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Pas plus hardi qu'un autre et guère moins non plus
Il fallait bien un mot pour qualifier nos rois
Et les chiffres romains durement étant lus
Donc on dit "Le Hardi" pour ce Philippe III
Il est le fils cadet de Louis IX, le saint homme
Et c'est le frère aîné qui lui succédera
Aussi pour lui la vie est bien plus simple en somme
Il se laisse bercer par la Dolce Vita
À l'âge de quinze ans et contre toute attente
Le frère aîné rend l'âme et Philippe est dauphin
La donne ayant changée, toute affaire cessante
À l'élue de son frère on marie le gamin
Puis le roi redoutant qu'il ne tombe malade
Le prend à ses côtés dans ses déplacements
Ils s'en vont même faire une énième croisade
Dont le pauvre Saint-Louis ne revient pas vivant
Lors le jeune Philippe est sacré roi de France
Fidèle à ses parents, il conserve leur Cour
Mais son grand chambellan pour abus de confiance
Jugé par les barons est pendu haut et court
Sa première mission, sa suprême besogne
C'est d'agrandir la France, acheter moultes terres
Affermir son pouvoir, faire cesser la grogne
Qui monte peu à peu chez les grands feudataires
Il hérite dès mil deux cent soixante-douze
Par la mort de son oncle Alphonse de Poitiers
Du comté de Poitou, du comté de Toulouse
Et de l'Auvergne pour une large moitié
Mais le comte de Foix dérogeant à la règle
Qui veut que son armée soit aux ordres du roi
Harcèle les Français du haut de son nid d'aigle
C'est ce que l'on appelle une crise de Foix
Veuf, notre souverain conclut un mariage
Avec la fille du duc Henri de Brabant
Puis s'en retourne vite à ses tripatouillages
De terres qu'il rajoute au royaume des Francs
Il acquiert les comtés de Chartres et Nemours
Ainsi que l'Agenais, Honfleur, Montmorillon
Il va jusqu'à gérer les histoires d'amours
En mariant sa cousine au comte bourguignon
Mais là-bas en Sicile un autre bout de France.
Où règne son parent le duc Charles d'Anjou
Une révolte éclate et dans l'effervescence
Les français sont lynchés par la foule en courroux
Philippe accuse alors Pierre III d'Aragon
D'avoir commandité cette odieuse hécatombe
Et pour la Catalogne il conduit ses légions
Sans imaginer que c'est sa route vers la tombe
Car tout juste arrivés, à peine mis le siège
Ils doivent le garder à cause d'un virus
Une dysenterie par la peau les assiège
Les anéantissant en huit jours, guère plus
Le roi décède dans sa quarantième année
Épuisé par la dure et pénible cavale
Il dicte en chuchotant d'ultimes volontés
Et s'éteint dans un lit loin de sa Capitale
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