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Jean 2 Le Bon, petit écolier ignorant
N'est pas le héros d'un film de Sergio Leone
Avec Jean 3 la Brute et Jean 1, le Truand
Sur la musique d'un Ennio Morricone
Jean est le fils aîné de Jeanne de Bourgogne
Et de Philippe VI qui, pour assoir sa race
Sur le trône français, s'est mis vite en besogne
De marier son fils Jean et qu'il le satisfasse
Le bon fils à son père obéissant aux ordres
Epouse promptement Bonne de Luxembourg
Il lui fait onze enfants en douze ans sans démordre
La peste mettant fin à ce conte d'amour
En février de mil trois cent quarante-neuf
De mil trois cent cinquante en année nouveau style
Jeanne d'Auvergne et Jean, le prince, jeune veuf
En leur château entame une nouvelle idylle
Son père, jeune encor, décède en pleine guerre
Qu'une effroyable peste achève de sa faux
Le royaume n'est plus qu'un vaste cimetière
Et les survivants n'ont que la peau sur les os
Quand le fléau s'éloigne arrive de Guyenne
Une autre peste brune, un nouvel Attila
Un vilain Prince noir qui chevauche la haine
Semant en son sillon famine et choléra
À Poitiers le monarque et son jeune fils Charles
Comme Charles Martel, avec l'armée combattent
Au cœur de ce carnage on entend qu'ils se parlent :
"Gardez-vous père à gauche, gardez-vous père à droite"
Mais c'est peine perdue, le roi est pris au piège
Il est fait prisonnier à Londres pour quatre ans
Et pendant ce temps-là l'armée anglaise assiège
Tout l'ouest du pays face au pauvre régent
À Paris le prévôt sieur Étienne-Marcel
Viens narguer le dauphin jusque sous ses fenêtres
En condamnant à mort un homme au roi fidèle
Qui l'aurait accusé d'être au royaume traître
Le roi de France est libre en mil trois cent soixante
Au prix d'une rançon que chacun doit payer
Mais le peuple est si pauvre et l'agonie si lente
Qu'il doit à contrecœur à Londres retourner
C'est là-bas qu'il s'éteint au bord de la Tamise
Et prend à cet égard le nom de Jean Le Bon
Car par ce court trépas la France économise
Trois millions de livres, le prix de la rançon
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