Mes poèmes - Forum - Livre d'or - Liens - Moi

 

Paul Deschanel revisité (1855-1922)

le jeudi 23 novembre 2017, à 07:42. Posté par Michel Ernest


    De la Troisième République
    Deschanel est le plus prisé
    Quoique d'après les statistiques
    Moins d'un an il ait gouverné

    C'est qu'il faut être saugrenu
    Ou bien un fou aux idées fixes
    Pour pécher la carpe à main nue
    Et signer Vercingétorix

    Pourtant tout sagement commence
    Quand Paul naît dans le Plat-Pays
    Mais de parents venus de France
    [On n'est pas aux Etats-Unis]

    En mil huit cent soixante-treize
    Paul à tout juste dix-huit ans
    Lorsqu'il décroche fort à l'aise
    Bac et licence en même temps

    Trois années plus tard on le nomme
    Assistant dans un ministère
    Que dirige un excellent homme
    Le brave Emile de Marcère

    Puis, s'envolant vers le soleil
    Notre Icare prend pied à terre
    Chez le Président du Conseil
    Qui l'emploie comme secrétaire

    À vingt-quatre ans il est à Brest
    Dans un habit de sous-préfet
    Deux ans plus tard il est à l'est
    Préfet de Meaux, il préférait

    Emporté par ce jour de gloire
    Il se présente à l'élection
    Législative en Eure-et-Loir
    Où il est élu sans passion

    Chef de la commission d'enquête
    Dans l'affaire de Panama
    Sa mission lui monte à la tête
    Et sans plus de preuves que ça

    Il accuse Clémenceau Georges
    Le v-i-eux tigre de retour
    Qui lui somme de rendre gorge
    Dans un grand pré au petit jour

    Paul à ce duel veut mettre un terme
    Quand l'épée de son adversaire
    Vient lui chatouiller l'épiderme
    Lors mort de peur, il tombe à terre

    Mais il se relève bien vite
    [Pardonnez-moi l'enchaînement]
    Car en l'an quatre-vingt-dix-huit
    De la Chambre, il est président

    Puis à l'Académie Française
    Il est élu au premier tour
    Et l'habit vert le comble d'aise
    Pour chercher et trouver l'amour

    C'est une petite bretonne
    Qui devient l'élue de son cœur
    Vite épousée, elle lui donne
    Trois beaux enfants et du bonheur

    Quand éclate la Grande Guerre
    Paul reste chez lui bien au calme
    Son combat de sexagénaire
    Est plutôt de gagner des palmes

    En mil neuf cent vingt, Deschanel
    Contre l'illustre Clémenceau
    À l'élection présidentielle
    Se trouve en face de nouveau

    Déjouant tous les pronostics
    Somptueusement Paul est élu
    Président de la République
    Sans que ministre oncques ne fut

    Mais Paul rapidement présente
    Des signes de troubles mentaux
    Et sa conduite est inquiétante
    Comme je l'ai écrit plus haut

    À l'automne, on le démissionne
    Et malgré un sombre bilan
    Il se soigne comme personne
    Pour revenir au premier plan

    Il semble être tiré d'affaire
    Quand soudain sa santé se gâte
    Et pour un abcès pulmonaire
    On doit l'opérer à la hâte

    D'une pleurésie Paul succombe
    Car le mal était trop rebelle
    On se recueille sur sa tombe
    Au numéro 5 Deschanel

<< Retour aux poèmes

 

Donner une note à ce poème ... (Note actuelle : Pas de note)
Vous devez être connecté sur Mespoemes.net pour donner une note à un poème.

 

commentaires ( 0 ) (Ajouter un commentaire)

Ajouter un commentaire à ce poème en tant que :

Vous devez être connecté sur Mespoemes.net pour poster un commentaire.

 

 

Mes poèmes - Forum - Livre d'or - Liens - Moi

 

Hébergé gracieusement par MesPoemes.net - Créer un site internet