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Souvenirs d'un jour sans rêve (mot à maux)

le lundi 31 juillet 2017, à 06:51. Posté par Philip de Berg


La duplicité du Temps
Ou la complicité du vent,
Au dernier crépuscule,
S’effondre et se bouscule.

Devrais-je alors étreindre la trace
Sans éteindre la face
Aux reflets creux
De mes jours peureux ?

Quand ton fantôme écume mes souvenirs,
Sur ma paume se gravent les désirs
De jours de velours, toujours,
De routines en discours.

Est-ce encore le soir, quand meurent les étoiles,
Et que soudain se déchirent les voiles
Quand l’imprécise éternité
Dévore ma cécité ?

Et sous tes mots défigurés,
Voici l’idiot transfiguré
Qui perd enfin sa raison
De tant brûler en vain l’Oraison.

Tu savais endormir mes échos corrompus,
Projetant à l’envi tous ces cris trop connus,
Déposer sur mon cœur ton empreinte tactile.
Le roman de la vie est un chant si facile !
……………………………..

Vas-tu compter le Temps
Qui s’étreint sous le vent
Quand s’éteint le jour qui macule
A jamais mon chemin qui s’annule.

Et devrais-je dans ma nasse,
Compter encor les portes basses,
Les gibets paresseux
Des festins malheureux ?
……………………………..

Mais lentement je m’éveille
D’un rêve consumé
Sans histoire et sans fin.
« This is the End, my friend » *,
Voici venir la fin !

Où s’est perdu mon cœur, le sais-tu ?
« It’s gone away, in the invisible morning »
Il s’en est allé dans l’invisible matin.

Avec l’odeur des fleurs mortes.
Mot à maux.

* clin d'oeil à la chanson de Jim Morrison (Doors) : "The end".

Illustration musicale : The fairest of the seasons (Nico)
https://www.youtube.com/watch?v=D5JX4-zZbiY

Illustration : photo Philip (Crépuscule orageux - Miami 2015)

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commentaires ( 9 ) (Ajouter un commentaire)
Philip (Jardin de Lune) le lundi 31 juillet 2017, à 07:00
Juste un petit exercice de style, avec des assonances (vraies ou fausses) qui heurtent parfois volontairement (éTReindre la TRrace), des assonnances plus simples, répétées (...de jours de velours, toujours), un retour en boucle avec des variations vers la fin du poème...puis, peut-être une explication psychanalytique, car au premier abord, l'ami Nisti l'aura sans doute remarqué, s'il passe me lire : une trame un peu (en apparence) décousue. Il faut dire que c'est aussi un peu un tribut à l'écrivain déjanté William Burroughs et sa méthode d'écriture dite du "cut up" où l'on découpe l'idée écrite et on l'assemble (presque) au hasard dans un autre ordre. Belle semaine à vous touts et toutes. Amitiés. Philip

guillaume le lundi 31 juillet 2017, à 11:03
philip, j'adore tes vers, et ton style, et le début: la duplicité du temps, ou la complicité du vent, au dernier crépuscule, qui s'effondre et se bouscule,et les autres vers sont très interressants, parfumé d'ombres et de noirceurs, voilà mon ressenti, mais c'est très bien écrit comme d'habitude, merci pour ce partage, philip, amitiés sincères. http://www mes poèmes.net/funky571/

Isabelle le lundi 31 juillet 2017, à 11:21
Bonjour Philip,
Une inspiration émouvante en ce début de semaine, le poète est triste mais, tu nous rassures en disant que c’est un exercice de style!
Merci de ce beau partage réussit et merci de toutes tes explications qui nous incitent à relire ce poème avec plus d’attention! Bravo

Quelle magnifique photo, je suis sensible à ce ciel coloré de rouge feu et de nuages sombres sous le soleil lumière, une vraie toile!
Je n’ai pas résisté à écouter * The fairest of the seasons (Nico) et pour le plaisir Jim Morrison (Doors) The end * J’adore!

Belle journée à toi & Belle semaine
Amitiés
Isabelle:-)

rivaudais le lundi 31 juillet 2017, à 12:28
Et bien Philip, pour un exercice, c'est plutôt réussi.
Je ne sais si le roman de ta vie est un chant si facile
(Là je pense que je ne te suivrais pas dans cette affirmation mais tu dois le savoir mieux que moi) Ce qui apparaît -et est peut-être aussi incertain- c'est que tu sembles écrire avec une telle facilité que j'en reste éberlué. Quoiqu'il en soit, j'aime ce que tu écris, mon ami. Et sois remercié aussi pour tes remarquables photos et extraits musicaux. J'aimais beaucoup Jim Morrison, un authentique poète de la chanson. Dont la mort reflète hélas le décousu de la vie. Le tragique semble la marque de ces génies qui meurent-trop- jeunes. Je me rappelle avoir fait un long article sur JM à cette occasion dans une épisodique revue d'association (elle s'appelait Vent d'Ouest -ou Avel Gornog en breton-) en collaboration avec mon artiste de fille Gwen-Aëlle qui aimait également beaucoup JM Merci pour tes écrits. Merci pour çà aussi

domidom le lundi 31 juillet 2017, à 17:34
Coucou Philip...
On peut dire que dans ce poème tu t'es dépassé, voir surpassé, c'est vraiment du beau Philip, une chose est certaine, le mauvais temps n'influence pas ton imagination....
J'aime beaucoup, (duplicité du temps, complicité du vent), de vieux fantômes qui se déchirent, ou qui viennent troubler ta raison et font vaciller ton cœur..
Trop beau...
Je ne sais plus où tu es, ce que tu deviens, mais peu importe, c'est les vacances pour tout le monde...
Je t'embrasse et je vais aussi m'empresser de te relire...
Gros bisous à vous deux, Domie

mespoemes.net/bluegirl le mardi 01 août 2017, à 18:38

Le "Crépuscule orageux" est plus perceptible dans les vers que sur la photo (très jolie), avec les fantômes de ton cœur qui te laissent peu de répit et ne semblent pas t'épargner de leurs maux !
La lecture n'en est pas moins plaisante !!!
bises, Lola.




guillaume le mardi 01 août 2017, à 21:02
pour philip et rené, j'adore écouter jim morrison et son groupe les doors, une très belle musique, un chanteur et un groupe hors norme, jim morrison pourquoi es-tu mort si jeune, tu étais si beau et si jeune avec une voix extraordinaire comme ton groupe les doors, je vais souvent sur you tube, et j'écoute souvent les doors et jim morrison, voilà mon grand ressenti mon ami philip, amitiés philip. http://www mes poèmes.net/funky571/

Philip (Jardin de Lune) le mercredi 02 août 2017, à 07:52
Pour ISABELLE :
Merci d'avoir aimé ces vers, Isabelle.
Non, heureusement, le poète n'est pas triste !!!! Mon style, est en général tourné vers une coloration très spleen (mon admiration pour le trio Baudelaire, Verlaine, Rimbaud ?).
Et oui, ce fut un exercice de style.
Il fallait quelque explication, en effet, pour permettre une seconde lecture - a condition que le poème ait plu ! - pour voir le poème un peu différemment.
La photo ? J'ai forcé les couleurs avec Photoshop, mais ce rising sun nuageux sur la plage de Miami était quand même bien rougeoyant, et très beau. Il fallait faire la photo !!!! Amitiés et belle journée à toi, Isabelle. Philip

Pour DOMIE :
Coucou, Domie. "Dépassé et surpassé" ! Waou, tu crois vraiment ? D'autant que le style, par facilité et rapidité est libre, à part les rimes.
Mais oui, il y a quelque belles tournures que j'ai aimé à écrire.
J'ai - enfin -commenté mes poèmes de toi en retard (il en reste un je crois).
A part ça, je vais bien me trouver un instant pour te passer un petit coup de fil. J'espère que tu vas bien tout comme je vais bien. Merci d'être passée, Domie. Grrrros bisous à toi. Philip

Pour RENE (Rivaudais) :
Bonjour René. Eh ben dis donc, tu m'as fait un long commentaire.
"Ecrire avec facilité" ? Oui, je suis plus littéraire que matheux et mon métier m'a fait exigence d'écrire et si possible bien. Cela est une facilité. Mais dans la poésie (et la littérature) c'est quoi la facilité ? C'est la qualité, parfois l'Art de l'écriture qui compte. Disons que j'écris plus avec le sens qui m'est cher de cette fameuse "musique des mots" puisque je suis un peu musicien.
Merci pour tes intéressantes anecdotes sur ton "rapport" à Jim Morrison. Amitiés, René. Philip

Pour GUILLAUME :
- sur le poème : ombre et noirceur. Oui, mais je dirai "juste un peu", c'est le style qui veut ça, ah, ah ! Un poème juste un tout petit cauchemardeux, alors que le titre du poème annonce que c'est un jour....sans rêve !
Pour Jim Morrisson, oui, beaucoup seront unanimes pour souligner l'originalité de ce personnage qui a marqué une époque, marque encore les esprits aujourd'hui et parti si jeune en effet (comme pas mal d'autres hélas).
Belle journée et amitiés, Guillaume. Philip

Pour LOLA :
Bonjour Lola. Merci d'être passé me lire et d'avoir apprécié ce poème.
Oui, paradoxe de mots qui peuvent laisser une plaisante impression et un fond un peu sombre.
Bien sûr, dans le genre "spleeneux" j'ai peut-être chargé la barque, sans le vouloir. Peut-être qu'un psychanalyste me dirait "non, ces mots sont révélateurs".
Ah, il y a le mot "maux" dans le titre.
Ce n'est pas un poème sur des maux, pourtant.
Les fantômes que l'on a embarqué tout au long de nos vies et qui sont encore dans nos bagages, il faut les voir comme des compagnons de route. Surtout s'ils marquent la vie d'une empreinte supportable. Génèrent-ils des maux ? Ca, c'est à notre inconscient d'y répondre. Mais....laissons parfois notre inconscient de côté. Il est bien là où il est, lol !
Nous écrivons ? C'est l'instant poétique qui compte. Vive la poésie ! Bises, Lola.
Philip

debbie le jeudi 05 avril 2018, à 15:27
Bonjour Philip, je n'ai pas encore lue les commentaires je prends déjà le temps d'y déposer mon impression. Je suis surprise par cette poésie qui me semble bien différente. J' y ai sentie moins de musicalité. Comme un piano qui n'est pas accordé , étrange sensation de le lire. C'est la première fois que je ne retrouve pas ton style et à vrai dire je préfère le style que tu as l'habitude d'utiliser à celui ci.
Bel après midi Philip
Amitié
Debbie

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