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Le Fond, l'Immensité.

le mardi 05 septembre 2017, à 16:42. Posté par Avenance


    Le Fond, l'Immensité.


    …..Prodiges et Merveilles surabondent et meurent. Prodiges des Matières dans leur Rigidité et leur Souplesse, tactiles, sensuelles. Merveilles des Myriades de Formes, Contours, Surfaces, Profondeurs, Merveilles des Couleurs. Composition et Décomposition. Les Mondes vibrent et passent, s'ouvrent et se referment. Rythmes et Mouvements. Prodiges des Visages en Fleurs, Eclaircies de Présences, Visages, Enluminures vermeilles, Phylactères de Paroles enlacés, Bouches d'Or. Stupeur des Visages éteints, mortuaires, Visages absentés, creusés du Calme et du Froid funéraires, d'Os et de Pierre, Bouches de Terre, Ecce Homo, Corps raidi et gisant. Un Double étrange les Délivre du Fond, dans l'Immense, les saisit, les reprend.
    Et nous errons à la Croisée du Fond informe et de la libre Immensité, à la Croisée des Dimensions et des Contrastes, dans l'Unité tremblante d'Accord et de Discord, à la Fissure des Origines imprépensables des Univers, de l'éternel Evénement en éternelle Antécédence, en éternelle Préséance des Orages de Matière et des Espaces déchirés. Le Fond, l'Immensité dont nous sommes infiniment précédés, ce Fond informe générant toute Chose et à quoi tout retourne, Gésine, Gestation, Matrice des Matrices, Matière des Matières, ce Fond inorganique, hétérogène dont nous venons pourtant, apparentés et descendants, ce Fond irrationnel où se bouture la Raison, d'où parlent, à Voix d'Enigmes et de Traces, Conscience et Inconscient, ce Fond d'Abîme qui nous a délivrés, qui nous traverse et nous maintient, un Temps, où nous serons ensevelis.
    Fleurs étranges du Fond, Prodiges et Merveilles à Nous-mêmes étranges, Fils et Filles de la Terre, nos Vies s'ouvrent et se ferment, s'égarent dans l'Immense, la libre Immensité béante où nous aménageons de fragiles Abris, la libre Immensité où se forment et transitent les Mondes et se transforment, Déploiements infinis et continus Effondrements au Noir, dans l'Entre-Deux de la Lumière et des Ténèbres, se perdent Regard et Connaissance, se joue le Jeu d'Enfant du Temps, le Jeu de Cruauté du Dissemblable et de l'Epars et des Eloignements, inlassable Unité des Dissensions et des Dislocations, Conflits des Singularités, Brasiers de Corps et de Visages, Collisions sidérales, Affinités d'Amour humaines, Haines à Mort, Tempêtes sous la Lune mauvaise, Meurtres, Saccages, Histoire versatile de Gloires et Décadences, Tohu-Bohu infernaux à même la Terre et dans la libre Immensité pathétique qui nous précède et nous englobe.
    Prodiges et Merveilles, Malignité du mal, Disparitions, l'Entrouverture n'a Cause ni Raison, Muraille, Falaise d'Impensable obstruant toute Voie, tout Désir, les Déclosions ne se déclosent pas, Mutisme de l'éternel Evénement sans Origine dans l'Absolu de son Retrait, toute Parole signifiant son Silence, l'Insensé de son Sens, Ombre, Poussière. Immémoriale Déclosion de la Vie dans le Tangage et la Vicissitude, Déclosion de la Chair, Dépliements, Surrections de Présences hors de l'Abysse des Matières et du Choc des Hasards, Fleurs étranges pour l'Abandon, l'Errance et le Déclin, Jointures, Disjointures pour le Maintien fugace de la Beauté, de leur Venin, Corps, Visages et Mains pour le Mystère de leur Usure, pour la Non-Persistance, pour la Mortalité, une éternelle Evanescence les éloigne à jamais.....Déclosion sans Mémoire des Profondeurs fermées de la Parole et des Poèmes énigmatiques d'Offrande et de Malédiction, répercutant le Silence du Fond et de l'Immensité.....
    Des Sans-Destin nous sommes, Connaissants, Inconnaissants, émanés du Tragique de Lumière et Ténèbres, du Fond informe et de l'Immensité, à la Croisée de la Matière et du Vivant-Mourant, Prodiges et merveilles d'Amour, de Malfaisance, d'Obsessions et d'Oubli, inconsolés de n'être pas des Dieux, Des Sans-Consolation nous sommes, adossés au Mystère de notre Altérité, les Nostalgiques des Cavernes et des Forêts, de l'Animalité. L'Inorganique dont nous venons sera, peut-être, notre Sérénité divine où nous retournerons et que nous attendons dans l'Inquiétude, Enfants du Fond et de l'Immensité......

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