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J’ai voyagé dans les différentes régions du Niger
Cherchant à construire ma vie d’un bout à l’autre
Comme un peintre en printemps ;
Je change de fréquentations de place en place,
Car je suis flexible et ma vie dépend de mes possibilités
Je suis né prince, la vie fait de moi noble mais pauvre et intelligent
Je rencontre les riches sur les terrains de foot,
Dans les classes, les bibliothèques, les jungles, night clubs et les bistros ;
Nous fumons souvent ensemble, mangeons et nous invitons pour d’autres rencontres
Mais nos fréquentations se limitent avec le temps.
Je préfère vivre avec les pauvres et j’aime mieux les connaître
Ce peuple sans estime, qui souffre de chantage et de frustration,
Ces enfants qui ne connaissent ni couche pour les besoins à bas âge, ni douche interne ni WC
Ni électricité, ni éducation moderne
Leurs mères survivent dans les déserts, les épines et l’insécurité pour une somme minable ;
Pauvres mères qui meurent souvent durant les naissances.
Mes amis informaticiens, vétérinaires, poètes, romanciers, policiers, journalistes ;
Je vous informe que je vis avec d’autres amis, ouverts et gentils, joyeux et solidaires
Qui se réunissent devant une marmite de thé et partagent nombreux une cigarette,
J’en suis épaté sans regret d’être avec ces illettrés,
Ceux parmi eux qui lisent les messages lettre par lettre,
Sont considérés comme des universitaires, les autres, on n’en parle même pas.
Ils s’intéressent à apprendre les 26 lettres de l’alphabet français,
Sans hésiter, je pris mon bâton de craie,
Aujourd’hui je fréquente ceux qui m’attendent pour leur apprendre à lire et écrire.
Tchiany Salifou
http://www.mespoemes.net/saliftchiany1982
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