L'archipel de Théo : Les Mots des Îles

 

Mes poèmes - Forum - Livre d'or - Liens - Moi

 

Île de la mémoire : Le cimetière des éléphants

le mardi 17 mai 2005, à 02:35. Posté par theo ou jihem


Le cimetière des éléphants

MUSIQUE : http://membres.lycos.fr/gpourvous/lovemetender.mid



L’un devant, l’un derrière, ils vont, les éléphants,
Marée grise paisible et lente de géants,
Déposant leur empreinte aux poussières du temps,
Sur les chemins de nuit que rêvent les enfants.

L’un devant, l’un derrière, les éléphants cheminent,
Ils s’aspergent de boue, se lavent, s’ébrouent,
Et se gavent aussi car savent la famine
Que l’homme leur promet en pillant les forêts.

Ils savent les fusils, ils savent la soif ardente
Et les bijoux d’ivoire au bras des élégantes ;
Ils savent les puits secs, les oasis perdues
Que nous laissons au sable, notre honte bue…

L’un devant, l’un derrière – quand soudain une mère
Abandonne le troupeau et revient en arrière
Vers un éléphanteau tombé dans la poussière :
Son bébé – Une mère – Comme toutes les mères…

Alors pendant des heures, le troupeau immobile
Attend de tout son cœur que se lève l’enfant
- Belle leçon que donnent ces animaux tranquilles-
Des heures et des heures et des heures durant.

Un vieux mâle se résigne à donner le départ
Et d’un pas alourdi de chagrin on repart
L’un devant, l’un derrière, mais on est un de moins …
Une mère triste suit le troupeau de loin.

Ainsi les éléphants ébranlent ma mémoire …
Lorsque j’étais enfant, je les suivais le soir
Jusqu’au bout de la Terre, dans des forêts d’ivoire,
Jusqu’au bout du désert, dans leur grand cimetière.

Mais la Terre entière devient ce cimetière
Dans lequel ces géants qui sont notre mémoire
Vont sombrer lentement, l’un devant, l’un derrière,
Emportant avec eux mes rêves et leurs espoirs.


15/10/2002


***

<< Retour aux poèmes

 

Donner une note à ce poème ... (Note actuelle : Pas de note)
Vous devez être connecté sur Mespoemes.net pour donner une note à un poème.

 

commentaires ( 14 ) (Ajouter un commentaire)
Moun le mardi 17 mai 2005, à 02:37
je me dépêche sinon la place sera prise par les insomniaques :-)) Un de tes plus beaux poèmes où tu laisses exprimer ta sensibilité. Ravie de l'avoir relu chez toi. Bises

Marie le mardi 17 mai 2005, à 02:41
***Un pas devant l'autre, cette mère a raison de partir avec son éléphanteau, ca place n'est plus ici, désoler pour les autres, mais elle n'arrive plus à faire la différence entre les bons et les méchants***Adieu Marie

Théo le mardi 17 mai 2005, à 02:48
Moun, je ne sais pas écrire autrement ... Je te remercie. de t'en souvenir . Comme tu le sais, je reste un enfant dans un monde d'adultes.

Théo le mardi 17 mai 2005, à 02:51
Marie, cette mère a fait l'imposible ... Comme toutes les mères le feraient ... Je ne suis pas sûr de comprendre tout à fait ce que tu veux dire ... Amitiés

Moun le mardi 17 mai 2005, à 09:29
Oups mon commentaire a disparu.. je disais donc que tu étais effectivement un enfant :-)

Anita le mardi 17 mai 2005, à 12:40
comme j'ai aimé relire ce texte Théo magnifique

Théo le mardi 17 mai 2005, à 21:06
Merci chère Anita de l'ïle :-))/ Oui, Moun, je suis très FIER d'avoir gradé qq chose de l'innocence et de la naïveté de l'enfance ... Rare privilège.

Meriem le mercredi 18 mai 2005, à 22:27
Quel merveilleux texte ! Je le découvre pour ma part, avec un immense plaisir. Bravo Théo !

Emile le jeudi 19 mai 2005, à 15:30
Nous sommes tous des grands enfants mais nous faisons semblant, les animaux sont moins pervers, plus vrais Je ne dors pas beaucoup mais certains encore moins que moi!!!!

Théo le jeudi 19 mai 2005, à 23:00
Cher(e?) Meriem,

Théo le jeudi 19 mai 2005, à 23:01
Je continue :-))) ... Bienvenue sur mon ïle et merci de ton commentaire. Au plaisir de te lire bientôt.

Théo le jeudi 19 mai 2005, à 23:02
Cher Emile, les hommes peut-être davantage que les femmes ... me semble- t-il. En revanche les heures de coucher sont, en effet, les mêmes :-)))))) Amitiés.

Patoune (Galaxie) le jeudi 19 mai 2005, à 23:50
Quel texte magnifique, cher Théo ! Je le découvre, moi aussi comme je retrouve l'enfant qui sommeille au coeur de tout adulte....Bises :O)

Théo le vendredi 20 mai 2005, à 00:13
Merci chère Patoune ... Texte inspiré par un documentaire passé à la télé , il y a quelques années ... Amitiés :-)

Ajouter un commentaire à ce poème en tant que :

Vous devez être connecté sur Mespoemes.net pour poster un commentaire.

 

 

Mes poèmes - Forum - Livre d'or - Liens - Moi

 

Hébergé gracieusement par MesPoemes.net - Créer un site internet