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Raymond Poincaré revisité (1860-1934)

le lundi 13 novembre 2017, à 10:10. Posté par Michel Ernest


    Dans la famille Poincaré
    Nombreux sont les intellectuels
    On a même un petit dernier
    Chef de service à RTL

    Mais celui qui nous intéresse
    N'est pas Lucien, n'est pas Henri
    Ce n'est pas le CNRS
    Que je revisite aujourd'hui

    Dans la famille Poincaré
    C'est le président que je pioche
    Celui qui fut à l'Élysée
    Du temps des Pétain, Joffre et Foch

    Mais elles furent laborieuses
    Les études dudit Raymond
    Car tous les enfants de la Meuse
    Les firent au son du canon

    Et bien qu'un diplôme correct
    Lui soit délivré à Nancy
    Un Poincaré qui se respecte
    Se doit de monter à Paris

    Alors à Paris il arrive
    S'inscrit au lycée Louis-Le-Grand
    Avec le bac en perspective
    Et la faculté en sortant

    Licencié en droit et en lettres
    Il devient avocat stagiaire
    Et bientôt d'un célèbre maître
    Il est nommé le secrétaire

    Il se forme à la politique
    Car il veut devenir quelqu'un
    Sous les ors de la république
    Alors il est Républicain

    À vingt-sept ans il se présente
    Comme député à la Chambre
    On l'élit et contre toute attente
    Quand vient la rentrée de septembre

    La France ajuste ses bésicles
    Dans l'Est, particulièrement
    Car jamais dans cet hémicycle
    On ne vit aussi jeunes gens

    En mil huit cent quatre-vingt-seize
    Trois fois ministre il a été
    Et par ces musicales chaises
    Il atteint la notoriété

    Il connaît l'affaire Dreyfus
    Le scandale du Panama
    Mais chaque fois avec astuce
    Il souffle le chaud et le froid

    Il a les qualités requises
    Pour devenir un sénateur
    C'est tout du moins ce que se disent
    Ses électeurs conservateurs

    Elu sénateur de la Meuse
    À la chambre haute, haut la main
    Il coule des heures heureuses
    Chargé de nouveaux maroquins

    Jusqu'à l'Académie française
    Qui lui promet monts et merveilles
    Quand juste avant mil neuf cent treize
    Il est Président du Conseil

    Candidat quelques mois après
    À l'élection présidentielle
    Il l'emporte à deux-cents voix près
    Contre un certain Paul Deschanel

    Son mandat de chef de l'Etat
    Est marqué par la Grande Guerre
    Mais sa fonction s'arrête là
    Où s'imposent les militaires

    On dit que son Garde des Sceaux
    Possède plus de magistère
    Depuis que Georges Clémenceau
    Dirige tous les ministères

    Et de batailles en batailles
    Le Tigre conduit les armées
    Signe le traité de Versailles
    Laissant Raymond à l'Elysée

    Il a juste la soixantaine
    Quand il quitte la présidence
    Et sénateur dans sa Lorraine
    Pour lui nouvelle vie commence

    Mais la valse des portefeuilles
    N'étant que grande farandole
    Raymond retrouve son fauteuil
    De gouvernant aux Années folles

    Chacun tenant à s'élever
    À son niveau d'incompétence
    Un vent d'impopularité
    Le conduit à la déchéance

    En mil neuf cent vingt-neuf, notre homme
    Usé, quitte la politique
    Rédige sa vie en dix tomes
    Et bien poli la terre il quitte

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