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Ce troisième fils de Philippe Le Bel
A trouvé le moyen d'être roi un beau jour
Car ses frères aînés avec leurs ribambelles
De filles et garçons ont péri tour à tour
À peine Charles né, son père qui bien l'aime
Lui offre la Bigorre alors chère à son cœur
Mais dès qu'il sait parler le petit phénomène
Réclame l'Angoumois plus rémunérateur
Tel ses frères et sœurs très jeune on le marie
À Blanche de Bourgogne une pauvre catin
Qui dans sa tour d'ivoire encornait son mari
Accompagnée par la femme à Louis Le Hutin
Quand s'éteignent son père et ses frères malades
Quand s'éteignent aussi ses nièces et neveux
Une flamme s'allume en sa conscience froide
Et une lueur d'espoir clignote dans ses yeux
En mil trois cent vingt-deux le prince a vingt-huit ans
Le temps de mettre son grand frère dans la tombe
Il se fait sacrer roi mais pour combien de temps ?
Car interminable est la royale hécatombe
Notre Charles conclut nouvelles épousailles
Avec la charmante Marie de Luxembourg
Et pour ne pas que son bel oiseau s'encanaille
Maintenant le roi vit près d'elle nuit et jour
Mais la reine Marie au fond de son carrosse
N'a pas vu le cheval qui vient de se cabrer
Et jette la Margot vers une mort atroce
Avec le pauvre enfant que son ventre portait
Toujours sans héritier Charles veut prendre femme
Une troisième fois pour sa lignée assoir
Car déjà les Anglais la couronne réclament
Du fait que sa sœurette a enfanté Édouard
Afin de mettre un terme à cette débandade
Le roi s'applique enfin et rend grosse sa mie
Mais pour d'autres raisons, il tombe fort malade
Et de mourir sans voir le fruit de son semis
Il convoque Philippe ami de la famille
Et dit si j'ai un fils tu seras le régent
Mais si l'enfant à naître est hélas une fille
C'est toi qui seras roi je t'en fais le serment
Le roi meurt à l'hiver de mil trois cent vingt-huit
La reine met au monde une fille au printemps
Philippe de Valois va régner tout de suite
Les Anglais dépités vont guerroyer cent ans
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