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Les maux des mots
En nos jours anormaux,
Voilà ce qui explique
L'agression des répliques.
Qu'avons-nous fait de nos têtes blondes ?
Ici, là-bas, partout en ce monde,
La jeunesse se perd...
En leur bouche, aucun vers,
Ni même, oui, une prose ;
Pourtant si j'ose
Cette harangue,
C'est bien là notre langue,
Tenue, juste, flexible,
Mélodieuse, accessible...
Et point difficile à mastiquer,
Pourvu que l'on veuille pratiquer
Au palais cet idiome
Entendu au royaume,
Héritage précieux
De nos aïeux.
Que dire aussi,
Oui, de cette idiotie
Que l'on nomme «verlan» !
Aux odeurs de merlan...
Pourquoi donc entendre ces miasmes,
Ce jargon, horrible iconoclasme !
Transformant les esprits,
Agissant au mépris
Du bon sens des vertus
Et que l'on tue,
Que l'on immole,
A ces sales idoles
De l'autel du vulgaire.
Ô ! Toi vocabulaire,
Qu'as-tu fait pour mériter l'ellipse,
Les mots de tes phrases que l'on éclipse ?
Nos trouvères, nos poètes,
Troubadours, autre esthète,
De ce qui sied aux sons,
Par tous les monts
Et tous les vaux,
Ô Dieu que c'était beau !
Chaque fois nous contaient
Maints récits si bien fait.
Bien tournés, que c'était un régal
D'ouïr leurs odes et leurs récitals.
J'exalte, oui, la langue
Que l'on veut rendre exsangue...
Aujourd'hui plus qu'hier
J'en suis fier !
plumedefou
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