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Des Vérités, des Fantasmagories.
Chemins d'errance
En Vérité, ce sont des Chemins erratiques, obstinément et en vain parcourus, d'un éternel Désir, d'une éternelle Attente, d'on ne sait quoi, vers nulle Part. Chemins intriqués, rompus et rebroussés et nos Pas maintes Fois recroisés dont les Traces se brouillent et se perdent sous les Pluies et les Vents et les Neiges. Chemins de Branches et de Broussailles, Chemins de Terre et d'Herbe et de Rocaille, Chemins de Sable, Chemins de Glaise. Nous y levons de petits Mondes obscurément ou lumineux. Des Vérités multiples, désaccordées. Fantasmatiquement et nous y murmurons Paroles de Cristal et de Deuil, équivoques, crépusculaires. Rencontres de Hasard sous la voûte des Branches, entre Terre et Ciel, d'innombrables Autres Semblables, égarés. Trouées de Merveilles dans les Feuillages tremblants. Animaux tristes au Dédale des Arbres. Effarouchés. Secrets. Fondrières d'Horreur au Détour de Sentiers prometteurs. Entassements de Cadavres. Des Foules s'y succèdent, des Solitaires. Nos Corps y titubent d'Efforts et de Fatigue, s'y soutiennent, un Temps, les Uns les Autres. Tu t'y effondreras d'Ivresse, d'Extase et de la Loi de Mort.
Porter nos existences
Il faut porter son Existence en Vérité, nos Existences divisées, tenaces et intenables. La Loi. Au Commencement, il y eut, il y a la Loi, la Division, la Délivrance captive dans le Libre et de la Chair souffrante, l'Ouverture, la Béance et l'Innombrable. Des Solitudes absolues, bruissantes, nous environnent. Aux Origines déchirées, crient des Silences. Les Multiples de l'Intérieur, adossés au grand Réel, se fissurent, sont déjà fissurés, Brèches d'où se déversent les Sables éboulés, les Glaises de nos Fantasmagories. Lourds Secrets à porter, chaque Jour, chaque Nuit. Fictions dans la Texture nocturne du Corps, du Crâne. Personnages au loin, présabsents, à Visages grimés d'Epouvante, à Regards impérieux, effarés ou d'Amour équivoque. Et nous nous inventons d'étranges Filiations, des Généalogies sublimes, des Idoles secourables, des Poupées de Chiffons, pour combler les Césures, les Manques et le Désir. De petits Mondes innombrables nous courbent, nous fléchissent. Vérités, Fabulations dont nous sommes cousus, porteurs sur des Sols qui se dérobent. Ecoulement des Eaux, Ô Danaïdes ! Et toi, Sisyphe, à l'Epaule meurtrie ! Il faut porter nos Existences en Vérité......
Présences ténébreuses
Communauté mouvante des Souffrants, Communauté des Solitaires. Depuis le Fond illimité, sans Origine, hors Sens, il vient à Eux, à Nous, à notre Insu, la Matérialité de Corps mortels, brutes et concrètes Présences, ténébreuses, insoumises. Matière sensitive et charnelle, dans le Pâtir et le Jouir et la Stupeur de Soi. Corps tremblants et ouverts sur l'Autreté du Monde, Corps sillonnés de Nerfs et chancelants sous la Charpente des Os. Vérité de la Chair, Vérité de l'Espace qui la tient arrimée, qui la tient à jamais à Distance. Communauté d'Individus traversés de Fantasmes et de Peur et d'Inconsolation. Cerveaux pathologiques entre le Sens et le Non-Sens, entre le Chaos et la belle Forme, entre Epouvante et Admiration. Il n'advient pas le Règne de l'Esprit ni de la Loi morale souverainement pure. Ni Retour, ni Rédemption, ni Communion mais l'immémoriale archi-Matière avec laquelle nous luttons, découvrant des Percées de Merveille, çà et là, d'Amour et de Justice.......
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