnelles de la Nuit lumineuse, naissante et naturante, en Amont de l'Amont, Connaissance du Sens.....
    J'imagine des Mondes idéaux où le Savoir ruisselle de Sources intarissables, à la Source des Sources où se délectent Hommes et Femmes immortels, des Chairs en Gloire d'Essence invulnérable et des Métamorphoses réversibles, Animaux innocents, Fauves sublimes et pacifiques, Arbres qui parlent, Plantes magiques, Métaux et Minéraux pourvus d'une Âme fluide et sensitive, j'imagine le Libre et le Chaos des Origines enfin désoccultés et le grand Pan menant cortège parmi les Ombres et les Reflets de la Nature, le Poème infini du Jour et de la Nuit enfin réconciliés. J'imagine retrouver sans Efforts, la Générosité des Espaces ouraniens et la Fascination des Profondeurs chthoniennes et des Abysses océaniques où se plonger et les Temps préhumains où vivre dans la Continuité dissolutive de tous les Eléments.....
    Territoires oniriques de l'Imagination, Territoires de Mirages, Visions hallucinées des Fonds fantasmatiques, Illusion de Puissance, d'Illimité, Ô Paradis toujours perdus ! La Démesure et la Sauvagerie nous hantent et le Besoin d'Amour que barre à jamais l'Interdit parcequ'il y a les Autres, parcequ'il y a la Mort. Au cœur le plus profond du Coeur, peut-être, rêvons-nous le Divin et la Bête, le Fond sans Fond, l'Informe hétérogène d'où provient toute Chose et à quoi tout retourne, l'Amont infigurable du Vital, dans la Voûte crânienne et la Grotte archaïque, l'Alliance innommable de la Maternité et de la Mort....
    Rien d'Etant ne donnera la Clef des Songes du Désir ni le Passage souterrain au Sanctuaire ultime, une impossible Plénitude, une impossible Jouissance en Pays de Réel mais seulement l'Approche et le Pressentiment d'une Présence aveugle et insondable qui nous englobe et nous emporte sans Raison et peut-être n'avons-nous pas même de Destin.....Seules les Oeuvres d'Art s'approchent de l'Oubli dans la Beauté profuse du Surabondant, offrent Consolation pour l'Angoisse et l'Abandon, contre l'Effroi de la Violence et l'Horreur de l'Excès, transfigurent l'infigurable Absence et le Chaos de l'Inconscient en Rythmes et en Formes, chantent dans la Parole le Dévoilement révélant de l'Occultation infinie et finie que nous sommes à Nous-mêmes......
    Connaissance interdite du Fond sans Fond de l'Être, Retrait, Réserve où s'arrêtent les Mots, où se brisent Vue et Raison, Délire et Imagination ! Fruit défendu à tout Désir, à toute Volonté ! Un Monde inexplicable nous entoure et nous situe sans Rémission au Bord du Gouffre de la Mort, Visage de Méduse, Chevelure de Serpents qui glacent le Regard.....La Vérité de l'Ouverture nous tient et nous libère, Témoins de la Surabondance et de la Pauvreté de l'Être, en son étrange Manifesteté couverte de Mystère ! Mémoire d'Immémorial, Arbre surmillénaire du Vivant-Mourant ! Ô le Fruit défendu !......


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commentaires ( 2 ) (Ajouter un commentaire)
Philip (JARDIN DE LUNE) le jeudi 27 juillet 2017, à 19:18
Bonjour Avenance.
Comme je te l'avais promis, en répondant à ton commentaire sur mon avant-dernier poème, je reviens sur ta page avec cet écrit.
Qui ou quoi transfigure ? L'interdit n'est sans doute que le miroir déformé ou inversé de notre Raison.
Il rampe, oh pas sournoisement, nous le laissons venir ! Où nous l'inventons de toute pièce. Mais pas trop près, pour ne point s'approcher imprudemment des rives de nos Styx !
Le fantasme de l'état brut de "fantaisie" s'alchimise à l'image de nos visions intime. Pour reconstruire au fond de nous un Big Band dont on ne connait même pas l'onde incroyable ou délicieuse.
Je cite très souvent le "Deviens ce que tu es" de Nietzsche. Fantasmas del Hazar ! Pour être et devenir il faut se transformer. Par la voix du rêve où du cauchemar. Alors, où est le fruit défendu. Et, est-il vraiment défendu ?
A bientôt, Avenance. Amitiés. Philip
(www.mespoemes.net/philipchevalier)

Avenance le vendredi 28 juillet 2017, à 10:05
Bonjour, Philip, merci pour ta lecture et ton commentaire: ce que j'appelle "le Fruit défendu" dans ce poème c'est tout simplement l'impossibilité d'atteindre l'Absolu, que ce soit le Jouissance absolue, la connaissance absolue, l'origine absolue......Ces interdits "ontologiques" et pas seulement sociaux ou moraux, signent notre Finitude fondamentale mais que les Oeuvres d'Art ont le pouvoir de dépasser symboliquement par la mise en Forme de l'Inconscient et l'Imagination. Cette Imagination est en quelque sorte le pressentiment et l'approche des Gouffres au bord desquels nous marchons avec toujours le risque d'y tomber c'est à dire dans la Folie et dans la Mort. C'est en ce sens que je parle du "Fruit défendu".
Merci encore et à bientôt. Amitiés. Avenance.

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