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A Beltram Carlo poète et combattant. Avec mon affectueuse amitié
Quand le poète ouvrit les yeux,
il vit la Vérité toute nue
qui gelottait de froid, d'ennui, de peur
dans le puits où on l'avait oubliée.
Elle était là, la Vérité,
frissonnante, transie,
vaincue en apparence
(il y avait si longtemps qu'elle avait disparu)
craintive, presque évanouie ,
mais étonnamment résistante et tenace.
Elle était là, la Vérité,
n'osant même pas ouvrir la bouche
pour appeler à l'aide,
tête basse, prostrée, trempée,
inondée de sang et de larmes.
Elle était là, la Vérité.
On lui avait coupée la langue
et seul un son rauque sortait
de ses lèvres tuméfiées.
Elle survivait pourtant
quand on la croyait morte.
Et, peu à peu,
elle releva la tête.
Elle entrouvrit ses yeux
qu'elle avait jusque là
gardés baissés.
Alors, tout au fond de ce puits
perdu dans le désert,
il vécut le choc de ce regard,
su le poids du silence et de la liberté.
Et malgré les chaînes
qui l'emprisonnaient, lui,
il sentit dans son coeur
naître une grande paix.
René
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