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Par-dessus le cercle, l’immense marchepied,
Mon regard s’est porté sur cette bleue souillée…
Je fus triste et maussade. Oh, oui, toute tachée,
Elle, beau domaine, la voilà en soutier !
J’ai franchi les nuées, ces vapeurs ouatées,
Monté vers le soleil, loin des villes et du bruit,
Je baignais dans un calme où la lumière luit…
Point de férocité, tout en douceur chantée.
J’ai passé le cadre de l’insondable temps,
Je fuyais pour ne voir l’horreur administrée,
Ces guerres, ces combats, tragédies perpétrées,
Au scrutin de la paix est l’hideux résultant !
Là rien n’est de noblesse et nul radieux silence
Et bien moins d’élevé, ici tout est caduc.
L’atmosphère glauque s’effilait en bolduc,
Et dans les hauteurs montent un relent acre et rance,
Des rus et des ruisseaux, encombrés de déchets,
Acheminant leur cours douteux dans des gâtines.
Tandis que des arbres se ploient, se ratatinent
Dans une fournaise, en chaleur de creuset…
De ces airs putrides je fuis l’horrible effluve
Qu’emportent les souffles dépéris de l’éther.
Mais plus haut l’espace mérite le fauber,
Et stopper l’ozone vu que perce la cuve.
Vite je redescends pour quérir le terroir
Mon affliction est grande à l’idée du désastre,
Je poursuis la chimère, en vain c’est musicastre,
De caribe en silla je plonge en désespoir…
Versement des égouts, pollution de l’eau pure.
Une marée noire, succombent les poissons…
L’albatros fatigué meure de tourner en rond,
Rivages maculés, cœurs de désinvolture !
Je m’en suis retourné dans les champs, voir les lopins…
Que n’y ai-je surpris ? L’engrais d’agrochimie,
Cultures transgéniques et savoir d’agonie !
Oh, globe terrestre, oh, séjour de demain,
Que verrais-je de toi en ouvrant ma fenêtre ?
Que sera ta lignée, celle de tes Titans ?
Ils sont pourtant pivot de la gloire des ans !
Ils sont encor souche de l’avenir des êtres…
De ma tabatière, j’épie le devenir,
Silencieux, en pensées, de tes actions j’espère,
Mais j’ai bien peur qu’un jour sera une autre ère,
Celle d’un univers où l’on devra bannir !
Du Saint des Saints viendra forcément la sentence,
Reprends-toi, enlève de l’espace l’horreur…
Lave ta surface puis que cessent tes heurts,
Que verdissent tes champs, qu’apparaisse Espérance !
plumedefou
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