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Liberté aux esclaves !

le samedi 28 octobre 2017, à 14:26. Posté par plumedefou


    Lèves-toi esclave, c’est jour de liberté !
    Pendant combien de temps ais-je gelé cette note ?
    Mais pourquoi esclave l’avons-nous tous été ?
    Tous sortis d’Afrique, vendu au prix des cotes !
    Nous marchions chaînes aux pieds vers des horizons noirs…
    Aux cieux azuréens se hissaient mille plaintes
    Nous perdions peu à peu tous nos rayons d’espoir.
    La peur était la nôtre, Dieu avait d’autres teintes,

    Il se voilait la face et fermait ses rideaux !
    Que de larmes et tourments en ces temps si critiques,
    Coups de fouet cinglaient pour strier notre peau,
    Un air scabreux planait comme un sort maléfique.
    Nos yeux exorbités, nos têtes bourdonnantes,
    Hébétés, entravés, vers la mer noue allions.
    L’inconnu devant nous, la peur environnante,
    Nos torses nus suaient, nos âmes sans passion,

    Si bien que nous marchions nos corps à demi nu !
    L’ambiance était lourde, assommante, cruelle,
    Nos gorges étaient nouées, tous nos chants s’étaient tus !
    Alors que nous devions en joie spirituelle,
    Exprimer tous nos airs sur le mode africain,
    Alors pourquoi, pourquoi privé de liberté ?
    Alors que l’air libre est pour tous, aussi le pain !
    Oui, pour quelle cause, esclaves avons-nous été ?

    Est-ce que la peau noire est moindre que la blanche ?
    Comme en musique, il faut la blanche pour deux noires !
    La raison est ailleurs, l’avidité déclenche
    Une soif sans limite avec gain moins dérisoire !
    Le profit annihile avec lui tous les dons,
    Il flétrit la raison pour un butin avide.
    Mais aujourd’hui tout change avec le nouveau son,
    Perçant un trou béant, liberté n’est plus vide !

    Au sein de l’édifice où cette hydre habitait,
    D’esclaves au corps puissant nous devenions des êtres,
    Oui, tout notre statut, aux effets, explosait !
    De la fraternité et de vouloir paraître,
    Unis, main dans la main, s’envolaient les douleurs.
    C’est ainsi que sont nés ces Gospels, ces complaintes,
    Qu’en ces jours les nantis fredonnent haut en couleur,
    Perdant l’origine, niant toutes les teintes !

    Notre couleur café comme gâteau brûlé,
    Aux "békés" n’appartient, mais très fier nous en sommes,
    De cette fierté digne des libérés !
    Sur tambours nous *ballons à perdre notre somme !
    Heureusement pour nous, l’esclavage aboli,
    Nous vivons pour autrui, oui, notre descendance,
    Afin qu’elle sache qu’être libre anobli,
    Devenu lumière, un phare sous la stance !

    plumedefou

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