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Eaux troubles

le vendredi 04 août 2017, à 23:32. Posté par Mulan


    Il fut un temps où, perdue dans les océans, je naviguais en un lieu séparé du monde et des eaux troubles, dénué de mortels et de tout ce qui aurait pu, de près ou de loin, nuire à mes contemplations. Je voguais sur une surface lisse et paisible, un plaisir auparavant inexploré.
    Mais un jour, mon bateau fit naufrage, et je parviens malgré tout à accoster sur une île, à mille lieux de toute habitation, et à mille lieux, me semblait-il, de toute présence humaine...

    Déboussolée, percluse de froid, je m'aventurai sur cet espace inconnu, et là...
    Ô joie ! Merveilles ! 
    Plus de souffrance, l'Eternité défilait devant moi !


    Le Soleil se prélassait sur la Lune, 
    les insectes construisaient des nids pour leurs petits, 
    et les reptiles ornaient le Ciel pur et limpide...

    Les larmes n'existaient pas, j'étais là où les coupables n'ont pas à payer pour leurs crimes... 
    Sentiment enivrant d'impunité totale...
    Décors faits de songes, atmosphère délicate et sensuelle...
    Ambiguïtés saines, charites offertes à mes yeux affamés...

    Le superficiel embrassait les profondeurs, je pouvais scruter l'invisible : l'inaccessible guidait mes visions.
    Dieux et inférieurs, de connivence, me murmuraient les paroles consolantes:
    "Les douleurs ne sont qu'une filière de ton cerveau, la fièvre qui t'habite finira par s'estomper...".
    Apaisement, délivrance instantanée...
    Extase.

    Mais me voilà de retour sur ma terre natale, et...
    Ô hélas ! 
    Rugissements, vacarme incessant, détresse, dispersements...

    Maintenant que Mélancolie a repris ses droits, maintenant que l'Eglise me fait de nouveau trébucher, maintenant que les langues s'agitent comme naguère  dans un ballet sordide et oppressant, je me surprends à rêver de mon précieux refuge, à le chérir, le caresser comme un amant, me remémorant les deux astres enlacés, et me répétant inlassablement le divin mantra généreusement prodigué à mon esprit.
    C'est cela qui m'aide à me lever chaque matin, oui, c'est cela, cela seul qui m'aide à affronter la lumière du jour sans me prendre en pitié.
    J'y pense, et l'impulsion vitale me ressort par les jambes, et me propulse dans une sorte d'espérance incohérente et sublime, mais pour quelques minutes, pour quelques minutes seulement.

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