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D'abord furent les ans rayonnant de lumière
Âge des jours heureux
Où l'amour était pur, où l'histoire était fière,
L'avenir merveilleux.
C'était le temps magique où la forêt secrète
Etait plus sombre encor.
Où les preux chevaliers partaient comme à la fête
Pour combattre la mort.
Puis vint l'ombre du chêne où dormaient sous la mousse
Les rires d'autrefois,
Dont l'écho ne sait plus dire au vent la voix douce
Des serments et des bois.
S'oublièrent les chants où montait toute entière
L'âme des jours perdus.
Tourbillonnaient en vain les anneaux de poussière
Des espoirs disparus.
Mourut le souvenir qui murmurait à peine
Comme un ruisseau séché
Qui porta dans ses eaux l'image d'une reine
En chaste nudité.
Est-ce vrai que jadis en nos landes bretonnes
Courait la liberté ?
Depuis se sont usés tant d'espoirs et d'automnes.
L'hiver est arrivé.
Voici venu le gel, l'ignorance et la chaîne
Et le silence seul
Vient répondre à la nuit où l'ultime âme en peine
A rejoint son linceul.
Surtout ne cherche pas l'Amour à la fontaine :
La fontaine n'est plus.
Et puis ne pleure pas : la Bonheur et la peine,
Cela n'existe plus.
Le temps est arrivé de l'ère où tout s'éponge
-Nouvel enchantement-.
La magie est encor si l'image est mensonge :
Allume ton écran.
Regarde ! Quand autrefois la vie était si brève...
Plus maintenant, l'Ennui.
Tu presses des boutons et fabriques du rêve.
A ta santé l'ami !
Achève ton poème et mets ton coeur en cage.
Jettes-en loin la clef,
De peur qu'au fond de toi ne délire et n'enrage
L'écho mort du passé.
Moi, je m'arrête là. J'enterre mon étoile
Sous le plus grand menhir.
Voici que l'horizon est bouché par la toile
Noire de l'avenir.
Rennes nuit du 19 au 20 mai 1980
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