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Les Nuages
Je carde de mes yeux la laine des nuages
Echeveaux dispersés dans un ciel vaporeux
Simples brins de douceur devenant monstrueux;
Les courants ascendants déforment leur visage
Le soleil au couchant décline ses ardeurs
Pigmente de ses cils leurs traines déchirantes
Suppléant à ma vue tant de couleurs absentes
Qui voudraient s'immiscer au creux de leur paleur.
J'ai beau suivre le cours de leur extravagance
Pourquoi vont-ils si haut pour mieux se dechirer
Et répandre les larmes qu'ils ont tant su cacher
Comme pour retenir les chagrins de l'enfance.
Les herbes des chemins sentent déja l'orage
Plus un souffle d'air pur je les sens oppréssés
Voila qu'ils agonisent dans l'immobilité
Alors qu'ils s'assemblaient pour un nouveau voyage.
Certains soirs en été,leur spectre se fissure
Une odeur de lavande monte pour embaumer
Leur coeur déja brulant qui a du eclater
Au hasard d'un éclair illuminant l'azur.
Mon regard les déroute,les délie patiemment
Cherche dans leur parcours une nouvelle brèche
Bien que le pluie étanche la soif qui les asssèche
Ils préfèrent mourir parfois inconsciemment.
L'arc en ciel apparait,vouté sous sa palette
Ses crayons de couleur teinte l'émail des fleurs
Un simple coup de foudre leur laboure le coeur
Les champs cotérisés sous leurs vitraux dissertent.
Le vent qui les transperce de son archet puissant
Se joue pertinemment de leurs frèles ombrelles.
Moi je les imagine au bout d'une ficelle
Retenus par mes mains comme des cerfs-volants.
La nuit nous les reprend,le jour nous les remmène
Ou vont-ils s'endormir dans leurs habits de rois ?
Sont-ils restés longtemps au dessus de nos toits ?
Recouvrent-ils déja d'autres contrées lointaines ?
Le soleil colore d'un rouge vermillon
Leurs cheveux blancs mélés a des mèches rebelles
Les collines bleutées étreignent l'horizon
Ils vont les épouser et dormir avec elles.
Parfois se chevauchant comme des canevas
On dirait un tableau dont ils cherchent l'esquisse ;
Si ils tombaient sur nous depuis leur précipice
Je les accueillerai dans un lit d'alpaga.
Quand je les vois chargés de lourdes grappes mures
C'est qu'ils vont vendanger notre arrière saison
Les nuages remplissent leur hotte d'oraisons
Et s'en vont par le ciel dire la bonne aventure.
Si inhospitaliers quand leur vue nous tourmente
Ils ont tant de beauté quand l'artiste les peint
Les voila sous mes yeux,à portée de ma main
Je n'ose les toucher tant leur ame est distante.
Malgré leur arrogance et leur candeur factice
Ils n'arriment jamais leurs voiles a un port
Le miroir de la mer me renvoie leur décor :
Des vagues dentellées ou une barque glisse..........
Claude
http://www.mespoemes.net/vertflo
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