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Le Bonheur (prose)

le samedi 14 octobre 2017, à 22:47. Posté par René


    Gil Jouanard est un écrivain talentueux mais discret qui aime la vie et sait l'écrire avec justesse et une saine gourmandise, tendrement jubilatoire. Dans un de ses ouvrages, il décrit une découverte qu'il a faite dans le Causse Noir, situé entre le désormais célèbre Larzac et le grandiose Causse Méjean.

    Une rivière, à peine plus grosse qu'un ruisseau, minuscule, infime, cachée mais qui depuis des millénaires a, patiemment, foré la roche calcaire pour creuser un tunnel dont la voûte résonne sourdement comme un brame victorieux.

    Elle a longtemps serpenté dans le plateau verdoyant, pas pressée mais certaine d'arriver au bout de son voyage. Elle passe ainsi sous le pont de pierre qu'elle a elle même creusé.

    Un écriteau de bois tout simple indique le nom de cette rivière : "Le Bonheur".

    Alors je pose la question : " Le Bonheur, ce mot magique, ce sentiment toujours, et souvent malaisément, cherché, parfois, et même trop rarement, trouvé, ce besoin tellement déçu, cet espoir à peine entrevu, ce Grand Tout et ce petit rien, l'île inconnue à découvrir, ce rêve qu'on veut éveillé, notre aspiration incessante, l'espérance restée vivante, terrible besoin de posséder, sublime envie de s'élever, cette motivation pour vivre, dites, si le Bonheur c'était çà ?

    Si c'était ce ru qui s'écoule, doucement, sans faire d'histoires, mais qui a pourtant son histoire et porte plein de faits vécus, dans les méandres du vouloir et les parfums des souvenirs. Tout comme un voyage rêvé, dont il ne restera jamais qu'un sourire tendre et tenace dans les cendres de la mémoire mais qui commande notre histoire.

    Oui, si le Bonheur, c'était çà ?...

    Alors j'emprunterais le pont qui le franchit, qui le surmonte, afin de pouvoir à mon tour dominer l'onde du Bonheur.

    Être le Maître du Bonheur !

    Mais qui donc n'en rêverait pas ?

    Si j'avais cette chance inouïe de voir le Bonheur à mes pieds couler comme l'onde qui va, tranquille dans sa petitesse mais dans sa certitude aussi.

    Alors j'emprunterais le pont qui passe et permet de poursuivre son dur chemin, avec en moi le souvenir du Bonheur que j'aurais vu, compris, connu.

    Afin de pouvoir à mon tour m'en affranchir, non sans regret mais sans souffrance.

    Car j'aurais gardé du Bonheur un sentiment de plénitude qui me resterait pour la vie.




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commentaires ( 3 ) (Ajouter un commentaire)
joey de provence le dimanche 15 octobre 2017, à 07:18
on te pardonne ha l'informatique ,,,,,que du bonheur lol mais pour revenir à ton joli poème je te suis car moi le bonheur je veus y nager dedans alors attendsssss-mmooiii ! merci amitiés Joey !

Micheline1940 le lundi 16 octobre 2017, à 15:01
Bonjour René,
Votre définition du bonheur est telle que je la conçois, et ce petit ru qui fait son chemin, sans bruit ni débordement, est le summum d'une description qui me va en tous points, et de surcroit, peine d'infinie beauté !
Je vous envie votre plume, cher René !
Bien amicalement,
Micheline.

rivaudais le vendredi 24 août 2018, à 23:27
Merci c'est entendu je t'attendrais .. s'il en était besoin mais je vois que tu nages déjà dans le bonheur. Je t'offre mon amitié poétique moi aussi.

Micheline chère Micheline, chacun de vos commentaires fait de moi un homme heureux. Merci.
Je vous embrasse bien amicalement.

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