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Sadi Carnot revisité (1837-1894)

le samedi 18 novembre 2017, à 12:48. Posté par Michel Ernest


    Cher Lecteur, si tu lis ces vers
    À haute voix, prend garde aux mots
    D'aucuns pourraient ouïr de travers :
    "Le président sadique Arnaud"

    S'il est un sadique entre nous
    C'est bien le nommé Caserio
    À qui l'on a coupé le cou
    Pour avoir tué notre héros

    Sadi est natif de Limoges
    Il est petit-fils de Lazare
    Alors pourquoi, je m'interroge
    Porte-t-il ce prénom bizarre ?

    L'enfant, dans sa ville étudie
    Sous le règne de Louis-Philippe
    Plus tard quand il monte à Paris
    Le roi avait cassé sa pipe

    À vingt ans il sort couronné
    De l'Ecole polytechnique
    Pour entrer aux Ponts et Chaussées
    Et sortir homme politique

    Bientôt il épouse Cécile
    Parisienne de vingt-deux ans
    Belle et habillée avec style
    Dont Sadi aura quatre enfants

    La guerre de soixante-dix
    Au triste Empire mettant fin
    Sadi Carnot prend du service
    Dans le camp des Républicains

    Député de la Côte-d'Or
    Il est secrétaire en sa Chambre
    Sous le gouvernement Dufaure
    Qui démissionne mi-décembre

    À l'été soixante-dix-huit
    Il accède au gouvernement
    Et s'il n'est pas parmi l'élite
    Çà lui suffit pour le moment

    Le calcul était stratégique
    Car à la mort de Mac-Mahon
    Ministre des Travaux publics
    On nomme notre parangon

    On l'élit chef de son parti
    Sans que même il le demanda
    Car à l'inverse d'aujourd'hui
    On pouvait avoir deux mandats

    Le président Jules Grévy
    Par suite d'une déshérence
    Nomme son fidèle Sadi
    Au ministère des Finances

    Quand Jules Grévy démissionne
    Et laisse son fauteuil vacant
    Jules Ferry se positionne
    Mais Sadi l'emporte aisément

    Il a juste la cinquantaine
    La moustache et la barbe grise
    Le front dégarni, la bedaine
    Et un regard qui tranquillise

    Malgré la crise Boulangiste
    Le scandale de Panama
    Quelques attentats anarchistes
    Sa renommée ne faiblit pas

    En mil huit cent quatre-vingt-treize
    Il célèbre le centenaire
    De la Révolution française
    Avec défilés militaires

    Pour avoir refusé la grâce
    À l'anarchiste Ravachol
    Furieux ses complices menacent
    De venir venger leur idole

    Vers la fin de son septennat
    Lors d'une visite à Lyon
    Un coup de couteau dans le foie
    Envoie Sadi au Panthéon

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