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René Coty revisité (1882-1962)

le mercredi 15 novembre 2017, à 18:49. Posté par Michel Ernest


    Dans la lignée des présidents
    Il n'a pas joué un très grand rôle
    Si on en parle cependant
    C'est grâce au général De Gaulle

    Car en mil neuf cent cinquante huit
    Il lui a serré la cuiller
    Après son vibrant plébiscite
    Devant la France toute entière

    René est né en Normandie
    Au Havre pour être précis
    Un vendredi après-midi
    "Peut-êtr' ben qu'non", "peut-êtr' ben qu'si"

    À dix-sept ans il a son bac
    À vingt ans il est licencié
    Mais brusquement le vernis craque
    À l'armée il est réformé

    Trop maigre pour être soldat
    Il s'inscrit au barreau du Havre
    Et prête serment d'avocat
    Ce qui foncièrement le navre

    Car là aussi notre intello
    N'a pas tout à fait la carrure
    Lors que va-t-il faire aussitôt ?
    De la politique bien sûr

    Aussi dans sa ville natale
    Il se fait élire aisément
    Et conseiller municipal
    Il surgit de son trou normand

    Pour épouser dame Germaine
    La fille d'un grand armateur
    Qui l'impose en quelques semaines
    Conseiller de Seine-Inférieure

    Lorsque éclate la Grande guerre
    Malgré son look arachnéen
    Il est engagé volontaire
    Et se glorifie à Verdun

    Il va avoir la quarantaine
    Quand il est élu député
    Du camp "Union républicaine"
    Bien que la gauche l'ait emporté

    Puis il décroche un mini-poste
    Dans un ministère inférieur
    Ce n'était pas celui des Postes
    Plutôt celui de l'Intérieur

    Il n'y reste que quelques jours
    Car déjà le sombre Laval
    Avec ses idées à rebours
    Succède au Parti radical

    La guerre éclate de nouveau
    Et vient bousculer son destin
    Il doit voter avec les veaux
    La toute-puissance à Pétain

    On murmure qu'il a trahi
    En votant pour le Maréchal
    Alors il retourne au pays
    Jusqu'à la victoire finale

    Cependant un jury d'honneur
    Lui pardonne son imprudence
    Alors, être élu sénateur
    Est pour René sa renaissance

    Puis il entre au gouvernement
    Du président Vincent Auriol
    Mais ministre du Logement
    Ne suffit pas à gloriole

    En mil neuf cent cinquante-trois
    À soixante et onze ans, René
    Obtient soixante et onze voix
    Et se retrouve à l'Elysée

    Madame Coty qui buvait
    Faillit avaler de travers
    Elle s'écrie : "Dire que j'ai
    Rentré mon charbon pour l'hiver !"

    Pendant cinq ans il s'ingénie
    À satisfaire choux et chèvres
    Mais les troubles en Algérie
    S'égrenant sur toutes les lèvres

    Finalement, en cinquante-huit
    Il change son fusil d'épaule
    Et aux affaires sollicite
    Le général Charles de Gaulle

    Dès que son successeur s'installe
    À l'Élysée dans son fauteuil
    René pour le Havre détale
    Où on l'oublie en un clin-d'œil

    En mil neuf cent soixante-deux
    À quatre-vingts ans révolus
    Il part rendre son âme à Dieu
    Par là où il était venu

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