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Il fallait bien que ça parte de quelque part. Du fin fond des étoiles, il semblerait, selon les statistiques. Que la musique a commencé et que, dans son sillage, des oreilles se soient dréssées.
Des miracles en chaîne jusqu'à l'ultime aboutissement de la conscience. Du moins à ce jour. Car tout ce mouvement vers l'avant semble démontrer que, décidemment, tout est perfectible. En tous cas dans le principe.
Les musiques se multiplièrent et pour la première fois apparut la cacophonie. La vraie. Celle qui cacophone et nous met des oeillères sur les tympans.
Mais comme il y a de tous il y a e tout, et de vrais musiciens aussi.
Dire quoi ? Peu de choses, le musicien seul dit.
Mais si des mots sont bons, pour faire ta musique, prends ceux qui font du bien, fais ce que tu crois faire, dis ce que tu crois dire, ce qu'il te semble bon de jouer à ton choix.
Puis confronte tes choix, tu seras fixé vite.
Ton bonheur est plus grand ?
Ta souffrance est plus vaste ?
Tout est possible en toi, tout est possible ailleurs. Si ce que tu découvres te sers à avancer. Si ce que tu négliges n'est pas plus important.
Qu'est-ce que tu veux dire ?
Qu'est-ce que tu peux dire ?
Comment vas-tu le dire ?
C'est le crédo de l'artiste. Qui doit sans cesse trouver de nouveaux moyens pour dire ce qui a déjà été dit et n'a pas encore était compris.
Pas complètement, il faut croire.
Ecoute la musique. Ecoute l'océan. Ecoute ce que tu n'entends plus dans le bruit des machines, ce que tu n'entends plus dans le flot des pensées, ce que tu n'entends plus pour t'être éloigné.
Il y a des circonstances heureuses et optimales, des jours où tout est simple où tout paraît facile. A la jonction précise de tes désirs, à l'altitude ultime du plaisir, lorsqu'un seul mot dit tout, et le dis bien.
Des yeux écarquillés pour mieux voir le spectacle, des oreilles pour jouir d'une forte musique.
Qu'est-ce que tu veux dire ?
Qu'est-ce que tu peux dire ?
Comment vas-tu le dire ?
Et bien tout dépendra des personnages. Des acteurs parmi les figurants. Des musiciens parmi les aboyeurs. Le but est bien le même, quel que soit l'animal.
Le sanglier aimerait bien qu'on lui foute la paix et qu'on arrête de le bouffer, parce qu'il a autre chose à faire. Le singe aimerait bien qu'on ne lui lance plus de cacahuettes, et faire d'autres grimaces. Le hamster aimerait bien s'arrêter de tourner dans la même roue et faire des choses plus intelligentes.
Et l'autre, le plus fûté, il voudrait bien être heureux mais il ne sait pas vraiment comment s'y prendre.
Alors il s'y prend de toutes les façons, il s'entraîne sur toutes les leçons, et fait pour ses idées d'inombrables maisons.
Un mot, toujours, amour. Que dois-je dire ?
De toutes les façons...
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"Le temps d'une question, l'espace d'une réponse" (extrait)
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