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Défaisant les rubans sages des souvenirs,
J’émerge sur des routes à peine dessinées.
Saluant un des gués de mémoire à franchir
Pour m’enfoncer au temps des vieilles destinées !
Ce journal intime transcrit à la sépia,
Posé sur le rayon d’une bibliothèque.
Maintes fois lu, relu, ajoutant l’immédiat,
Pour ne pas oublier sa valeur intrinsèque.
Bien des fois je repars sur mes chemins d’enfants,
Pour y reconquérir de vagues résurgences,
Quand se croche l’infime indice de l’antan,
Sur la branche de joie arrivant en urgence.
Dénouant les attaches emmêlées en mon moi
Je veux y découvrir les morceaux d’assemblage
Pour me reconstruire, et être plus adroit
Pour pouvoir repartir vers de bons paysages…
Quelquefois je migrais sur des sentiers déserts,
De ces voies arides, de projets illusoires.
Perdu et apeuré, là, au diable vauvert,
Peinant à revenir au milieu de nuits noires
Comme le fils prodigue je rebroussais chemin.
M’en allant retrouver le soleil d’espérance
Rapportant au journal l’épopée du chagrin…
Me promettant d’aller en des lieux d’assurance !
Le temps fait son œuvre, main sure, adroit licier,
Laissant derrière lui des percées singulières
Il produit l’absence dans l’espoir d’oublier,
Posant des passerelles où progresse le lierre !
plumedefou
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