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Félix Faure revisité (1841-1899)

le lundi 27 novembre 2017, à 15:03. Posté par Michel Ernest


    On retient du président Faure
    Sa fin tragique à l'Élysée
    Qui comme dans un château-fort
    Avait le pont-levis levé

    Il est mort au combat, Félix
    Le haut du pantalon ouvert
    Succédant tel un vrai Phénix
    À l'indécent roi Dagobert

    Mais étudions sa belle histoire
    Sa rocambolesque épopée
    Qui l'a vu couronné César
    Pour finir mourant en Pompée

    Félix naît à Paris 10ème
    D'un ébéniste rhodanien
    Le jour de janvier pénultième
    De mil huit cent quarante et un

    Après une scolarité
    Un peu médiocre, son papa
    L'inscrit à l'école Pompée
    D'Ivry-sur-Seine [on ne rit pas!]

    Il s'offre un stage en Angleterre
    Pour apprendre le b-a-ba
    Et puis engagé militaire
    Il dégage aux premiers combats

    Félix est négociant au Havre
    Jusqu'à l'âge de vingt-quatre ans
    J'admets que ce cursus vous navre
    C'est peu pour être président

    Il fonde sa propre entreprise
    Et peu à peu se fait connaître
    Il épouse une fille exquise
    De laquelle Lucie va naître

    Lucie Faure une fille en fleur
    Que Marcel Proust faillit cueillir
    Mais que les frasques, l'impudeur
    De son géniteur a fait fuir

    Je ne sais par quel artifice
    Ledit Félix se retrouva
    En mil huit cent soixante-dix
    À la tête d'un consulat

    Après la Commune, la guerre
    Et la fin du Second Empire
    Félix devient adjoint au maire
    Un antimonarchiste, en pire

    Quand il atteint la quarantaine
    Il devient enfin député
    Au sein de l'Inférieure Seine
    Avant d'être "Maritimée"

    Enfin à Paris, il exerce
    Il est Secrétaire d'Etat
    Aux Colonies et au Commerce
    Auprès de Léon Gambetta

    Puis ministre de la Marine
    Dans l'équipe d'un président
    Qu'un illuminé assassine
    Et laisse le fauteuil vacant

    Vent de panique sur la France
    Casimir-Perier est élu
    Mais pour la prochaine échéance
    Notre Félix est à l'affut

    Un an après tout se bouscule
    Comme Félix l'avait rêvé
    Le Perier qui coinçait la bulle
    Est contraint à démissionner

    À cinquante-quatre ans, victoire !
    Notre autodidacte Normand
    Entre de plain-pied dans l'Histoire
    En devenant le Président

    Président de la République
    De la République française
    Ce n'est plus tout à fait symbolique
    En mil huit cent quatre-vingt-seize

    Il faut être fin diplomate
    Parlementer avec les Russes
    Apprivoiser les démocrates
    Modérer l'affaire Dreyfus

    Lorsque Zola hurle "J'accuse"
    C'est au Président qu'il s'adresse
    Lui qui secrètement récuse
    Les allégations de la presse

    S'il est toutefois un domaine
    Où notre Félix Faure excelle
    C'est le flot de chaleur humaine
    Qu'il manifeste aux jouvencelles

    Mal lui en prend quand un beau soir
    Dans le palais de l'Elysée
    En un joli palais d'ivoire
    Son bel oiseau il vient poser

    Mais quand l'oiseau déploie ses ailes
    Le cœur de son maître s'emporte
    Il faut admettre que la belle
    N'y est pas allé de mainmorte

    https://www.edilivre.com/mes-revisitations-tome-2-michel-demorest.html/http://

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commentaire ( 1 ) (Ajouter un commentaire)
henridurtal le lundi 27 novembre 2017, à 17:09
Quel tour de Faurce, cette biographie en vers ! Vous nous avez régalé, mais avez dû avoir Faure-t- à faire !

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